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23/06/2024

Tarzanide n° 598

 

HOMME SINGE, PAS VALET

 

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Bon ! Vous venez de lire sous l’image et vous avez compris : TAR-ZAN (Peau-nue) ne plie jamais ses genoux devant un autre homme. Prince, roi, empereur, milliardaire ou simple smicard il s’en moque bien. Même les hiérarchies religieuses ne l’impressionnent pas. Il ne se prosterne même pas devant telle ou telle divinité. Et lorsqu’il se met à quatre pattes c’est pour renifler les effluves celles d’un ami qu’il recherche, ou celles d’un tyran qu’il jure de détruire.

 

Évidemment ce ne sont là que les aventurlures d’un personnage désormais mythique dont la place auprès d’un Gilgamesh, Hercule ou d’un Adam ne se discute même plus.

 

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Dans les multiples éditions en langue française, romans ou bandes dessinées, voire spectacles cinématographiques, les exemples par lesquels TARZAN apporte la preuve qu’il ne courbe son échine en présence d’aucune hiérarchie humaine ou divine, abondent.

 

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Deux images signées Rex Maxon

 

La belle et forcément cruelle NÉMONE règne sur une cité somptueuse dominée par un dôme en or.

 

Tiens ! Tiens ! N’a t’on pas entendu parlé d’un grand prophète s’envolant au ciel depuis un dôme en or ? Merveille !

 

Le refus absolu par lequel TARZAN entend se faire respecter, voire se faire admirer lui aurait sûrement attiré les pires ennuis, jambes brisées, colonne vertébrale cassée et mise à mort, s’il n’avait profité sans y penser d’un privilège réservé aux fous : l’idiot comme le fou bénéficient souvent d’une faveur de la part des lois d’une cité : avoir le droit de dire quatre vérités désagréables à tel ou tel un monarque. César lui-même devait tolérer les ricanements du crétin ; les rois espagnols entretenaient leurs déments. Aujourd’hui encore nos tribunaux pardonnent globalement à tel ou tel individu jugé maboul.

 

Ainsi TARZAN fut-il épargné en présence de la jolie et capricieuse (encore une !) ZORA, princesse du royaume des lilliputiens.

 

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Images signées Bob Lubber

(Images quelque peu censurées. Loi de 1949)

 

Malgré tout et personne n’étant parfait, il fut un moment exceptionnel pendant lequel l’invincible Lord Greystoke allias TARZAN plia un genoux devant une jolie fille. Reine de la Cité des Lions. Cet instant inouï dessiné par Hogarth en date du 23 may 1937, se produisit peu de semaines après que Harold Foster ait cédé sa place pour l’illustration des exploits imaginaires du personnage créé par Edgard Rice Burroughs en 1909.

 

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Cette reine qui eut le privilège de voir TARZAN agenouillé devant Elle, se prénommait NAKONIA. Et savez-vous ? Les syllabes de ce prénom me rappellent l’enseigne d’un restaurant proche de Montluçon  : des Bégonias, des Hortensias, des Magnolias ou je ne sais plus quoi, la où on me servit du poulet sec comme une assiette hors service. Une salle dans lequel je me trouvai par hasard en compagnie d’un groupe d’anciens salariés de chez Dunlop.

 

Bar Zing

 

16/06/2024

Tarzanide n° 597

 

HARDI  DONALD !

HARDI PAUL WINKLER !

 

Vous ne me croirez peut-être pas mais Françoise Hardy et sa voix qualifiée de mélancolique n'intéressèrent pas ma vingtaine d’années disparue. En fait le monde « yéyé » des débuts de « Salut les Copains », j’en restais totalement éloigné. La jeune fille qui devait devenir ma femme, également, elle s’en fichait.

 

Cependant le patronyme HARDY, lui, évoquant aussi une qualité : la hardiesse du français hardi me rappelle encore l’existence ancienne d’un journal illustré hebdomadaire publié pendant l’année 1937. Eh oui : encore un truc vieillot ! … A lire il ne comptait que huit pages et, seules, deux d’entre-elles étaient imprimées en quadrichromie.

