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30/09/2017

Les Tarzanides du grenier n° 270

 

 

Pour une majorité de gosses d’à présent, le nom de CLOSTERMANN n’est même pas un mot connu. Pour nous, les vieux seniors c’ est tout l’opposé : CLOSTERMANN pilote de chasse RAF, nous nous en souvenons par son livre Le Grand Cirque publié chez Flammarion en 1948.

 

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Mais aussi par deux versions éditées en bandes dessinées, l’une dans TINTIN, l’autre dans COQ HARDI. (Sauf qu’en réalité celle de COQ HARDI nous arriva bien avant celle de TINTIN). Celle du journal de Hergé date des années 1952/53 et fut publiée depuis le numéro 165 jusqu’au n° 186. Voici celle du n° 171 de janvier 1952. On lit qu’elle est signée de Auger. Raoul Auger.

 

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L'interprétation livrée dès 1949 par COQ HARDI est exemplaire par le dynamisme d’une mise en page capable de frapper le regard des parents autant que celui des enfants.Même que Maman trouva ces avions fort indisciplinés qui débordent des images, cassant le périmètre des carrés et des rectangles. A croire que l’artiste Christian Mathelot avait voulu suggérer autant les dangers des combats aériens que le bruit des moteurs et des explosions.

 

 

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L’ensemble réussi par Mathelot fut réédité sur un format carré, en album cartonné, année 1950, toujours chez Flammarion. Quant à Clostermann, héros français de la Seconde Guerre Mondiale, il fit à Marijac l’honneur de s’inscrire sous le nom indien de « Grand Aigle Volant » dans la tribu des Coqs Hardis.

 

Doc Jivaro

 

09/09/2017

Les Tarzanides du grenier n° 267

 

C’est dans Clermont-Ferrand, ville où le pape Urbain II prêcha la première croisade contre les guerriers musulmans envahisseurs de l’Afrique et de l’Europe, QUE Marijac donna naissance à son mirifique journal de Bandes Dessinées : COQ HARDI.

 

Ce numéro 1 daté du 20 novembre 1944, ne comporte que … 4 pages !

 

Sa réalisation fut compliquée, périlleuse même. C’est auprès des maquisards qu’il fallait solliciter une « attribution de papier » dont l’obtention dépendait alors du bon vouloir d’un commissaire militant communiste au F.N. (Le Front National de l’époque était une organisation armée stalinienne).

 

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Doc Jivaro ne possède pas l’exemplaire n° 1 devenu rarissime de COQ HARDI. Ce manque l’amène à effectuer le scanné d’une réimpression publiée en 1981 par les Éditions de Châteaudun et dont Futuropolis assura la diffusion.

 

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Le fridolin doryphore allemand se précipite tout heureux vers un journal oublié dans le paysage. SIGNAL fut le titre d’une brochure riche en photos d’engins de guerre et louant la bravoure des soldats du troisième Reich. Nombre d’invendus ayant survécus à la débâcle de la Wehrmacht, plusieurs bouquinistes parisiens en proposaient l’achat à partir des années 70, sans qu’on put interpréter leur geste comme un retour de la propagande hitlérienne. L’image de droite, quant à elle, offre l'occasion de vérifier comment Marijac pouvait signer DUM’S en rappel de son identité véritable : DUMAS.

 

Dans un intermède BD daté du 07-02-2009, Doc Jivaro se souvenait de Bison Impétueux, c’est à dire de la jeunesse de Jacques Chirac autour du totem du Sachem sans plumes de COQ HARDI. Mais l’image de référence visuelle manquait. Voici l’oubli réparé.

 

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Coq Hardi n° 14 de 1946.

 

Doc Jivaro

 

 

 

 

02/09/2017

Les Tarzanides du grenier n° 266

 

 

Deux livres polémiques ont en commun un seul sujet qui n’est traité que pour être mal-traité : La Bande Dessinée. L’un date de 1971, l’autre de 1977. Tous deux argumentent contre la société bourgeoise, ce qui revient à dire qu’ils sont biaisés à gauche.

