24.06.2009
King Kong
Mensonge.
Ou erreur.
Et d'abord, faut s'entendre : lorsqu'une œuvre est annoncée intégrale n'est ce pas un contre sens de la présenter comme « version ».
Quoiqu'il en soit, ARTE ne nous a imposé qu'une version incomplète. Et dans ce cas, au bon vieux temps des caméras à manivelle, le projectionniste s'affolait, s'exclamant : Il manque la première bobine !
Car le seul vrai scénario de KING KONG débute par la fuite d'une petite voleuse occasionnelle. Une mendiante ayant chapardé une pomme sur un étalage et qui n'échappe à une correction qu'en acceptant de s'embarquer comme actrice pour une île aussi lointaine que mystérieuse, présage à moult dangers.
La pomme, objet du larcin, n'est pas du tout négligeable pour la compréhension du thème filmé. La société américaine très marquée par la mythologie judéo-chrétienne, cela par redondance de notre déjà vieille société européenne, interprète la pomme - simple fruit - en tant que symbole originel d'une sexualité humaine FAUTIVE devant le dieu d'Israël. Or, il s'agit bien d'une trame sexuelle qui sous tend l'histoire de l'instinctif gorille géant arraché à son île-paradis et qui va finir mitraillé (assassiné ? ) à cause d'une passion amoureuse pour une jolie fille affectée d'un « ça » refoulé par la civilisation.
Contrairement à Tarzan souvent indifférent à l'attrait érotique des jeunes filles,
KING KONG, lui, joue franc-jeu.
Déshabillant sa captive épouvantée, le bel animal va jusqu'à en renifler les dessous de vestale vagabonde.
En 1954 la censure américaine eut la mauvaise idée de supprimer cette séance d'effeuillage
pourtant emprunte d'humour.
Le film complet est d'une durée de 100 minutes.
Je ne l'ai vu en totalité qu'une seule fois, en 1965 et dans le cinéma Le Champollion, si j'ai bonne mémoire. Oui c'est ainsi : à Paris, quartier Latin. Cette salle assez petite par son espace fut longtemps spécialisée dans la reprise de films datant d'avant et pendant la seconde guerre mondiale.
Malgré ou à cause de l'hostilité manifestée par les doctrinaires religieux, KING KONG influença toutes les sphères de la création culturelle. En France artistes et écrivains surréalistes débattirent de ses qualités. Les psychanalystes et leurs assimilés s'en donnèrent à cœur joie. L'inclassable Boris Vian s'en enthousiasma (soit dit en passant la médiathèque montluçonnaise du même nom que l'auteur de « L'écume des jours », nous étonnerait en mettant en place une exposition sur le phénomène qu'on surnomma par plaisanterie « le beau ténébreux ». Je parle de King Kong, bien sûr).
La BD française, elle même, pendant l'année 1948, publia un hebdo de huit pages et de treize numéros, ayant pour titre KING KONG. A ce sujet, je signale posséder une reliure KING KONG à dos verdâtre, groupant onze numéros et dans laquelle se trouve le numéro 2 (alors que le BDM 2009-2010 semble ne connaître qu'une reliure à laquelle manque ce numéro 2).
RYAL
Dessin de Hogarth, 12/7/1942 (vignette réduite sur sa longueur)
Forcément Tarzan ne pouvait pas faire autrement que de rencontrer des gorilles titanesques plus ou moins imités de KING KONG.
Ici le fils de Kala la femelle risque sa peau en affrontant, sur le fuselage d'un bimoteur lancé en vol, une créature formidable, poilue comme les mille castors de Bleck le Roc
14:31 Publié dans Arts, Cinéma, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : king kong, arte, cinéma, tarzan
25.05.2009
Cloture Festival de Cannes
CHARLOTTE GAINSBOURG
PRIX D'INTERPRETATION FEMININE
14:29 Publié dans Actualité, Cinéma, Dessin humoristique, Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : festival de cannes, prix d'interprétation féminine, charlotte gainsbourg, antichrist, lars von trier, bar-zing
22.04.2009
Mein Fürher
JEUDI 23 SUR ARTE
20 H 45
" MON FURHER "
Film par Dani Levy
Le chancelier du IIIe Reich était-il un personnage comique ?
Toxicodépendant, impuissant, incontinent ... tel fut Adolf d'après ce qu'en rapporte une dame Rossignol (Le Monde 19 et 20 avril 2009) à partir du film de Dani Levy, lequel voit une « épave psychologique » dans Hitler.
Doit-on comprendre que les démocrates des années 1920 et 1930 en Allemagne ainsi que dans les pays européens de l'Ouest, furent trompés, ridiculisés et battus militairement jusqu'en 1944 par un pauvre type déficient au physique comme au mental ?
Si tel fut le cas, alors nous ne sommes pas rassurés quant à l'avenir des démocraties.
Yral
20:55 Publié dans Arts, Dessin humoristique, Film, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : hitler, dani levy, film, télévision, arte, bar-zing de montluçon
17.04.2009
Annie entends-tu ?
J'avoue : j'ignorais que Druon ( Maurice) fût encore vivant. Je le croyais mort, mort et enterré depuis belle lurette. C'est pourquoi l'annonce de son décès récent m'a porté un coup d'épouvante pareil à celui d'une bande annonce pour film de zombies.
On va, on vient et l'on s'en va.
Les médias en ont profité pour rappeler que lui, Maurice, et son oncle, Joseph, eurent l'excellente idée d'écrire « Le Chant des partisans ». Un air qui se fredonne plutôt qu'il ne se chante, ce me semble.
Seulement voilà : les communistes s'en emparèrent, comme si les couplets venaient de leurs seuls rangs staliniens ; et nous connûmes l'après-guerre où le camarade Yves Montand, débutant comme collaborateur des soviets, collait ce chant sur sa panoplie de comédien.