 

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Hardi !, n° 21 (14 novembre 1937)        Hardi ! N° 22 (21 novembre 1937)

  

Il n’y eut que 22 numéros et s’ils sont recherchés par les collectionneurs c’est en raison du personnage MALABAR en première page dessiné par René Giffey, talentueux et abondant. Oui, oui : je sais : pour les gamins d’à présent Malabar évoque un chewing-gum ; cette foutue gomme à mâcher dont mon instituteur prétendait me protéger : « Ça va te causer de l’aérophagie ! ». Mais pendant la jeunesse de mon père, le mot Malabar correspondait à un homme costaud, redoutable devant lequel mieux valait s'éloigner.

 

Une fois disparu pour céder sa place à L’EPATANT, l’existence passée du journal HARDI devait être rappelée au moment de la création de l’hebdomadaire Donald en 1947, un dimanche 23 mars.

 

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Personnellement j’ai toujours choisi Donald plutôt que Mickey. On sait que Donald a bien du souci avec l’éducation de ses trois petits neveux : Loulou, Fifi et Riri. Tenez : dans ma classe de l’Ecole Voltaire, en préparation du CEP, trois enfants de mon âge jouaient à se surnommer Fifi, Loulou et Riri. Il arriva que l’un des trois fut un concurrent pour moi dans la manière de dessiner des petits guignols.

 

Reste que, déjà ! Nous nous sentions avertis de ce que « Tous les garçons et les filles ... savent bien ce que aimer veut dire » comme plus tard le chantonnerait Françoise Hardy. Cependant nous, nous avions notre refrain en bordures humides du ruisseau des Etourneaux :

 

Un, deux, trois

Marie couche toi

Quatre, cinq, six

Écarte les cuisses

...

 

Mais je vous évite la suite !

 

Bar Zing

 

11/06/2024

Tarzanide n° 595

 

COQ HARDI, enfin ! !

 

Ca y est ! La commémoration relative au D. DAY 1944 s’est achevée. Et notez bien : a peine à t’on rappelé que le Président américain Roosevelt s’était d’abord abstenu de faire connaître à Charles de Gaulle la date du débarquement OVERLORD sur les côtes françaises …

 

Toutefois pendant l’occupation nazie de quatre années de la France, la situation des journaux illustrés pour enfants qu’elle était elle ? Les séries américaines ayant disparues, les bandes dessinées françaises proprement dites durent renoncer à utiliser les « bulles » ou « phylactères ». lorsque parlaient les personnages. Autant dire que presque tous les titres d’avant-guerre cessèrent leur parution à l’exception d’un ROBINSON dans les pages duquel PELLOS se tailla la part du lion. Tandis qu’apparaissait un inattendu LE TEMERAIRE d’inspiration fasciste.

 

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          ROBINSON, 25 JUIN 1944                   LE TEMERAIRE, n° 38, 1er AOÛT 1944                                            

Et alors, et après ? Retournons par imagination d’enfance jusqu’au mois de novembre 1944. Toujours en France, bien sur, où nous y rencontrons le numéro 1 de COQ HARDI créé par MARIJAC en novembre toujours de l’année 1944.

 

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COQ HARDI semble avoir été le premier magazine destiné aux enfants français à avoir signalé l’importance historique du « Grand Charles » lequel par la suite fut tant et tant dénigré par la Presse de gauche et qui …

 

- Dites donc, Bar Zing : stop ! stop ! Ne pensez vous pas qu’aujourd’hui mardi 11 juin 2024 mieux vaudrait nous parler de la déculottée subie par Macron ?