 

 

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L’un, « Donald L’Imposteur » fut rédigé-publié dans la parenthèse du Chili d’ALLENDE, et sa traduction française s’alourdit de tout un jargon marxiste. L’autre, « La Société des Bulles » est écrit dans un langage moins codé politiquement mais dans lequel le militant syndical trouve matière à brandir le poing contre Tintin. Bref ! Cette littérature accuse notre BD occidentale de … de pervertir les enfants en ne faisant pas apparaître « Le Peuple » comme moteur principal des sociétés humaines. En résumé : l’ouvrier n’y est jamais présenté comme personnage idéalisé, héros permanent, solution définitive.

 

Et c’est vrai.

 

Et c’est d’autant plus vrai que c’est aussi vrai dans les bandes dessinées publiées dans des journaux communistes tels, hier encore, VAILLANT ou CAMERA 34. Yves Le Loup, Sam Billie Bill, Nasdine Hodja et autres Lynx Blanc et Capitaine Cormoran ne sont pas, que je sache, fabriqués à la ressemblance d’un Stakanov creusant le charbon en URSS.

 

Alors ne me gardez pas rancune d’avoir toujours préféré les moustaches des sosies Dupont et Dupond plutôt que les moustaches d’un Staline statufié puis momifié par et pour la cause de l’Internationale prolétarienne.

 

 

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Le quotidien LE MONDE, dans son supplément TV (semaine du 8 juin de je ne sais plus quelle année) aide de son marteau la faucille des derniers paysans hostiles à l’implantation d’Euro Disney en terre de Brie.

 

 

Doc Jivaro

 

 

 

 

26/08/2017

Les Tarzanides du grenier n° 265

 

- Non ! Pas celui-ci ! Je le possède à la maison ! Tu ne te souviens pas me l’avoir déjà acheté ?

 

J’avais reconnu le dessin imprimé toutencouleur sur chacune des deux couvertures. Comment ne l’aurais-je pas reconnu ?

 

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Effectivement ! Les deux couvertures se copiaient l’une l’autre, comme si les hebdomadaires reliés à l’intérieur étaient identiques. Mais pas du tout !

 

La couverture de gauche assemble les numéros de 100 à 114 ; par contre celle de droite groupe les numéros 280 à 287. Aussi fallait-il regarder à l’intérieur pour constater cette différence. Le petit libraire montluçonnais voulait bien vendre mais craignait que le gamin endommageât en la feuilletant la marchandise toute neuve. Enfin, bon ! Maman étant à mes côtés le commerçant me laissa tourner quelques pages …

 

L’éditeur Cino Del Duca payait la page de BD et non pas le nombre de dessins BD présents sur la page. Ainsi diminuait il le coût de production de ses journaux grâce à une vertu devenue cardinale chez lui : obtenir davantage d’images BD dans le journal sans avoir à accroître le nombre des pages. Le Rallic et René Giffey, deux des plus prolixes bédéistes du moment, apprirent à se conformer aux desiderata du patron. L’historien de BD conserve quelques-unes des lettres que René Giffey écrivit en se plaignant de ne plus disposer d'assez de temps pour augmenter la quantité d’images tout en conservant leur qualité. C’est que l’empereur de la Presse du Coeur demandait toujours davantage d’images pour diminuer l’espace laissé au rédactionnel. Il partait d’une idée commercialement juste : l’écolier préfère regarder des dessins plutôt que lire des textes. Un choix qui contrariait beaucoup nos instituteurs, lesquels accusaient l’éditeur italien de captiver trop facilement les clientes populaires en les détournant de la littérature dite sérieuse.

 

René Giffey et Le Rallic excellaient à tracer des personnages tels que mousquetaires ou cow boys. Mais leur talent était pris en défaut lorsqu’il s’agissait pour eux de tracer des engins mécaniques, automobiles ou avions, etc. Français traditionnels, nos deux maîtres n’utilisaient pour ainsi dire jamais le GROS PLAN. Cette absence les opposait et les oppose encore au graphisme américain.

