22/02/2026
Tarzanides n° 675
UBERMENSCH
En ce jour dominical, Onfray et son Michel de prénom n’étaient pas venus seuls tous les deux mais accompagnés de la rediffusion de leur émission du samedi.
Michel Onfray évoqua l’existence du philosophe allemand le plus controversé de la seconde moitié du XIXe siècle : Nietzsche. En réalité un fou syphilitique qui formula la création d’une sorte de surhomme ... De quoi s’attirer la colère de nos amies les femmes libérées présentement. Mais pire encore peut-être : ce même philosophe (?) fantasma jusqu’à une mort prochaine inévitable de Dieu. Comprenez bien : le Dieu des judéo-chrétiens, non pas le Dieu des arabes. Car vous n’ignorez pas j’espère que ce même Nietzsche appréciait beaucoup les conquêtes guerrières accomplies par l’Islam.
Dans une des bandes dessinées éditées pendant ma scolarité mais que je ne lus que plus tard, il fut question d’un surhomme inventé par des ingénieurs allemands. Ce récit se trouve encore dans les numéros mensuels 23 et 24 des Éditions Mondiales sises 2 rue des Italiens dans Paris. Leur titre ? TARZAN, chacune distinguée par un sous-titre : « Chasseurs d’esclaves » pour l’une « Tarzan vainqueur » pour l’autre.
Dès le début nous assistons à une réunion secrète groupant Goering, et Goebbels et un troisième, ancien clochard SDF, artiste raté et pétomane notoire : Hitler.
- Manque personne ?
Ni Speer, ni Himmler, ni Hess n’y sont présents. Le moment arrive où l’on annonce à Hitler que les savants qu’il a recrutés ont réussi l’exploit ambitionné par des multitudes de scientifiques avant eux : fabriquer un surhomme. Va t’on le baptiser Ubermensch ? Nein ! ! Il s’appellera Thorwald. Hitler, à ces mots ne se tient plus de joie et pour montrer sa belle voix jette un ordre : « Tuez les tous ! ». Aussitôt des S.S. Mitraillent sur place tous les savants : Il faut bien se garantir absolument contre une trahison éventuelle.
Dessiné par Rex Maxon habile à donner une allure simiesque à l'homme
Et c’est en employant ce surhomme allemand, donc boche, que le caporal décoré de la croix germanique du mérite, ambitionne de conquérir toute l’Afrique subsaharienne.
Ouais ! D’autant que le Hubermensch a été usiné pour être capable de vaincre TARZAN, le roi des jungles.
Lorsque Bar Zing acheta ces deux numéros (1984), autant vous dire que le libraire peu éloigné de l’Université Jussieu ne manquait pas d’augmenter quelque peu le prix de vente après avoir mentionné au crayon « Hitler » sur chacune des couvertures.
Les rééditions publiées en France depuis des originaux américains, étaient quasiment toujours victimes de suppressions d’images, voire de partie d’image que la censure française ne permettait pas de présenter aux enfants. Bar Zing avoue, ici, ne pas connaître les originaux made in USA concernant Hitler contre Tarzan. C’est pourquoi nous ignorons si dans les créations BD d’Outre Atlantique, la Croix Gammée est présente dans quelques unes des images. Puisque nous ne devons savoir qu’en France, dans les années qui suivirent la guerre, il était fortement déconseillé d’utiliser l’ancien symbole sol-air accaparé par les Nazis. (En particulier dans les éditions destinées à la jeunesse).
Ah ! Que je n’oublie pas : ce fut Rex Maxon qui dessina cet épisode des aventurlures réussies par Lord John Kres... Mais il se trouve que ce Maxon Rex fut longtemps boudé par les spécialistes français de la bande dessinée. Boudée et peut dire : quelques-uns le méprisaient, ainsi Lacassin écrivant « traits inachevés, décor demi esquissé, insipides gambades ». Dans le n° 29-30, n° spécial année 1963. J’ai opté depuis longtemps pour un avis opposé. Rex Maxon a tant et tant de fois dessiné Tarzan qu’il fut pendant de longues années le seul rival de Burnes Hogarth ... Dans un style fort différend j’en suis d’accord.
Finissons momentanément en séparant les deux syllabes THOR-WLAD pour leurs rendre leurs approximations « à la française ». Thor est le dieu du Tonnerre chez les anciens peuples nordiques. Quant à (Bertrand ?) quant à Wlad, parfois Vlad c’est un nom d’origine roumaine (de roumain) inséparable du supplice d’empalement.