Faut oublier, c'est le passé, que vous dites. Je vous comprends bien : Montand en est même trépassé.
Et sa Signoret aussi, qui aimait tant regarder les enfants faire trempette dans sa piscine à Neuilly.
Donc Druon vient de quitter notre vallée de larmes. Non sans nous avoir agacés lorsqu'il était ministre de la culture, fonction qu'il confondait avec un ministère de la censure. Il y mélangeait la protection du verbe français avec la protection du pucelage des demoiselles huppées du Lycée Pascal. C'est ce qui explique qu'il ne pouvait admettre les revendications économiques et sexuelles des jeunes femmes de mai 68.
Je n'ai ni lu « Les grandes familles » ni « Les Rois maudits ». Je n'en ai pas non plus vu les adaptations pour la télé. Toutefois, étant grand garçon en 1958, j'ai assisté aux démêlés entre Jean Gabin et Pierre Brasseur dans le film tiré du roman « Les Grandes ... ». Et quand j'entendis un des deux parents ambitionner d'uriner sur les fauteuils de l'autre, je compris que dans la haute bourgeoisie l'instinct de propriété se marque comme chez les chiens.
Annie entends-tu ...
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06.04.2009
Cinéma
14:10 Publié dans Actualité, Dessin humoristique, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journée de la jupe, adjani, religion, bar-zing de montluçon
31.01.2009
Walkyrie
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21.12.2008
Derrick
Il vient de périr, Horst Tappert.
Qui ça ? Derrick, voyons ! l'inspecteur allemand Stéphan Tappert.
Depuis plus de vingt ans que la télé nous le re-rediffuse, lui et son subalterne, l'indégonflable blondinet Harry.
A croire que tous deux formaient un couple d'homosexuels auquel aucun scénariste ne voulut fournir un rôle adéquate.
Pourtant, au début, Derrick fréquentait une femme ... qui fut tôt escamotée, l'inspecteur se retrouvant célibataire, sans bobonne pour allumer le gaz sous la casserole de cassoulet.
Tout à l'opposé de notre Maigret, commissaire bien français ou, plus précisément, bien parisien. Maigret qui, immanquablement, au cours de ses enquêtes, téléphone à sa casanière épouse :
-
Je rentre. Prépare moi une blanquette de veau
-
Bon. Ne tardes pas trop, Jules
Vaine recommandation car, cinq minutes après revirement : « Je ne rentrerai pas ce soir. Je vais m'acheter un jambon beurre et un demi de bière. Repose toi bien, Madame Maigret »
Traduction : garde la niche ma rombière.
L'inspecteur Derrick, lui, n'est jamais saisi au dépourvu quelque soit le contretemps. Toujours prêt pour le charbon Derrick ! Un meurtre vient d'être commis à 10 kilomètres de Munich. Le policier à grandes jambes se rend tout de suite sur place. C'en est presque à croire qu'il n'a pas eu le temps de s'enfuir après avoir flingué la victime.
Seulement, misère ! Au fur et à mesure que les épisodes se succèdent, l'espace disponible s'étrécit et les clartés s'obscurcissent autour de Derrick. Tous les téléspectateurs ont observé le phénomène. Avec le passage des années, l'ensemble se décolore dans la grisaille les images. Pendant qu'une pudibonderie d'ordre moral s'installe, contagieuse. Conséquence : dans les premiers scénarios scénarii, de jolies filles sont présentes, effeuilleuses et dames vénales, ainsi que des épouses qu'un inassouvissement intime oblige à cocufier jusqu'à la cravate molle de leur mari. Mais par suite, tout ce sérail se vide de ses figurantes en concurrence pour l'élection de Miss Trou de Balle (concours bien qualifié puisque tout se joue dans des polars). Et les rares rescapées sont rhabillées façon quaker.
Les actions violentes disparaissent. On parle des assassinats mais sans jamais montrer un assassiné. Les décors se simplifient jusqu'à l'appauvrissement : quatre murs dont seulement trois visibles, et un bureau. Le commissariat cesse d'exister puisque la brigade de flics est supprimée. Voilà que Derrick et son collègue Harry restent seuls pour assurer la tranquillité de toute une ville. Le chef décorateur a bien laissé un téléphone mais quand ce téléphone sonne c'est comme pour annoncer que la ligne va être coupée. Tous les mouvements sont ralentis. Un bavardage à prétention psychologique se substitue aux scènes d'action. Derrick devient même philosophe, s'efforçant de faire comprendre que le crime ne peut pas être éradiqué dans les sociétés.
(Là où je ne suis pas d'accord, c'est lorsqu'il déclasse la prostitution parmi les attitudes criminelles, croyant naïvement l'expliquer par la misère, la contrainte et l'alcoolisme ; et cela conformément à la propagande religieuse anti-sexuelle laïcisée.)
C'est une série archi-connue mais qui a mal vieilli. Derrick, surtout, a vieilli plus vite qu'elle - ankylosé, terni. Lourdement abrité derrière le double hublot de ses lunettes et ne conservant pour seul éclat que son bracelet montre de vanité.
Ce n'est pas que les histoires soient insignifiantes ; elles sont plutôt habilement goupillées, et les personnages offrent des caractères bien typés. Elles exhibent sans hypocrisie la vie de chaque jour, le mensonge, le trahison, le complot. Le complot jusque dans la salle à manger de la famille quand, par exemple, des parents pour innocenter le plus aimé de leur deux fils coupable d'un meurtre, font accuser son frère, handicapé mental.
Mais pourquoi fallut-il que ces 281 épisodes policiers commencés avec hardiesse se terminassent dans un engourdissement généralisé ?
RYAL
18:16 Publié dans Actualité, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : derrick, série télévisée









