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16/01/2021

Tarzanide n° 476

 

Maman les p'tits bateaux

 

Peu de temps avant le premier confinement je me trouvai à bavarder avec une dame âgée, dans la ,dernière librairie de brocante du vieux quartier Saint Pierre de Montluçon. Ne me souvenant pas comment débuta notre échange de propos, au moins retiens-je l'identité de l'illustratrice dont nous bavardâmes.

 

- Béatrice Mallet, vous la connaissez donc ? C'est devenu rare dans la ville de Marx Dormoy.

 

 

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Mon interlocutrice me parut rajeunir, je ne mens pas ; elle parlait avec un tel entrain de l'illustratrice dont la célébrité provient de l'ancienne publicité des sous-vêtements de marque PETIT BATEAU, que je n'osai pas avouer que les gamines trop grassouillettes signées de Béatrice déplurent à mon enfance. Et qu'aujourd'hui encore, mon squelette supportant ma peau quand mes muscles transportent mal mon corps, les fillettes-commères et les petites-filles mémères me répugnent par nature.

 

 

BD-Contes-de-Perrault,-Béatrice-Mallet.jpg

 

 

Savez-vous que dans les bandes dessinées la présence de petites demoiselles a toujours posé un problème aux scénaristes ainsi qu'aux dessinateurs, cela à cause de la petite culotte tissée de coton blanc dont il fallait cacher en public l'existence ? Nos Sophie, Zoé et Little Annie devaient se comporter pudiquement, obligatoirement. Il y eut pourtant quelques exceptions dont une certaine Suzie exhibant les dentelles brodées de son "corset juvénile" en s'installant à califourchon sur le dada de Red Ryder. Mais l'histoire commentée des fillettes dans la bande dessinée reste encore à écrire chez nous et votre serviteur se dispense d'engager ses opinions sur un tel sujet qui l'amènerait à parler d'une certaine mignonne Shirley Temple, jadis coqueluche de beaucoup de messieurs américains - Oh ! Oh !

 

Doc Jivaro

 

10/01/2021

Tarzanide n° 475 du 10-01-2021

 

LA PROTÉGÉE DE D'ARTAGNAN

 

Regardons … Mieux encore : apprécions. De cape et d'épée, la lame traverse de part en part l'adversaire. On n'est pas ici pour faire semblant. On est en 1945, un mort est un mort. Les éditions S.A.E.T.L.E. dans Paris outragée mais libérée publient LA PROTÉGÉE DE D'ARTAGNAN, une version scolaire venue après les « Trois Mousquetaires », ceux mêmes qui rendirent célèbre la famille Dumas père et fils.

 

 

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Une telle illustration pour la jeunesse, montrant comment occire un ennemi n'était plus possible à éditer en France pendant la quinzaine d'années qui suivit le dessin ci-dessus signé de Le Rallic. Celui-ci, page après page, avait à ses débuts toute liberté de montrer comment se débarrasser d'un voyou récidiviste. Un  exemple confirmé par une seconde illustration ci-après. On les crève les saligots !

 

 

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Le Rallic fut l'ami de Marijac dès avant que celui-ci donne naissance à plusieurs titres de journaux BD parmi lesquels les plus retentissants sont COQ HARDI, pour les garçons, et MIREILLE pour les filles (puisqu'à ce moment là la mode unisexe n'existait pas, le sexe masculin franchement distingué du sexe féminin, de quoi faire enrager la virago à moustaches de votre quartier).

 

Lorsque Le Rallic et Marijac devinrent complémentaires, tous deux travaillaient pour l'un des premiers journaux de BD français : PIERROT, chaque dimanche, en 1938. Le Rallic dessinait alors « Le réveil des sioux » pendant que Marijac inventait de façon humoristique « Onésime Pellicule ».

 

 

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C'est ma grand-mère, qui n'était surtout pas une « mammy » américanisée, qui me ramena avec d'autres illustrés un lot acheté le dimanche matin sur le marché alimentaire de la Place Saint Paul de Montluçon.

 

- Tu ne sais pas bien lire encore. Ton grand-père te les lira le soir il n'a rien d'autre à faire.

 

Pépé m'en lut quelques passages, tenant le livre au-dessus de son assiette emplie de soupe chaude, pain et patates. « Tu n'as jamais été mousquetaire, pépé ? ».

 

Pépé avait parfois l'habitude, une fois son assiette redevenue creuse après plusieurs allers et retours de cuillère, de s'exclamer sur le ton d'un souvenir : encore une que les boches n'auront pas !

 

- Pourquoi tu ne t'enfuyais pas quand ça tirait partout en 14-18 ?

- Parce que les nègres tirailleurs sénégalais recevaient l'ordre de tuer tout soldat français qui essayait de sauver sa peau.