L’empalement étant, à ce qu’affirment certains humoristes, un supplice qui commence bien mais finit très mal.
Bar Zing
18:10 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Blog, Grenier de la BD, Journaux, Media, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hitler, goering, tarzan, editions mondiales del duca, thorwald, ubermensch, bandes dessinées de collection, bar zing, tarzanides
14/09/2025
Tarzanides du grenier n° 658
A COUTEAUX TIRÉS
Un coup d’œil désinvolte sur ces deux vignettes ci-après peut faire croire qu’elles sont identiques l’une l’autre.
- On voit tout de suite que les couleurs ne sont pas les mêmes. Le dessin, oui.
Justement non, le dessin n’est pas le même, les images pas du tout jumelles. C’est bien un unique personnage mais dans l’image à gauche il semble se préparer à lancer un coup de poing. Cette illusion tient au fait qu’un objet, mieux encore : une arme a disparu. Le couteau, le poignard a été victime de la censure. Une censure se voulant française, celle infecte datée de juillet 1949. Apprécions à présent l’image d’origine américaine, ici située à droite. Elle fut publiée en 1950, le 18-06. Les adultes comme les enfants de mon cousin d’Amérique étaient libres de saluer le talent de Burnes Hogarth, donc la liberté d’expression dans les bandes dessinées. Tel n’était pas le cas pour nous autres écoliers du pays de l’Abbé Pierre et de Maurice Thorez : quelque trois mois après celle américaine, la publication en France de TARZAN du 7 octobre 1950 sur la page première de son numéro 211, exposait comme une mutilation rituelle : le couteau disparu, escamoté.
Si dans certaines sociétés inspirées de l’Islam, on offre à l’adolescent un couteau pour l’honorer de son entrée dans le monde des adultes, ce n’est pas du tout le cas en France dans une société démocrasseuse où un juge peut renvoyer en prison un homme âgé qui vient de blesser un des cambrioleurs de sa maison.
Lorsque j’eus l’âge de treize, quatorze ans, je me souviens m’être souvent promené dans Montluçon et ses environs (à bicyclette) sans oublier de placer un couteau à cran d’arrêt dans la poche arrière d’un de mes premiers blue-jeans. Jamais je ne m’en suis servi pour causer du mal, tout au plus pour tailler des crayons de couleurs. C’était une mode commode entre copains. Ainsi, avoir un couteau caché équivalait à une confidence intime entre nous, à ne pas exhiber devant les voisins. Les quelques affrontements que nous avions se limitaient à tordre des bras ou jeter par terre l’adversaire. Nos rivaux, nous les rencontrions aux abords du Canal de Berry ... Plus rarement du côté des anciennes Cités des Usines Dunlop.
- Et pourquoi ?
- C’est qu’il y avait du trèfle.
- Du trèfle ?
- Comprenez : de la fille accessible.
Cependant nous n’étions pas des fous et je ne me suis jamais mesuré à l’un des types de la bande à Pépito (vous vous souvenez ?) On ne le connaissait que trop lui et ses gaillards qui allaient fréquemment emmerder les petits bals populaires de la Creuse. De vieux habitants de Parsac – La Chapelle peuvent encore s’en souvenir, d’autant qu’il y avait des affaires autrement plus graves que de casser trois quatre verres dans une salle de danse.
Tenez : n’y a pas que le couteau qui disparaît dans les BD "à la française". Les revolvers aussi se volatilisent. Vérifiez sur l’image ci-dessus. Mais quel escamoteur a subtilisé le colt de Tex Willer ?
Bon début à vous, d'une semaine prochaine qui s'annonce d'un final douteux.
Doc Jivaro
17:55 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Blog, Fanzine, Grenier de la BD, Journaux, Société, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tarzan, burnes hogarth, loi juillet 1949, tex willer, bd rodéo 1956
27/07/2025
Tarzanides du grenier n° 650
NE VAUT PAS L’COUP !
Hier, je parlais de Tarzan année mars 1940 z’en France, paru en première page de JUNIOR n° 207 sous le contrôle de la famille Offenstald. Mais aujourd’hui ?
Aujourd’hui, dimanche, BAR ZING bavarde un peu sur ce même « Peau nue » à propos d’un fascicule de 32 pages qu'il vient de payer à l’une des caisses d’une grande surface commerciale située entre Montluçon et un village où mon enfance participa aux vendanges, aidée par des guêpes voraces.
