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11/10/2022

Tarzanide n° 538

 

ENCORE LUI !

 

De façon inattendue, les Évènements gauchistes de Mai 68 en France apportèrent des rééditions nombreuses relatives aux aventurlures de TARZAN, personnage mythique créé par une liberté de la Presse capitaliste américaine. Autant dans les bandes dessinées que les romans et le cinéma le héros détesté par les socialo-communistes et par les religieux catholiques, fit sa réapparition après une dizaine d’années de censure.

 

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J’appris à connaître l’ancienne librairie « L’œil Écoute » du Quartier Latin pendant l’année 1975 et je m’y payais, entre autres, trois quatre numéros de TARZAN, ÉDITION CENISIO venue de Milan. La collection complète ne compte que 15 numéros. Le numéro 11 contient une BD publiée de mars 1931 à septembre de la même année, l’ensemble signé par REX MAXON. La page numérotée 33 et celle non numérotée en troisième de couverture nous informe de la biographie de ce dessinateur moins connu du grand public que le sont  FOSTERS et HOGARTH. Moins connu, certes ! mais dont je parie qu’il réalisa une quantité de dessins TARZAN supérieure à celle de ses deux concurrents réunis.

 

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Vous ne lisez pas l’italien ? Moi de même. Je ne pris jamais langue avec Sophia Loren et, donc, pas non plus avec le parler maternel de Mussolini.

 

Doc Jivaro

 

15/09/2018

Tarzanides du grenier n° 315

On sait … (Comment ça, vous ne savez donc pas encore que l’on sait ?)... que le chancelier du IIIe Reich appréciait plusieurs des films américains, en particulier « Autant en emporte le vent ». Aussi encourageait-il les cinéastes allemands à égaler, voire à surpasser leurs rivaux d’au-delà du royaume des Atlantes.

 

Par contre … par contre Adolph H. ne manifestait que du mépris envers un personnage fictif créé par un romancier et devenu un des phénomènes du cinéma capitaliste : TARZAN.

 

Alors, comment expliquer, ne serait ce que partiellement, le refus entêté avec lequel le dictateur excluait de son panthéon personnel un athlète tel que Lord John GREYSTOKE ; athlète dont l’anatomie idéalisée par l’écriture et le dessin s’inspire d'un art Gréco-romain tant admiré par les germaniques Nationaux Socialistes ?

 

Le premier roman publié porte pour titre TARZAN APES MAN. Ce qui revenait à écrire pour nous : « Tarzan des singes » ou encore « Tarzan chez les singes ». Mais par la suite et partout dans les pays civilisés cette formule verbale se modifia, amalgamant sous l’appellation « Homme-singe » l’acrobate des arbres et des lianes. Donc Tarzan devenait une créature hybride.

 

Les créatures hybrides dans lesquelles se mêlent l’humain et l’animalité ont  toujours été interdites chez les religieux ayant foi dans le monothéisme. Or, Adolph H avait bel et bien reçu une éducation religieuse chrétienne, donc monothéiste, pendant son enfance. On peut donc supposer que chez cet hystérique la persistance religieuse chrétienne lui rendait inacceptable toute sympathie pour un être ambiguë moitié homme moitié singe. Un anti Darwin absolu. Pas de filiation, donc pas d'hérédité biologique entre les bestes et les humains. Votre chien pisse et que vous pissiez aussi n'apporte pas la preuve d'une animalité commune à vous et votre chien. D’autant qu’il ne vient jamais à l'idée de votre chien de se tricoter un bermuda pour cacher sa paire de testicules.

 

Tarzan,-1949.jpg

 

Dans ce dessin signé de Hogarth, l’artiste met en évidence une fière nature humaine visiblement imitée de la statuaire gréco-romaine. Certes, Hogarth n’égala jamais le génie de Michel Ange quoiqu’il y prétendit encouragé en cela par d’enthousiastes admirateurs. Cependant remarquez bien que dans cette image l’homme-singe n’est pas Tarzan mais plutôt la créature voûtée, proche de lui et comme paraîssant se relever d'avoir marché à quatre pattes. Et notez le jaillissement du feuillage qui couronne la gueule-tête :  à croire que le héros c'est le simiesque !

