15/02/2026
Tarzanides n° 674
El Santo
Du Diable je le connaissais pas. De Dieu non plus. Et tu vas nous en parler ? Bien sûr que oui depuis que je me suis attardé sur un film d’origine mexicaine passé sur Drive in Movie Channel ou quelque chose comme ça : Le Trésor de Dracula. C’est le justicier El Santo qui s’empare de ce trésor non pas pour sa pomme, mais pour le rendre aux victimes. C’est l’amateur de bandes dessinées et dessinateur de BD qui vous en fait l’aveu : son ignorance quant à l’existence de cet El Santo.
Voyant le masque sans voir le visage, je me suis dit que ce type là, ce lutteur mexicain, ce catcheur, ce professionnel de la « Lucha Libre, » (Merci Wikipédia), me remettait en mémoire un autre acrobate du ring célèbre vers la fin des années 50 : L’Ange Blanc. De sa véritable identité Jacky Montellier ? A ce moment là le poste de TV n’était pas partout présent dans les familles ; et les gérants de cafés publics et de bistros comprirent vite comment racoler plus de clientèle en soirée : présenter un écran de télé au-dessus du comptoir et les spectacles disponibles pour les seuls consommateurs. C’est ainsi qu’au sortir de l’École des Beaux-Arts de Bourges, chaque vendredi soir, nous nous réunissions à une bonne dizaine dans l’arrière salle du Café de la Poste. Et en avant pour le catch ! ce spectaculaire affrontement dont toutes les acrobaties « violentes » étaient combinées par avance. Notre Ange Blanc combattait pour punir les « méchants » ses rivaux. L’un d’eux, me semble t’il portait un surnom terrible, bonnes gens : Le Bourreau de Béthune. Et plus tard, beaucoup plus tard, il me sembla ouïr que cet athlète « Attrape comme tu peux » de Béthune avait exercé comme garde du corps d’un certain candidat français : Le Pen. Mais je n’ai pas vérifié.
El Santo affronta Dracula dans le film ne change rien à la qualité d’un nanar de Nanarland. Tous les amateurs de la Silicon Valley apprécieront pendant quelques minutes du début une dizaine de jeunes actrices quasiment nues et dont les nichons pointent en l’air comme des obus ainsi que les aimât l’ancien journal « Le Hérisson ».
El Santo
El Santo se traduit par Le Saint, sans aucun jeu de mots relatif au paragraphe précédent évoquant tout un étalage de seins.
Ce soir du dimanche 15 février 2026, après que la neige soit tombée verticale sur mes propriétés, j’ai donc fait l’aveu de mon ignorance passée de peu quant à ma méconnaissance de l’existence du champion El Santo, vrai mexicain, vrai lutteur de haute race puis vrai personnage de la BD et du cinéma. Mais est-ce El Santo qui donna naissance à l’Ange Blanc ou l’inverse ?
Bar Zing
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01/02/2026
Tarzanides n° 673
D’antiques sans-culottes
Au premier coup d’œil – même l’oeil d’un Lynx à Tifs – voit simplement du normal dans cette première page du SPIROU n° 1376 de l’an 27 août 1964.
Du normal qui convient alors à la Loi datée de 1949, votée par les catholiques papistes et les communistes staliniens. Une LOA prétendant supprimer toute allusion en dessous de la ceinture dans les illustrés BD éditées en France. En réalité, le but sournois de ces messieurs-dames était de parvenir à handicaper commercialement tous les journaux destinés à la jeunesse puisque leur achat dépendait de l’argent fourni par l’environnement familial. Cathos et Cocos débutèrent toute une campagne diffamante par laquelle ils affirmaient que toute bande dessinée ne provenant pas de leur Chapelle ou de leur « Maison du Peuple » incitait les enfants à commettre des actions malhonnête.
Donc, ici, SPIROU, année 1964 ... Les croyants religieux parlent plus volontiers d’un être humain plutôt que de la réalité de l’animal humain. Un bipède dont tous les organes se sont développés dans la filiation de ceux des animaux. Mais insistez dans une conversation relative à l’existence naturelle de l’humain : manger, digérer, déféquer ; et il y aura souvent un religieux pour affirmer que nous ne sommes quand même pas semblables aux singes puisque nous possédons une ... âme. Eux pas !
L’âme ? Je l’avais oubliée celle-ci ! Il y eut même des années où, dans les Beaux Arts de Paris, plusieurs apprentis rapins comme moi certifiaient que Michel Ange et Léonard qui disséquaient les cadavres humains, étaient en réalité à la recherche de ... l’âme. Il y eut même un des mes contradicteurs qui affirma qu’un savant - ? – avait constaté qu’un corps humain mort pesait moins lourd que vivant, et que la perte de poids était toujours identique que le mort soit gros gras ou maigre osseux.