Trente deux pages non numérotées et qui pour la énième fois propose une réédition de l’épisode TARZAN ET LES BOERS. Papier glacé lustré, agrafé, etc., etc. ... En réalité il s’agit d’une sélection faite sans le dire dans un gros volume français daté de 1967 et dont le copyright précise : 1967 by Éditions Azur-Claude Offenstald et Éditions Mondiales.
La sélection petite d’à présent garde d’ailleurs une indication qui n’a pas de raison d’être. En effet, page 33, nous lisons : « page de gauche gravure en taille douce ». Mais à gauche absence totale d'une gravure en taille douce. Nous n’y voyons que la planche BD dans laquelle le héros de Burroughs accuse Smit de trahison pendant que la jolie Annitje s’apprête à se venger du héros qui vient de la dédaigner.
Et pourtant la dite gravure en taille douce signée de Hogarth existe bien. La voici :
Y aura t’il un n° 2 de » cette énième réédition de « T. Et les Boers » ? Qui vivra verra car, pour l’instant, le n° 1 ne fait pas savoir si la suite sera hebdomadaire, bimensuelle, trimestrielle, etc., etc. ... Je vous avais prévenu : ça ne vaut pas le coup sauf si vous êtes réellement un collectionneur maniaque et que la saturation des couleurs réimprimées ne vous alourdit pas les yeux.
Bar Zing
17:07 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Blog, Fanzine, Grenier de la BD, Journaux, Littérature, Livre, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tarzan, offenstald, hogarth labisse, éditions azur, bandes dessinées de collection, bandes dessinées anciennes
19/07/2025
Tarzanides du grenier n° 647
LES SUPER HEROS
Vues plongeantes ou plafonnantes, muscles décoratifs schématisés, anatomie tordue en tous sens, grands gestes théâtraux, grimaces, etc. etc. Mais pourquoi donc les super-héros r’américains, ont-ils évolué en utilisant tout ça ? Peut-être sous l’influence d’un personnage devenu célèbre d’abord par le roman puis le film avant d’être mondialisé par la bande dessinée. Mais de qui s’agit-il ?
Bar Zing
18:41 Publié dans Arts, BD, Blog, Fanzine, Grenier de la BD, Journaux, Media, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iron man, spiderman, hulk, tarzan, marvel origines, stan lee
05/07/2025
Tarzanides du grenier n° 645
TOUR DE FRANCE et BD
T’aujourd’hui 5 juillet 2025, c’est le départ de je ne sais quel énième Tour de France ... C’est aussi un samedi. De quelle ville ? De Lille. Une demoiselle créatrice de bandes dessinées dans mon atelier se prénommant Françoise, ne venait pas de Lille mais peut-être de Roubaix sans Tourcoing.
Le monde des sports et en particulier le cyclisme et le football inspirent depuis toujours les auteurs de BD. Parmi les plus fameux, peut être même le plus fameux dans notre pays c’est PELLOS. Beaucoup de ses œuvres ont des allures de reportages, incluant des incidents vécus.
Fripounet et Marisette, 15e année, n° 26
Pendant l’année 56 de 1900, en juillet, je m’approchais de mes 14 ans. J’avais toujours été le plus jeune de la classe puisque né en décembre. L’évènement dans Montluçon pendant l’année 1956, c’était que notre ville industrielle en voie de modernisation était une des étapes du Tour de France. L’étape 21. Et c’est dans un illustré de douze grand pages bien connu à l’époque et rattaché à « Coeurs Vaillants » qu’était, en double pages centrales, le dessin humoristique d’une carte de France figurant « La Grande Boucle ». Cet illustré avait pour titre : FRIPOUNET ET MARISETTE.
Zorro, n° 304, année 1952
Toute la ville était d’autant plus mobilisée que le tenant du maillot jaune venait du monde ouvrier et qu’il était montluçonnais quoique d’origine polonaise. Son identité ? Walkowiak.
- Vas y Walko ! Vas y !
Papa, Maman et moi mais sans notre bonne, nous marchâmes sur nos six pieds pour nous rendre sur le boulevard principal semi-circulaire autour du modeste mais antique Mont-Lumière. Je me souviens n’avoir pas trouvé ça folichon d’attendre le passage des coureurs. Déjà que dans des tablettes de chewing-gum, à chaque fois que je trouvais la photo d’un champion des deux pédales, je le donnais à tel ou tel copain de classe. Heureusement, quand même, la caravane publicitaire précédait le coup de vent du peloton.
