06/08/2016
Les Tarzanides du grenier n° 223
Tout à fait par hasard, mon regard s’est arrêté sur une brochure d’aspect roman photo dont j’avais oublié jusqu’à l’existence parmi de vielles piles de journaux délaissés.
Voici l’objet tel qu’il m’apparut, c.a.d. oublié dans un emballage en plastique transparent trop large pour lui.
Mais le plus inattendu c’est l’étiquette collée sur l’enveloppe plastifiée. On y lit un avertissement en deux langages. Mon instituteur et mon curé en auraient bien été satisfaits puisqu’il s’agit d’un conseil incitant les parents à tenir leur enfant éloigné de toute fréquentation mauvaise. Et, TARZAN, à coup sûr, fut longtemps une compagnie honnie par mes éducateurs, autant qu’elle l’avait déjà été par les maîtres de mon père lorsqu’il portait tablier d’écolier.
Qui donc rangea TARZAN dans cette pochette, et oublia l’y avoir rangé ? Forcément l’auto proclamé Docteur Jivaro. Fut-ce de sa part un clin d’oeil humoristique ? Mais d’abord, d’où provenait l’emballage ? … J’interrogeai ma femme, qui calma mon angoisse métaphysique. « Si tu avais eu la curiosité de regarder au dos, tu aurais vu la deuxième étiquette sur laquelle est marqué : Jupe Taupe. C’est moi qui ai acheté une fringue. Où ça ? En tout cas pas à Montluçon. Il ne faut pas laisser ce sac à portée des enfants qui risqueraient de s’étouffer en s’amusant à fourrer leur tête dedans. Voilà, Monsieur ! ».
En réalité, cette brochure de 52 pages n’est pas une brochure : ni agrafe, ni même épingle à nourrice. Ses feuilles pliées se tiennent entre elles cousues par un fil blanc. Les photographies imprimées en Belgique sont sélectionnées d’un film fourni par la MGM durant l’année 1936. Quel titre ? « Tarzan escapes » … C’est le troisième film joué par le couple WEISSMULLER / MAUREEN O SULLIVAN. C’est aussi, malheureusement, celui qui prépare le déclin du genre, sous le couperet d’une censure obsédée de pudibonderie et baptisée Code Hays.
En couverture de cette revue cinématographique, le visage d’un beau garçon. Visage calme abritée sous une chevelure figée. On voit que le peigne est passé après la douche matinale qui vous pleut dessus jusqu’à ce que la raie du cul serve de gouttière. Allez ! Je parie qu'à l'époque l’Editeur voulut principalement s’attirer un public féminin. Celui de midinettes sentimentales rêvassant devant la physionomie d'un acteur plutôt que de se compliquer la cervelle avec les méandres d’un scénario.
Toutefois, sur la treizième page, un peu de lecture apporte une précision quant à la qualité du personnage principal.
- C’est Tarzan ! … Le grand singe blanc … Il est JU-JU ! …
Dans le parler d’européens coloniaux s’entretenant des croyances religieuses de traditionnels peuples noirs animistes, ‘Yu-Yu’ signifie ‘sacré’.
Que TARZAN ait accumulé des victoires jusqu’à mériter d’être couronné « sacré » vous n’en fûtes jamais informé par vos bandes dessinées d’enfance, avouez-le.
Rendons-nous à l’évidence : une sorte d’OVNI peut rester suspendu entre les cuisses d’un acrobate.
Doc Jivaro
17:31 Publié dans BD, BD anciennes, Fanzine, Film, Grenier de la BD, Media, Moeurs, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : société parisienne d'edition, tarzan, métro goldwyn mayer, bd tarzan s'évade, maureen o sullivan, code hays, sol lesser, ju-ju, bande dessinée ancienne
30/07/2016
Les Tarzanides du grenier n° 222
La proximité des Jeux Olympiques du prochain mois d’août 2016, est l’occasion pour nombre d’opinions politiques de ramener sur le devant de la scène le souvenir des Jeux Olympiques de 1936 à Berlin, lorsque l’Allemagne était gouvernée par le Chancelier Hitler escorté de tout son Parti National Socialiste. Un anniversaire de quatre vingts ans en quelque sorte.
Cependant vos média oublient de signaler la présence de TARZAN dans ce même stade berlinois de 1936. En effet, le « Roi de la Jungle » participa à l’épreuve sportive qui les symbolise toutes : le Décathlon. Une participation incognito, sous l’identité américaine de Glenn MORRIS. Ce fut donc sous un nom d’emprunt que TARZAN remporta – cela va de soi ! la compétition la plus épuisante. C’est ce que relate plaisamment Guy Deluchez dans son ouvrage : Moi, Tarzan, publié en octobre 2010 chez l’Éditeur SEUIL.