- Et le petit poids constamment manquant apportait la preuve de l’existence de l’âme.
Sans blague ! Et moi qui croyais que l’âme immatérielle donc sans poids. Alors vous pensez bien que je retourne tout de suite à SPIROU n° 1376. Et tenez ferme votre ceinture de sécurité. A l’intérieur de cet hebdomadaire pages 36-37, existe un petit reportage à propos du sport et des compétitions sportives chez les grecs antiques : le PENTATHLON.
- Le pantalon ?
N’blaguons pas là-dessus ! C’était hyper sérieux les fêtes païennes d’Olympe. Le saut en longueur, la boxe, la lutte, etc ... etc ... les hommes en étaient les seuls athlètes concurrents, souvent même entièrement dénudés.
Et figurez-vous que dans ce numéro de Spirou deux dessins + ou – copiés sur des graphismes grecs d’époque, apparaissent, représentant deux messieurs vus de profil, chacun avec son zizi bien visible. C’est en ceci un record absolu parmi les magazines destinés aux enfants français d’avant le déjà mythique Mai 68 ! Doux Jésus ! Quelle honte t’honteuse !!
Mais le plus rigolo, si j’ose encore dire, c’est que les jeunes filles et les femmes mariées étaient interdites de présence pendant ces jeux olympiques en Grèce. Les seules dames autorisées par leur présence utile aux hommes, étaient des femmes, jeunes ou âgées, généralement archi-jalousées et insultées par les autres femmes. Devinez lesquelles
Bar Zing
19:05 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Blog, Fanzine, Grenier de la BD, Journaux, Media, Moeurs, Sexualité, Société, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tarzanide du grenier, spirou 1964, loi 1949, pentathlon, moeurs, doc jivaro, fêtes olympiques grèce antique, olympe, sans-culottes
21/01/2026
Tarzanides n° 672
Avec Raymond, Prentice
Ce jour, feuilletant La Montagne quotidien de papier, j’ai stoppé sur la page ... Des obsèques.
Cette page était, si j’ose dire, la rubrique préférée par ma grand-mère paternelle pendant les années de mon enfance. Mais pas dans La Montagne (dans le Centre Républicain). Quant à moi dans ce même journal ce que je venais lire c’était une BD d’origine r’américaine titrée RIP KIRBY. Un chef d’oeuvre du genre créé par Alex Raymond puis prolongé par un de ses élèves John Prentice. Celui-ci amplifia dans les vignettes les jeux noirs et blancs du graphisme.
Plus tard les lecteurs – trices de l’illustré SPIROU parmi ceux - celles qui ne connaissaient pas encore le fameux détective Kirby, apprirent son existence grâce à un article signé par Morris.
Nous étions alors dans le numéro 1438 de SPIROU, en date de 1964 ou 65 ... Et cet illustré fameux préparait la reconnaissance officielle des valeurs artistiques et littéraires des bandes dessinées les mieux réussies. C’était bientôt la consécration d’un Neuvième Art.
Reste que j’ai relu deux fois l’avis de funérailles de Monsieur ... Fleurdebite.
Je suppose qu’au moment de la récrée ce Monsieur pendant sa scolarité en entendit des vertes et des pas mûres dans le bac à sable.
Bar Zing
17:40 Publié dans BD, Blog, Grenier de la BD, Journaux, Société, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tarzanide du grenier, rip kirby, alex raymond, journal la montagne chronique nécrologique
05/01/2026
Tarzanides n° 671
Mille castors !
Les Homards rouges !
Pour nombre de montluçonnais d’une génération d’avant la mienne le mot KIWI n’indiquait guère qu’un cirage noir pour les chaussures.
- Mais quand même, aussi, le nom d’un oiseau j’espère.
Bien sûr ! Même si mes voisins de la rue Championnet au lendemain de la Seconde Guerre Internationale, voyaient bien plus d’étourneaux tourbillonnant et d’hirondelles alignées en notes de musique sur les fils électriques, que l’oiseau de Nouvelle Zélande. Quoiqu’un autre genre de coucou traversait les airs au-dessus de notre jardin : un biplan à essence commençant sa descente pour atterrir sur l’ancien champ de courses changé en terrain d’aviation.
Quelques baraquements en planches étaient installés sur ce même lieu. Était-ce là dedans que s’abritait Oudina ou Oudinat ? ...
- Attention Bar Zing : tu m’as promis de parler de BD. Pas du FLN.
C’est vrai et je n’en dévie pas.