 

Doc Jivaro

 

19/05/2024

Tarzanide n° 593

POW WOW

 

Même si cette expression verbale donne à penser à de l’anglais-américanisé, la réalité en fait une grande fête indienne (Doit-on forcément dire amérindienne ?) en souvenir de la défaite des tribus « Peaux Rouges » finalement envahies par des populations immigrées de race blanche chrétiennes et venues d’Europe. L’État du Montana passe toujours pour être le plus fervent à pratiquer cette festivité mémorial : tambours et danses, coiffures emplumées et vêtements traditionnels, chants et récits nostalgiques de l’époque où d’immenses troupeaux de bisons voyageaient dans de vastes prairies.

 

Pour ma part, le petit écolier que je fus après la Seconde Guerre Mondiale, n’eut connaissance de l’épopée Far-West que dans les interprétations destinées à la jeunesse et sur lesquelles surnageaient des patronymes de chefs indiens disparus : Sitting Bull, Grazy Horse, Red Cloud, Yellow Hand (Hélas oui, pas ici écrit en langage indien !). Mais vous vous en doutez déjà : c’était l’hebdomadaire BéDé COQ HARDI qui me fournissait le plus régulièrement des informations sur le monde perdu des Amérindiens. En cela Marijac, le créateur de ce journal, se trouvait fort bien aidé par un ancien et authentique cow-boy français répondant au nom d'artiste : Joë Hamman.

 

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Notre JOË HAMMAN va t'il défier John Wayne ?

 

Mais mieux encore de la part de Marijac : la création d’un club pour les jeunes et moins jeunes lecteurs de son journal BD : la tribu des Coqs-Hardis dont le premier appel publié me paraît avoir été celui du 26 décembre 1946 dans le n° 40 du déjà cité COQ HARDI.

 

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Sitting Bull, médecin'man réfugié au Canada sous la protection de la Reine Victoria, aurait été l’inventeur d’une danse la « ghost dance » destinée à revigorer les derniers guerriers de la cause indienne. Une danse à ne pas confondre avec le POW WOW.

 

Mais souvenons-nous aussi comment nous autres enfants étions jadis peu éduqués par nos parents en ce qui concerne les vraies relations entre l’homme et la femme. Ainsi dans COQ HARDI le grand chef Sitting Bull (….) était condamné au célibat alors qu’il me semble bien qu’il pratiqua la polygamie jusqu’à épouser trois squaws pour le réchauffer sous sa tente. Ben mon gaillard !

 

Mais les amérindiens d'aujourd'hui auraient préférés, sans doute, que je vous parlasse de … Lakota Tȟatȟáŋka Íyotake ou Tatanka Youtonga.

 

Doc Jivaro

 

28/04/2024

Tarzanide n° 589

 

PIF LE C ...

 

 

- Peuh ! Ça c’est pour les gamins ! C’est pour toi, tiens !

 

Mon père venait d’éloigner de lui une toute petite BD présente dans le bas de l’une des pages du quotidien communiste stalinien « L’HUMANITÉ ». C’était Pif le Chien. Présenté sous l’aspect d’un  « comic strip ». Henri Fillipini donne l’année 1952 comme naissance de ce clebs dont les gags souvent médiocres n’auraient jamais dus être destinés à un lectorat d’adultes même prolétaires. J’approchais alors de mes dix ans et j’allais constaté que, bientôt, dans l’illustré VAILLANT le succès de ce PIF le C … allait faire disparaître PLACID et MUZO dont l’auteur était le même : ARNAL.

 

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Date du 7-10-1959

 

Le Plan Marshall des américains, plan capable d’éviter à l’Europe de l’Ouest d’être soumise à une dictature communiste débordante de l’URSS, favorisa l’apparition de bandes dessinées exportées des États-Unis jusque dans des journaux d’informations politiques. Ainsi, dans Montluçon, LE CENTRE RÉPUBLICAIN socialiste publia-t-il les aventures imaginaires d’un détective yankee : RIP KIRBY dont les images venaient du crayon d’Alex Raymond.

 

A midi, lorsque hurlait la sirène des Usines Saint Jacques, mon père s’échappait d’un des bureaux pour s’en revenir, en famille, pendant deux heures. A ce moment là il manquait rarement d’aller saluer ses vieux parents rue Championnet. C’était aussi pour lui  l’occasion de lire dans le bas d'une des pages du CENTRE REPUBLICAIN la suite des aventurlures de ce RIP KIRBY débarqué d’Outre-Atlantique.