Lorsqu’il s’en retourna dans sa forêt africaine natale, TARZAN / Glenn Morris souffrait des pieds qu’il s’était malmenés dans des chaussures citadines auxquelles il n’était pas habitué.
Mais, attendez, ce n’est pas tout ! Glenn Morris, sans même s’être lavé de sa sueur sous une bonne douche, se lança au cou d’une jolie femme qui le photographiait d’une façon glamour.
- Moi, Tarzan ! Toi, Jane ! s’écria t’il tout heureux.
C’était une erreur de casting ! Il venait d’aborder impétueusement Léni RIEFENSTAHL. Une artiste cinéaste de très grand style, tout autant jolie fille que sportive habituée aux rudes bourrades de la S.A. Elle était surtout la protégée d’Hitler. Aussi remit-elle énergiquement de l’ordre dans l’échange verbal :
- Moi Léni ! Toi pas Tarzan !
Et, effectivement, à ce moment là, Glenn Morris n’avait pas encore endossé (si je puis dire) le fameux cache-sexe en peau de léopard. Car cet homme n’incarna qu’en 1938 et dans le film TARZAN’S REVENGE, le personnage inouï créé par E. R. Burroughs.
Léni RIEFENSTAHL vivra jusqu’à l’âge de 101 ans, gardant une activité positive dont s'enrageaient ses ennemis. Notamment, elle réalisa, en Afrique, au Soudan, un reportage cinématographique sur la tribu des Nuba de KAU.
Nous aimerions bien apprendre que ce beau reportage en date de 1975 fut réalisé en souvenir d’un certain Glenn Morris/Tarzan mort en 1974.
Doc Jivaro
19:13 Publié dans BD, BD anciennes, Grenier de la BD, Histoire, Sport, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tarzan, glenn morris, léni riefenstahl, berlin 1936, tarzanides, les dieux du stade, rio olympique 2016, joseph goebbels, tarzan’s revenge, bd, bandes dessinées de collection
23/07/2016
Les Tarzanides du grenier n° 221
Jacques Dumas alias Marijac, fondateur de l’illustré Coq Hardi n’aimait pas du tout TARZAN et se plaisait à en dénigrer le comportement. Cependant reconnaissons à Marijac une attitude assez loyale vis à vis de son redoutable concurrent dans la bande dessinée : il le caricatura, le tourna en dérision mais ne s’engagea pas officiellement auprès d’associations politiques ou de ligues religieuses visant à détruire le héros de Burroughs. Il se contenta de ridiculiser le personnage TARZAN, sans comploter à faire disparaître le journal du même nom.
C’est dans le numéro 216 de la sixième année d’existence de Coq Hardi que commence PATOS, une BD humoristique avec des animaux africains dessinés comme pour des pantomines de clowns. PATOS est un éléphanteau naïf, donc gentil. Tout le contraire du singe que Marijac décrit comme sournois et voleur, aussi lâche que traître, et dont il va jusqu’à écrire qu’il n’est que : l’infâme TARTEZAN.
Une histoire simplette, pour petits enfants sortis à quatre pattes du berceau. Elle se déroule pendant trente quatre planches hebdomadaires, pour se terminer dans le numéro 3 d’une Nouvelle Série COQ HARDI (14 décembre 1950). Assez bizarrement, c’est par une planche numérotée 4 que les marionnettes animales entrent en scène. Où se cachent donc les trois précédentes ? En réalité, ce PATOS de 1950 n’est que la reprise quelque peu modifiée du PATOS de 1939.
Ce scénario n’ajoute rien au talent de Marijac qu’il dévaluerait plutôt ; et ne nous sert guère, ici, qu’à montrer un des exemples par lesquels les auteurs de Bandes Dessinées Françaises entendaient dissuader les enfants de fréquenter un héros créé par un américain.
Tartezan ? Avec ce mot inventé pour rigoler en compagnie de gamins, Marijac se faisait peut-être, et sans le prévoir, le tout premier « entarteur », devançant d’à peu près cinquante ans Noël Godin l’entarteur de l’intello infatué Bernard Henri Levy.
Mais que messieurs les entartés de crème et de sucre ne se plaignent pas trop : ils ont échappé au goudron ainsi qu’aux plumes.