La couv' du premier numéro résume la lutte des américains
venus d'Europe mais pas du tout d'accord
pour subir l'exploitation imposée par le gros colon anglais.
C’est en 1955 que fut commercialisé pour la première fois en France le mensuel KIWI. C’était un petit format (pockett) 130 X 180 doté de 132 pages. Mes copains et moi étions plutôt habitués à feuilleter des illustrés de grandes dimensions ... Moins de pages 16 ou 24 mais des images plus larges devant nos yeux.
- Tu parles ! Tu prends 4 pages, tu les plies en deux t’en obtient 8. C’est le commerçant qui gagne à chaque coup, mon pote. Et l’éditeur aussi : les pages plus nombreuses d’être plus petites et sont sans couleur.
N’empêche ! Deux séries BD à l’intérieur de ce KIWI débutant allait captiver mon entrée dans l’adolescence. L’une c’était Le Petit Trappeur, l’autre Le Petit Duc. Dans la première le grand costaud blond se nommait Blek le Roc ; et dans la seconde Stenka, invincible précepteur du jeune Mirko.
Cependant et pour justifier le titre du nouveau magazine, deux, trois petites histoires humoristiques animant un oiseau fantaisiste baptisé KIWI, étaient imagées par CEZARD déjà bien connu pour avoir créé Le Petit Fantôme pour le comic pro-soviétique VAILLANT.
Kiwi l'oiseau vu par Cezard
Et si je viens de vous parler de ce Kiwi dont les ailes sont de papier c’est parce que son tout dernier numéro (le 582) fut publié en décembre 2003 – Janvier 2004 ; et que ces jours ci nous sommes tous aussi en début d’une nouvelle année.
Mais le dernier numéro en 2003 affiche une couv' tellement banale
qu'on croirait que le puissant Blek Le Roc part à la chasse au lapin de garenne
en ne s'armant que d'un fusil chargé à blanc.
- Mais dites donc : avez vous conservé le n° 1 que les collectionneurs ne s’arrachent pas puisqu’il n’en subsiste que de rares exemplaires d’origine.
Et que bien des revendeurs à la sauvette refilent le fac-similé de mars de l’année 2000 comme si c’était bel et bien l’original. Et moi, l’original que je possédais je l’échangeais contre je ne sais plus quoi avec un collégien de mon âge qui demeurait dans les hauteurs de Châtelard.
Et en guise de conclusion je signale tout particulièrement le style graphique de DEVI ou DEVITA, je ne sais trop. Quelques unes de ces images me semblaient venir d’une sorte de démence. Lorsqu’un de ses personnages saute du haut d’une montagne, ou escalade (oui !) des escaliers semblant interminables. Ainsi comme dans quelques-uns de vos rêves où nous planons au dessus d’une rue qui nous familière dans la réalité. On croirait que DEVI néglige toute pesanteur ou, plus exactement, que deux gravités équivalentes s’opposent l’une l’autre retenant entre elles et en suspension un héros comme soudain démuni de son poids.
Signé DEVI, année 1956, dans le magazine PIPO n° 92
L'Aigle de Clermont
Et tiens, justement ! Dans le numéro ultime de Kiwi (582) on peut apprécier une réédition du « Marais ensorcelé » de même que nous assistons au terminus de la réédition du 44e épisode du Petit Duc.
Tout ça signé du fameux DEVI.
Bar Zing
17:13 Publié dans BD, Blog, Fanzine, Grenier de la BD, Journaux, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : devi, kiwi bd mensuel, éditeur lug, éditeur semic, devita, blek le roc, fac-similé kiwi, cezard
01/01/2026
Souhaits Janvier 2026
Chaque Premier de l’an nouveau, le gamin que je fus recevait des cadeaux, les plus matinaux venant de la famille, les autres du voisinage le plus proche.
C’était le quartier de Beaulieu, bien avant la construction des HLM de la Ville de Gozet.
- Et l’on vous offrait quoi ?
Principalement des boîtes de MECCANO. Un garçon bien né devait apprendre le tourne vis et la clé à molette. Les filles, elles, le tricot et l’aiguille à recoudre les boutons de culotte ...
- Pauvre môme pâlotte.
Et pourtant mes cadeaux préférés me venaient de deux familles de cousins, l’une Mésotten, l’autre Tournaud, chacune ayant vite compris vers quoi battait mon cœur. Les livres, illustrés ou pas. J’eus le bon goût d’en garder quelques uns dans une armoire haute comme un plafond d’où ma grand mère paternelle avait expulsé toutes les lingeries de feu Monsieur frère de Louis XIV.