 

A propos, avez vous remarqué que les mousquetaires dans les romans populaires ne manient pas le mousquet mais l'épée ?

 

Doc Jivaro

 

07/01/2021

Tarzanide n° 473

 

Belle Starr

 

 

Parmi les documents filmés de la toute récente « invasion » du Capitole des États-Unis par des protestataires américains, vous remarquez qu'il s'agit de gens que la nature dote d'une peau blanche. Nous ne sommes donc pas à Los Angeles : Le pillage, la destruction et les incendies terroristes n'ont pas eu lieu. Mais avez-vous remarqué un type en promenade et portant sur son épaule un drapeau auquel l'image ci-après correspond ?

 

 

Drapeau-Conféré-du-Sud.jpg

 

 

Il s'agit d'une des bannières des Fédérés du Sud pendant la Guerre de Sécession généralement datée de 1861 à 1865, lorsque les Territoires Sudistes étaient envahis, pillés, incendiés, détruits par la soldatesques du Nord venue, qu'elle disait, abolir l'esclavage des noirs tout en commettant un génocide contre les populations amérindiennes qui, chasseresses et guerrières, refusaient d'être réduites en esclaves contrairement aux populations africaines chez qui l'esclavage était historiquement légal longtemps avant l'arrivée des prédicateurs chrétiens de race blanche.

 

Dans l'histoire des BD européennes, très rares sont les titres illustrés utilisant un des emblèmes des sudistes américains. Peut-être même n'y en a-t-il qu'un seul : KID OKLAHOMA produit par les Périodiques Éditions Illustrées du 12 rue du 4 septembre (Paris), sur 34 numéros bis-mensuels, année 1953-54.

 

 

BD-Kid-Oklahoma,-1954,-bandeau.jpg

 

 

L'Oklahoma, alors largement peuplé de tribus indiennes, n'échappait pas au conflit armé entre industriels du Nord et propriétaires fermiers du Sud. C'est ce qui explique la présence active d'un garçon indien auprès des sudistes parmi lesquels une jeune femme énergique : Belle Starr.

 

 

BD-Kid-Oklahoma,-1954,-couv..jpg

 

 

Évidemment le comportement de Belle Starr dans cette BD n'a rien à voir avec l'existence réelle de cette femme qui devait terminer ses jours en hors la loi plus proche des deux frères James que de Buffalo Bill. Son personnage a néanmoins inspiré Morris, créateur de Lucky Luck pour son album numéro 34. Cependant, les collectionneurs avertis n'oublient surtout pas que Belle Starr occupa d'abord une place essentielle dans les aventurlures de Kid Oklahoma.

 

Les historiens du Far West soulignent que cette même Belle Starr était une assez jolie femme utilisant plus souvent ses charmes que ses revolvers pour parvenir à ses fins. Elle portait, disait-on, des bottes cuissardes de cavalier sous une longue et longue jupe de daim noir. L'époque n'était pas encore à la mini-jupe, Messieurs.

 

Doc Jivaro

02/01/2021

Tarzanide n° 472

 

Mettons qu'avec les années 1964-65 l'hebdo (Madère ?) SPIROU ait publié une rubrique ayant pour sujet un neuvième art présentement admis comme 9e Art : celui de la bande dessinée. C'était un choix risqué puisqu'à ce moment-là l'opinion était plutôt de mépriser les petits guignols imprimés dans nos illustrés. Semaine après semaine, donc, Messieurs Morris et Vankeer nous remettaient en mémoire des personnages dont l'existence avait diverti au moins deux générations avant la nôtre. Morris nous était bien connu comme créateur de Lucky Lucke, mais Vankeer ? … Vankeer, je l'appris plus tard, était Directeur Des Chemin de Fer. Oui, Madame !

 

Dans le numéro ,1422 de SPIROU les deux adultes nous parlèrent de la naissance d'un des personnages BD les plus internationaux : SUPERMAN. D'autant mieux méritoire dans leur choix qu'au moment où ils le célébraient celui-ci était interdit de parution en France à cause de la Loi votée en 1949.



BD-Superman,-pg-16.jpg



Comment savoir si vous êtes ou pas un surhomme ? La réponse est facile : pour entrer ou sortir d'un domicile, entrez-vous ou sortez-vous par la porte ? Auquel cas, vous n'êtes qu'un homme normal, mon pauvre ami. Car tout Superman authentique entre ou sort par la fenêtre, j'espère que vous avez remarqué ça depuis votre plus tendre enfance.



BD-L'Astucieux,-20-08-1947.jpg



Toutefois, être né sur la planète Crypton avant sa destruction ne vous protégera pas de la mauvaise humeur d'une jeune et jolie femme libérée. C'est un fait qui se vérifie dans le numéro 15 de L'ASTUCIEUX du 10 août 1947.