Doc Jivaro
10:00 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Fanzine, Media, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : burroughs, patos, tartezan, marijac, coq hardi, tarzan, jacques dumas, bd, noël godin, henri filippini, doc gynéco, bhl, bandes dessinées anciennes, illustrés pour enfants
14/05/2016
Les Tarzanides du grenier n° 212
Du phénomène TARZAN, les vrais collectionneurs sont des maniaques dénués de tout sens du commerce. Nous les voyons capables de payer trop cher un bout de papier imprimé à l’effigie de leur marotte, qu’ensuite ils n’oseront jamais revendre même pour un bénéfice. Et c’est aussi par une sorte d’éclectisme masochiste qu’ils s’offrent autant des œuvres célébrant leur favori que d’autres œuvres le dénigrant jusqu’au ridicule.
Sûrement inconnu de vous tous, professionnels ou amateurs, voici :
Outre la photocopie pleine page servant de couverture à cette historiette humoristique, Doc Jivaro garde cinq autres photocopies jumelles des cinq pages originales dessinées à l’encre de chine.
Le nom de l’auteur est rendu illisible par sa signature. Cependant on devine que le paraphe se termine par le nombre 81. Un grossissement – loupe en donne certitude : il s’agit bien de l’année 1981. Une preuve peut être est dans la deuxième image de la cinquième page, où nous lisons une inscription en caractères gras : « Le Grand Débat ». En effet, l’année 1981 fut marquée par la confrontation télévisée entre Mitterrand et Giscard d’Estaing.
- Je n’aime pas beaucoup ces manières, je ne suis pas votre élève …
Le Doc Jivaro auto proclamé que je suis, profite de cette réplique pour rappeler que les promesses politiques servent toujours à piéger un électorat mais que les bananes servent parfois à engraisser un TARZAN jusqu’à le rendre incapable de passer dans l’intervalle de deux des barreaux d’une cage.
C’est le sujet comique raconté par « Comment capturer un TARZAN ».
Ryal
10:44 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Grenier de la BD, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tarzan, bd, bandes dessinées anciennes, parodie tarzan, phénomène mondial tarzan
24/04/2016
Dimanche, jour du Seigneur n° 7
Une des premières choses à retenir c’était d’apprendre LE signe de LA croix.
- Au nom du Père, du Fils, du Saint Esprit, amène !
- Non ! c’est pas « amène ». C’est AMEN. Si tu viens pour plaisanter tu vas déchanter.
Notre famille ne pratiquait pour ainsi dire jamais.
Le baptême, la confirmation, le mariage, l’enterrement et ça y était, hop ! Hop ! 2000 ans de christianisme étaient franchis en trois ou quatre enjambées.
La situation de ce brave gars était vraiment désespérée. Aussi m’efforçais-je en pensée de lui apporter un supplément de courage.
Ryal
10:43 Publié dans Education, Moeurs, Religion, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tarzan, catéchisme, montluçon paroisse saint paul, jesus christ, souvenirs d'enfance
16/04/2016
Les Tarzanides du grenier n° 208
Figurez-vous qu’il existe une « Collection 13 » de bandes dessinées mise sur le marché de l’année 1946. Les « Éditions Paris-Solde » en assuraient la production sans un tambour, sans une trompette, chaque numéro étant écoulé au prix de 5 francs de l’époque.
Par comparaison et toujours en 1946, l’hebdomadaire TARZAN (de retour après quelque cinq années d’absence) se commercialisait au prix de 10 francs. Les BD qu’il exposait étaient d’une qualité fort supérieure à celles éditées par PARIS-SOLDE, cela va sans dire.
C’est l’orthographe qui doit tirer « Veangeance » des Thugs – Tueurs religieux.
Aucune image n’est signée. Le scénario, plus bref qu’un Pépin, reste aussi anonyme. En fait, il ne s’agit que d’une grande feuille à l’italienne et de dimensions 65 X 25 cm pliée perpendiculairement en deux sur sa longueur. Les vignettes sont rapetissées afin d’en faire tenir un bon nombre sur trois pages.
Lecture ouverte du « Mystère du Commodor »
Les exemplaires ne sont pas numérotés. Ce qui permet à certains marchands « en ligne » d’à présent de proposer tel ou tel exemplaire comme étant numéro 0 et, donc, faire croire qu’il est rare. Ainsi pour le titre « Le mystère du Commodor » ou encore pour le titre « Infernal complot » le prix pouvant grimper jusqu’à 10 euros chaque. Libre à vous de jouer au dindon.
Docteur Jivaro ne détient que 11 exemplaires de cette « Collection 13 ». Un lot d’occasion qu’il trouva, il y a longtemps « au cul du camion », sous l’éclairage remuant d’une lampe de poche, quand la nuit n’en finissait pas de reculer l’arrivée de l’aube sur le marché aux Puces de Montreuil.
Doc Jivaro (MFCL)
09:14 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Fanzine, Grenier de la BD, Journaux, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris-solde, collection 13, les thugs, bd, bandes dessinées anciennes, tarzan, bd récits complets 1946