Et, oh ! surprise heureuse surprenante : sur quatre roues à moteur apparut la silhouette géante d’un personnage de romans, de films et de BD. Oui : TARZAN. Malgré la censure votée 1949, le héros banni par les communistes et les catholiques avait survécu. Toutefois j’ignorais encore qu’il allait falloir plus d’une vingtaine d’années pour qu’IL redevienne prépondérant dans l’espace public.
Caravane Tour de France, Silhouette publicitaire, 1956
Walko, pardon : Walkowiak est D.C.D. pendant l’année 2017. Je ne le connus pas personnellement. Cependant deux de mes voisins musiciens dans « L’Avant-Garde » trinquèrent bien des fois avec lui. Tout ce monde là à disparu.
- La roue tourne, disait ma mère.
Bar Zing
19:24 Publié dans Blog, Dessin humoristique, Fanzine, Film, Journaux, Media, Sport, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tour de france, pellos, fripounet et marisette, tarzan, walkowiak, montluçon étape 21 1956
09/06/2025
Tarzanide n° 640
L' ennemi n° 1 de la censure An 1949
Parmi les séries BD anciennes les plus recherchées par les déjà vieux nostalgiques des années de l’après-guerre 1939-1945, existe celle éditée par l’italien Del Duca. Il s’agit d’un TARZAN mensuel dépôt légal du Ier trimestre 1946.
Les quatre premiers exemplaires, chacun de 20 pages, doivent leur réputation aux images conçues par Burnes Hogarth alors qu’il parachevait la deuxième période dite classique de son style.
Ici, c’est à dire dans cette interprétation fournie par Del Duca, le décalage entre les originaux américains et leur traduction en lecture française, est de plusieurs années : 1940-41 chez le yankee accélérant en Cadillac ; 1946 chez l’écolier de chez nous pédalant sur un vélo dont les pneus « pleins » résistaient aux cailloux dune rue Championnet pas encore lissée de macadam.
Cependant, le n° 5 allait quelque peu désorienter les gamins auxquels il était destiné : ceux-ci n’y trouvèrent pas la suite de l’affrontement entre leur héros et le tyran métissé Dagar Amba. Non ! Le n° 5 proposait pour titre un autre nom dérivé de celui du champion demi-nu créé par E.R. Burroughs. Et ce titre nouveau était (et est toujours) TARZELLA.
Tarzella, jeune fille toute autant vierge que la forêt qu’elle traverse, qu’elle déflore en bondissant de liane en liane. Donc une rivale, oui : une rivale pour Tarzan. D’autant qu’elle est capable d’assommer trois nègres tatoués convoitant chez elle la chair rose des deux cuisses. Comprenez moi à demi-mot.
Pourquoi ce changement soudain de titre en 1946 ? Il faut savoir que dans ces années là d’autres éditeurs de bandes dessinées faisaient de la concurrence en inventant de jolies filles presque pas vêtues dans une nature sauvage. C’était les Loana, les Liana, et autres Sheena ou encore Panthère Blonde, etc. etc. ... Il existait même de jeunes héritières de Dorothy Lamour dans le cinéma à la mode commode et pour vous en informer il vous faudra vous procurer un fanzine de qualité et d'aide mémoire : « Les Filles de la Jungle ». Il s'agit du MONSTER bis n° 24 sous le contrôle de Norbert Moutier.
- Tu crois que le titre Tarzan reviendra le mois prochain ?
- Je te parie que non il va rester Tarzella.
Ouf ! Heureusement, bien vite, la collection mensuelle reprit TARZAN pour signal définitif en librairie.
Bar Zing se souvient avoir reçu les numéros 1 et 2 de cette collection par un enfant d’a peu près du même âge que lui et demeurant rue des Marais dans Montluçon. A ce moment là tous les écoliers comme moi ne parlaient pas d’une « Place de la Libération » mais d’une « Place des Marais ». Mon grand-père ancien poilu de 14-18 avait pataugé, étant en petite braguette courte, dans quelques recoins des derniers marécages de ce quartier préparant à la Cité Dunlop.
Bar Zing
09:59 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Blog, Cinéma, Fanzine, Journaux, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd tarzan, bd tarzella, filles de la jungle, e.r. burroughs, burnes hogarth, tarzan, éditions mondiales del duca, rex maxon