 

Doc Jivaro

 

02/12/2017

Les Tarzanides du grenier n° 279

Ce matin…

 

J’allais pour ouvrir les volets donnant d’en haut sur le jardin plus jamais jardiné, lorsque la voix de mon épouse me retint par le rebond du marteau sur l’enclume.

 

– Eh ! t’as vu la télé sur RMC ? Il y a une émission à propos de trois crânes de cristal trouvés dans des ruines antiques du Mexique. Je parie que dans tes vieilles BD quelqu’un a pris ça comme scénario.

 

Bingo !

 

Notamment LE CASSEUR avec un sous-titre flagrant : « Le Crâne De Cristal », dans son numéro 30 de l’année 1949 (et pour une collection étirée jusqu’à sa quatre-vingt-quatorzième brochure, celle d’août 1954).

 

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Durant les années 50, les thèmes populaires mystérieux allaient en abondance avec les soucoupes volantes, les centuries de Nostradamus, la survie de Hitler, et l’énigme du ciel toujours bleu quand le soleil brille jaune. Et souvenons-nous d'un l’autre phénomène alors à la mode, un géant velu en promenade dans les sommets enneigés du Tibet.

 

Le YÉ ! ! ! Le YÉ - YÉ ! le YÉTI.

 

Brrr ! trouille et frousse. Panique, relâchement du sphincter – ouf !

 

– Tintin ! Tintin, j’ai …

 

– Quoi, capitaine, quoi ?

 

– J’ai souillé ma culotte.

 

Il nous coûtait 18 des francs 1949 pour prendre connaissance du cow boy Big Bill LE CASSEUR confronté au mystère d'un Crâne de Cristal disparu du musée de Mexico. L’éditeur de cette BD en était Pierre Mouchot. Douze pages imprimées tantôt en bleu, tantôt en noir avec des images venues d’un nouveau dessinateur : Maurice Besseyrias. Celui-ci devait se conformer à une habitude bien ancrée dans l'équipe de Mouchot, habitude consistant à + ou – copier les silhouettes humaines créées par Foster (Harold) et Hogarth (Burne) voire mais plus rarement celles d’Alex Raymond.

 

Comparée à la réalité de l’archéologie, cette découverte de crânes de cristal dans une cité Maya durant les années 1920, n’est qu’une supercherie ayant donné lieu à des échanges financiers. Un mensonge exagéré jusqu’à l’escroquerie. Enfin si tous les détails de l’histoire vous intéresse, consultez votre Wikipédia favori. Reste que le cinéma et la littérature s’emparèrent de ce mythe moderne fabriqué par un aventurier anglais bien avant qu’à son tour la BD,... et ainsi de suite.

 

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Image du début ↔ image finale

 

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– À cause de cette neige je n’ai pas envie de sortir. Nous avons assez de croquettes pour les chats jusqu’à lundi. Je vais dispatcher.

 

Ma femme dispatche toujours, ne distribue jamais. Mais ne croyez pas que nos chats mangent uniquement des croquettes : ils se tapent des tranches de poulet, quand mon épouse et moi nous nous contentons d’un velouté de courgettes suivi d’une banane bien mure flambée au rhum.

 

Doc Jivaro

 

 

17/09/2016

Les Tarzanides du grenier n° 226

 

 

Lorsqu’il faut citer des auteurs de BD ayant conté en vignettes les prouesses de Tarzan, les collectionneurs du 9e art énumèrent généralement Maxon, Foster, Hogarth ou encore Vis-cardy, Celardo et Russ Manning etc …. Mais quasiment tous oublient ou dédaignent de mentionner GOSSELIN.