 

La rubrique réussie du 9e Art de Messieurs Morris et Vankeer n'a toujours pas été rééditée en album, si je ne me trompe. Regrettable, regretté.

 

Doc Jivaro

31/12/2020

Tarzanide n° 471

T'aujourd'hui d'aucuns vont reprocher à Bar-Zing d'avoir oublié l'actualité pour préférer improviser sur un personnage BD créé en 1939 par ROB VEL en tant que compagnon animal de SPIROU. Il s'agit d'un écureuil nommé SPIP.



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En 1947 SPIP occupait toujours une place importante dans les aventurlures de SPIROU et FANTASIO . En fait personne parmi le jeune lectorat ne pouvait prévoir la venue en 1952 d'un autre petit animal, imaginaire celui-ci, et dont la célébrité rapide allait causer la disparition de l'écureuil SPIP. Oui, vous devinez il s'agissait du MARSUPILAMI. Une espèce de marsupial comme sont nom le suggère mais complètement inventé par FRANQUIN.



Sur la planche ci-dessus éditée en 1946, il faut noter la quasi absence de texte dans les images. Celles-ci sont appelées « Images silencieuses » ou encore « Images muettes ». Il suffit de les regarder pour comprendre l'action. Mais c'est cette absence de tout contenu littéraire qui s'attira la réprobation autant de la part des instituteurs que de la part des abbés : « Vous voulez donc que les journaux illustrés destinés à la jeunesse décourage celle-ci d'apprendre à lire et à écrire ? ». On a compris : ces images muettes allaient devenir un argument pour faire voter la Loi du 16 juillet 1949 qui pendant la décennie des années 50 et plus longtemps encore, allait provoquer de la décadence dans les BD françaises. En ce moment ne croyez surtout pas que cette loi est abrogée : elle est plutôt de retour, revigorée après les années 70 pendant lesquelles elle fut quelque peu éclipsée. Les couvertures des albums rééditant maintenant des bandes dessinées devenues classiques, nous apportent la preuve flagrante que la censure est redevenue efficiente dans tous les kiosques à journaux.



Et le Marsupilami, plus de cinquante ans après sa naissance que devient-il ? Est-il encore réduit à un petit mannequin maigrelet en latex utilisé comme amulette protectrice suspendue au-dessus du tableau de bord de votre voiture ?



Allez bonne fin d'année à vous tous !



Doc Jivaro

26/12/2020

Tarzanide n° 470

 

PÉPÉ NOËL

 

C'est un fait récemment historique, oui : historique, que le personnage si peu chrétien d'un « Père Noël » remplace, dans les pays de l'Europe de l'Ouest, pour le 25 décembre, la traditionnelle naissance nocturne d'un Jésus-Christ. La France (ce qu'il en reste c'est à dire presque rien) cesse d'être la fille aînée de l’Église pour se complaire politiquement à ne subsister que comme déversoir d'un trop plein de populations étrangères : de solides gaillards en âge de porter les armes …

 

Les armes de l'Islam revanchard.

 

Du côté de la BD « à la française » des années 1950 LE PÈRE NOËL était un personnage rondouillard doté d'une barbe noirâtre et non pas blanche, inventé pour l'hebdomadaire COQ HARDI par deux complices de longue date : Claude Marin et Marijac.

 

 

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En fait ce Père Noël est un clochard et sa seule familiarité avec le mythique porteur de cadeaux pour les petits enfants, est la couleur de ses vêtements usagés : le rouge. Lorsque ce faux Père Noël fut publié les clochards n'étaient pas encore promus S.D.F. C'est principalement pendant l'année 1953 que cette créature BD fut publiée sans que l'on puisse dire qu'elle représente une des mieux réussies par l’excellent Marijac. Il est possible qu'elle lui ait été inspirée indirectement par un précédent personnage d'origine américaine et que Marijac connut pendant les lectures de sa jeunesse : le Père Lacloche imaginé par Russel et dont la première parution en France se fit dans le tout premier hebdomadaire MICKEY, celui daté du 21 octobre 1934.

 

Lorsque je me rendais en vacances d'été en Creuse, dans Chenérailles, ce qui m'amusait c'est que mon oncle, forgeron non dénué de sens artistique, répondait au surnom Mickey donné par ses copains de café-bistro du même âge que le sien. Parfois même ceux-là se suffisaient de l'appeler « Mick ». C'est son neveu qui m'expliqua : « Quand il était enfant il lisait les aventures de Mickey. Il les lisait tellement qu'on riait de lui en le surnommant du nom du personnage de Disney.

 

Dois-je dire que cet oncle me reprochait parfois de rester la tête immobile, le nez plongé entre deux grandes pages de bandes dessinées ?

 

Doc Jivaro