Editeur Flammarion, année 1942
Des décennies passèrent, moi avec elles ; vous aussi, non ? Puis tout au début des années 90 de 1900 mon épouse et moi écoulions nos congés d’août dans une grande demeure située à Cusset, cité médiévale. Cette habitation familiale hébergeait deux cousines germaines âgées qui nous invitaient à partager leur repas. Un soir que nous avions bien bavardé de tout et de rien, l’aînée se leva en s’exclamant à mon attention : « Puisque vous aimez les histoires illustrés je vous offre deux livres ».
Tante Marie-Thérèse devant sa machine à coudre et que mon crayon “ croqua ” sans qu’elle s’en aperçut.
On la reconnaît bien de dos ! (Fut le commentaire ambiguë de sa sœur Tantine)
De cette façon je me suis retrouvé lecteur de l’Oncle Hansi, lequel fit aussi sa réputation comme illustrateur.
Mon Village, éditeur Floury, année 1913
Le Paradis tricolore, éditions Floury
- Hansi ?
Oui ! Le tambour et le clairon d’Alsace lorsque les français ne digéraient pas l’annexion de notre Lorraine par les Prussiens en 1871.
- Baïonnette au canon, les gars ! Rosalie va tricoter les tripes des boches !
Stop ! Stop !
Bar Zing vous souhaite à tous et toutes une bonne année 2026 ; exception faite à nombre d’individus parmi lesquels le stalinien Poutine.
Bar Zing
18:53 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Blog, Fanzine, Grenier de la BD, Journaux, Moeurs | Lien permanent | Commentaires (0)
21/12/2025
Tarzanides n° 670
ORGIE, BAMBOULA, PARTOUZE
- C’t’année pour les fêtes du 25 décembre puis du 1er janvier, ça ne va pas être vraiment la joie. Y a des coups de couteaux partout, l’Etat va nous pomper nos économies etc., etc.
Entre voisins « visages pâles » ça ne sera donc pas la Bamboula. Ce mot utilisé depuis, nos anciennes conquêtes coloniales, ne sert plus simplement à désigner une sorte de tambour africain mais une danse bruyante alimentée d’alcool raconte t'on. Cependant ce même terme fut aussi employé comme titre d’une bande dessinée qui n’a pas laissé beaucoup de présence dans les mémoires de ma génération française née en 42.
L’illustré ci-dessus venu de l’Editeur ROUFF et daté de juin 1953, doit toutes ses images à un artiste né en 1895, connu sous le pseudonyme : MAT. Le style de Mat ne m’était pas inconnu pendant ma scolarité : il dessinait un Baby Balluchon dans l’hebdo COQ HARDI. Quant à la série BAMBOULA je n’en achetai pas un. Il se peut donc que les rares numéros que je détiens viennent d’un lot de vieux journaux en vrac et acheté sans tri dans telle ou telle brocante du triangle Paris-Lyon-Montluçon. La collection BAMBOULA compte 11 ou 12 numéros ... Pourquoi pas 9 ou 14 ? Je m’en fiche. Reste que chaque numéro agrafé deux fois en sa double page centrale est peut-être une ruse d’éditeur : le grammage du papier étant assez fort, l’enfant-client avec l’argent de Papa et Maman, avait sans doute l’impression d’acheter un journal contenant bien plus de 16 pages.
En même temps que ce BAMBOULA, l’éditeur ROUFF produisait la famille Bigorno de même format mais illustrée par A. Perré. Un vieux de la vieille.
Signalons qu’un éditeur nommé de Varly, pendant le début des années 80 de 1900 crut pouvoir rééditer le sympathique BAMBOULA sans en avoir au moins l’autorisation tacite de tous ceux qui, à ce moment là, dénonçaient du racisme dans toute BD européenne utilisant des personnages de physionomie noire. Le belge Hergé ayant été la première victime de l’accusation, il fallut bientôt que Mandrake de la Mandragore se sépare de son fameux serviteur devenu son ami : Lothar (puisque noir).
Quant à l’éditeur Rouff du Boulevard parisien Vaugirard pendant les années 30 il était déjà connu pour imprimer les romans destinés à la jeunesse. Je pourrais vous en lancer à la volée des poignées après n’en avoir lu que quelques uns. En voici déjà un éventail.
- Dis donc, Bar Zing : tu fais court aujourd'hui. T'as l'air lassé.
- Lassé ? C'est vrai. Je fatigue de serrer mes souliers.
Bar Zing
18:00 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Blog, Fanzine, Grenier de la BD, Journaux, Media, Société, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rouff 1933, bamboula, bigorno, mat, bd rouff, bd 1953, bandes dessinées de collection



