 

André GOSSELIN. Une paire de cavaliers genre western (Jack Hislon auquel succéda Red Canyon) permit à André GOSSELIN d’occuper une place de choix chez l’éditeur ARTIMA jusqu’à la disparition de cette maison en 1987. Toutefois, GOSSELIN fournissait, dès 1947 et pour l’hebdomadaire BOB et BOBETTE, les interprétations imagées de deux films MGM ayant TARZAN pour figure centrale. L’un « Le Trésor de TARZAN », l’autre « TARZAN s’évade ».

 

Bob-et-Bobette 1947.jpg

 

Peu habile lorsqu’il faut crayonner l’anatomie humaine, GOSSELIN n’eut jamais la prétention de rivaliser avec Frazetta ou Cheret, non plus qu’avec un ALLEN SAINT JOHN dans le maniement libre d’une nudité masculine appliquée aux Arts Graphiques. Il se contenta de démarquer passablement tout un ensemble de photos / cinéma.

 

Participant à l’épopée des Tarzanides GOSSELIN créa MOHA pendant la décennie qui suivit la fin de la Seconde guerre mondiale. De ce Tarzanide métissé, nous avons déjà parlé dans notre rubrique n° 4 du 22-09-2012.

 

Est-ce par manque de persévérance que Doc Jivaro n’a pas trouvé la biographie détaillée d’ANDRE GOSSELIN ? Il s’est arrêté sur un nom similaire mais d’orthographe différente : André Gosselain. Un musicien œuvrant en compagnie de Robert Hossein pour un des films de 1958 : TOI LE VENIN. Doc Jivaro se souvient que bien des adolescents de sa jeunesse préféraient dans le rôle d’une pin-up non pas la talentueuse Marina Vlady mais la sculpturale Dominique Wilms …

 

Doc Jivaro et Mfcl

 

 

04/06/2016

Les Tarzanides du grenier n° 215

 

Des personnages aperçus à contre-jour ou encore au travers d’un rideau rendant flou chaque profil, nous en bavardons en les englobant parfois sous l’appellation « ombres chinoises ». Une appellation pourtant mieux adaptée à la poésie visuelle consistant à projeter sur une surface plane éclairée (et par le jeu de nos mains et de nos bras) des ombres évoquant des formes animales : oiseaux, chiens, girafes, etc. Un jeu que nous abandonnâmes, croyant sans doute devenir plus vite des adultes par cet abandon.

 

Les bédéistes, dans l’animation paradoxalement statique des images qu’ils créent, utilisent de temps en temps des contours d’êtres et d’objets qu’ils emplissent d’encre noire de Chine sur papier blanc. Quelques-uns en font grand usage ; quelques autres en dédaignent l’emploi. Hergé les utilisa peu ; Saint Ogan s’en fit un mode narratif assez plaisant.

 

En 1929, E.R. Burrougs commercialisa un accord pour que SON Tarzan, déjà devenu héros de romans et héros de films muets, devienne, en plus,l’un des héros d’un genre graphique nouveau : la bande dessinée. Deux artistes, Rex Maxon et Burnes Hogarth, œuvrèrent alors pendant une même période mais chacun selon son style. Hogarth se spécialisa dans la grande page du dimanche (Sunday Page), pendant que Maxon se réservait les trips des six jours restants. Mais alors que Maxon utilisait fréquemment des effets « ombres chinoises », tel n’était pas le cas de Hogarth. Autant l’un en faisait un emploi judicieux pour exprimer de façon synthétique la violence et le mystère, autant l’autre préférait détailler les musculatures pour rendre comme palpable l’action. Maxon se sentait à ses aises dans l’atmosphère nocturne, Hogarth préférait l’éclairage systématique des reliefs d’une anatomie humaine.

 

 

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Deux vignettes pour un exemple du travail de Maxon.

Brochure n° 43 du 4e trimestre 1947. Éditions Mondiales. 