 

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Exemples rarissimes par lesquels Le Rallic et Giffey s’essayèrent à l’art du Gros Plan.

 

Breton du terroir et « plutôt de droite » Le Rallic, cavalier émérite, s’était bâti une réputation enviable de dessinateur de chevaux. Ce qui n’empêchait pas René Giffey d’en critiquer leur silhouette : « Il les dessine toujours avec deux ou trois vertèbres en moins. »

 

19/08/2017

Les Tarzanides du grenier n° 264

 

 

Si vous apercevez ce petit bouquin dans une librairie de vieux papiers, ou à l’étal d’un des derniers bouquinistes de Paris sur Seine, ne vous laissez pas décourager par la vilaine teinte violacée de la couverture … Achetez le ! (pas plus cher que 10 petits euros).

 

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L’ouvrage, entièrement rédigé par MARIJAC, se lit facilement, regroupant des anecdotes révélatrices du métier d’auteur de bandes dessinées françaises longtemps avant que la BD devienne un sujet de débats houleux entre le psychanalyste, le marxiste et l’infographiste barioleur qui ne jure que par l’industrie « tape à l’œil » des mangas.

 

Seul reproche à l’écriture : MARIJAC s’est trop abstenu de préciser les dates les plus importantes de sa longue carrière entre le journal confessionnel Cœurs Vaillants ET la Rolls-Royce de Cino Del Duca.

 

Petite remarque : en page 62, la planche BD no 216 du SITTING BULL dessiné par Duteurtre est imprimée avec la date historique de 1876. Grazy-Horse et le Général Crook vont s’affronter … Mais lorsque cette planche fut publiée dans COQ HARDI du 21 décembre 1951, la date de 1876 était modifiée en 1976. Il fallait inciter les jeunes lecteurs à participer à un prochain concours d’anomalies introduites dans le journal. Ce n’est pas moi qui ai gagné le poste de TSF.

 

 

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Me semble même qu’à l’époque les nombreux petits commerçants montluçonnais du quartier de la Ville Gozet organisaient, eux aussi, des recherches d’anomalies dans leurs vitrines.

 

Bon, tout le monde parle de vacances. C’est bien connu moins on en fait, moins on veut en faire.

 

Doc Jivaro n’échappe pas à ce vice.

 

Doc Jivaro

 

12/08/2017

Les Tarzanides du grenier n° 263

 

 

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Les deux bandes ci-dessus et comportant neuf vignettes datent du 31 décembre 1946.

Les deux autres bandes du dessous, quant à elles, furent publiées pendant le deuxième trimestre de 1949, et n’ont qu’une ressemblance partielle à celles du haut. Toutes les quatre pourraient s’apparenter au « Jeu des sept erreurs » tel que vous le connûtes peut être dans l’ancien FRANCE SOIR des années 60 (de 1900 bien sûr). Sauf qu’ici ce n’est pas la malice qui intervient comme par plaisanterie mais la censure qui atrophie, qui mutile. (Évidemment ce n’est pas l’absence de toute couleur dans le second exemple qui en différencie la signification d’avec le premier).

 

 

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Le texte et les dessins ont été amoindris pour se prémunir contre la prochaine loi votée en juillet 1949, loi par laquelle le curé en soutane noire et l’instituteur en blouse grise, oubliant momentanément leurs vieilles rivalités, se faisaient complices pour porter préjudice autant aux bandes dessinées françaises qu’américaines. Ils prétendaient assagir notre enfance en affadissant le contenu de nos magazines riches d’histoires en images. Mais leur action eut surtout pour effet d’appauvrir nos journaux français durant une petite dizaine d’années, petite dizaine d’années durant laquelle des illustrés concurrents venus de Belgique et d’Italie gagnaient de plus en plus en séduction auprès de nous.

 

Bonnes vacances à tous.

 

Doc Jivaro