 

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Date inconnue

 

La rue Championnet parallèle à la voie ferrée direction Limoges est coupée en deux par le ruisseau des Étourneaux en pente depuis l’Etang de Sault. Longtemps, longtemps mais vainement les habitants demandèrent à la mairie l’installation d’une passerelle … En fin de compte si j’ose dire deux murets furent bâtis chacun sur une rive. De telle sorte qu’en résultat je ne peux plus aller piéger les têtards dans le creux de ma main.

 

Mais vous allez me dire qu’il n’y a plus de grenouilles entre les roseaux du ruisseau des Étourneaux de mon enfance. 

 

Comme quoi j'ai cessé toute ma jeunesse et me  voici endossant mes 28 ans dans le désordre. 

 

Doc Jivaro

28/03/2024

Tarzanide n° 586

 

AURÉOLE

 

- Auréole ! Auréole ? Quoi c’est ça ?

 

Venais-je de prononcer un mot grossier ? Plusieurs des écoliers / écolières s’étaient regardés les uns les autres s’interrogeant, cependant que d’autres levaient le doigt en l’air montrant le plafond posé sur quatre murs.

 

C’était en 1982, une école située non loin du métro Marcadet-Poissonniers. Oui, dans le nord de Paris. Mais comment en étais-je arrivé à prononcer le mot « auréole » ? Je ne sais plus.

 

Reste qu’une gamine toute contente d’avoir la langue mieux pendue que celle de sa vosine, s’exclama : « C’est au-dessus de la tête des saints. C’est un rond. »

 

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Ovale, ronde, plus ou moins tordue en fausse perspective : l’auréole ... Le poète Prévert écrivit, caricaturant, que c’était comme une assiette à l’arrière du visage. Vérifiez ça dans les variantes de la religion chrétienne, les unes orientales, les autres occidentales

 

Cependant malgré l’omniprésence religieuse des temps antiques, la laïcité parvint peu à peu à se substituer aux représentations officielles de la théocratie. C’est ainsi que l’auréole religieuse se modifia en une forme circulaire célébrant l’importance de tel ou tel personnage de la laïcité. La politique terre-à-terre prit le relais du sacré mystique.

 

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Heil ! Lénine                                           Heil ! Staline

La circonférence d’une pièce de monnaie en URSS athée
remplaça officiellement l’iconographie orthodoxe

 

Cependant dans le domaine des illustrations de romans tout comme dans le monde de la bande dessinée il arriva que l’on exposât, (!) pareillement le héros fictif dans un cercle le valorisant par rapport aux autres personnages du récit. Et je suis à peu près certain qu’en France l’Éditeur Artima (de Tourcoing) pendant la décennie des années 50, fut celui qui employa le plus le cercle mettant en valeur la figure de l’acteur principal.

 

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4e de couverture, année 1955 du mensuel ARDAN – TIM L’AUDACE

 

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Tim l'Audace     •    Bill Tornade     •      Mais Zorro n'est pas d' ARTIMA

 

Les gens pratiquant la religion, y verront une décadence,  voire une abolition de l’auréole.

 

Mon enfance, mon adolescence passèrent. J’eus droit à ma carte d’identité mais la photo de ma binette, elle, n’eut même pas droit à un cercle valorisant. Découpée en quatre angles mais de travers qu’elle était.

 

Lorsque, quéquette dénudée, je passai le conseil de révision devant les militaires chacun tête nue. L’un d’eux demanda : « C’est vous, ça ? ». Je ne pesais alors que 50 kg pour 1,70 m. C’est sans doute pourquoi ils me certifièrent : « Bon pour le Service dans les Chasseurs Alpins », moi qui souffrais déjà de vertige debout sur une chaise en changeant une ampoule électrique.

 

On n’invente pas des trucs pareils !

 

Doc Jivaro