 

 

Par son choix de contrastes noirs sur blancs, Maxon rappelait la première apparition de Tarzan sur la couverture de l’Éditeur américain MAC CLURG. Effectivement sur cette première couverture rapidement célèbre, Tarzan impose sa présence sous l’aspect d’une silhouette sombre. Le monde était alors en 1914 de l’ère chrétienne.

 

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Aujourd’hui, en 2016, nous tenons bien la preuve que la bravoure de Tarzan a survécu aux deux guerres mondiales. Survivra-t’elle à la troisième préparée par les conséquences des deux précédentes ?

 

Ryal

 

28/11/2015

Les Tarzanides du grenier n° 189

 

Moi, Général de Gaulle … Pardon ! pardon pour ce faux lapsus. Je viens tout simplement de me retarder d'écrire : moi, Doc Jivaro.

 

Ayant achevé un de mes commentaires à propos d'une des BD de 1946 traitant des maquis français, j'accompagnais mon épouse dans l'Espace Culturel d'une grande surface commerciale. Mon regard fut arrêté par deux épais volumes, chacun de plus de 400 pages et portant pour en-tête UDERZO. Le sous titre « L'intégrale 1941-1951 » bien mieux que le nom célèbre appâta ma curiosité.

 

Uderzo-l'intégrale-1941-195.jpg

 

Découpe virtuelle du premier plat.

 

 

J'ai feuilleté, j'ai acheté. Je me suis dit : voici encore une jouvence qui va te ramener vers l'âge des barboteuses.

 

Beaucoup des illustrations et des bandes dessinées réimprimées dans ce tome 1 de « Hors collection », je les connaissais depuis longtemps. En particulier celles présentées sous le nom de BELLOY l'Invulnérable.

 

Ce gaillard s'exposa d'abord en page une de l'hebdomadaire OK quand ce journal atteignait son numéro 84. C'était le moment pendant lequel UDERZO s'exerçait à modeler des champions de stature herculéenne. Aussi Belloy faisait-il suite à un Prince Rollin dont il amplifiait la carrure ; et ce même Prince Rollin arrivait, lui, d'un Arys Buck en en triplant les volumineux biceps. Tous trois provenaient de la mode des Tarzanides mais tous trois étaient secoués dans un shaker de comique.

 

Cependant, UDERZO se différenciait de ses rivaux dessinateurs d'athlètes. Il s'en différenciait en négligeant l'anatomie des grands corps masculins et faisait oublier sa négligence en déformant jusqu'à les disloquer les masses musculaires. En résultaient des anomalies exacerbées jusqu'à l'infirmité. Seule l'habileté de la ligne, la netteté et la propreté de l'imagerie rendaient le lecteur tolérant envers des maladresses contraires à la myologie humaine.

 

Dans le lot des pseudo Tarzanides que fabriqua UDERZO il en est un qui n'exista que sur 6 pages. Six Pages publiées dans KID Magazine journal de BD qui ne connut pas de vrais succès en 1949. Et ce pseudo Tarzanide, ses compagnons le surnommaient Brick le Fort.

 

En 1949, j’entrais dans ma septième année. Je connus BRICK Le Fort durant la dizaine de jours de vacances d'été que je passais à Chenérailles, en Creuse. Toutefois, ce ne fut que plus tard, dans ma neuvième ou dixième année que j'entreprenais une copie partielle de l'épisode « Trésor de l’Île Fantôme » où la force de BRICK le corsaire se vérifiait à chaque vignette. Et comment n'aurais je pas repéré que pour donner des mouvements aux flots de l'océan UDERZO imitait les effets graphiques inventés par HOGARTH ?

 

 

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Deux pages quadrillées arrachées à un de mes cahiers d'écolier. Le stylo plume muni d'une réserve d'encre bleue de marque Waterman, je l'utilisais plus fréquemment pour « faire des petits guignols » que pour réduire à un dénominateur commun des séries de fractions.

 

Doc Jivaro