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13/10/2018

Les Tarzanides du grenier n° 319

 

– Tu nous as signalé que le Pillou-Pillou de POPEYE se nomma TSOIN-TSOIN dans la première traduction française alors que Popeye lui-même s’y appelait Mathurin.

 

Deux montluçonnais de ma génération venaient de m’adresser cette remarque, quand nous en étions à feuilleter de vieux livres dans la boutique du dernier bouquiniste de la Ville dont Marx Dormoy fut le maire.

 

 

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Me semble qu’il y eut trois albums de ce titre édités par TALLANDIER. Mais il suffit d’en lire un seul pour vérifier tout de suite que Popeye s’y trouve changé en matelot de Marseille. Et que pour ce qui est de son œil borgne celui-ci interprété comme un œil « poché au beurre noir ». Enfin des exclamations telles que dubled, jobard, pechère, quinquin ou encore galapiat et galéjade confirment l'ambiance de l'ancienne cité phocéenne sans avoir à pousser la mystification jusqu’à conter l'histoire de la sardine qui bouche le port de Marseille.

 

Et maintenant, regardons la couverture scannée ci-dessous où Popeye Mathurin voisine avec ... avec Betty Boop, la piquante starlette en mini jupe des années trente. À ce propos, souvenons-nous que le gaillard mangeur d'épinards n'est jamais insensible à la présence des jolies filles. Sans oublier que le gonflement anormal de ses avant-bras suggère une disponibilité sexuelle permanente.

 

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 La proximité des deux personnages devenus marionnettes de films d'animation, est encore une des preuves quant aux nombreuses correspondances entre le cinéma et la bande dessinée. (Ici, la jarretière de Betty et l'ancre marine de Popeye sont détaillées par les studios Fleischer).

 

En France, l’influence réciproque entre bédé et ciné fut sérieusement étudiée dans le numéro 159 de la revue CINÉMA 71 de septembre et octobre 1971.

 

Sur ce, Doc Jivaro vous dit au revoir, mes amis.

Doc Jivaro

 

 

06/10/2018

Tarzanides du grenier n° 318

 

LE DICTA'T'HEURE

 

S’il s’agit d’un acteur-clown du cinéma dont les contorsions farceuses passèrent facilement et très tôt du cinéma « muet » à la bande dessinée (muette) c’est bien le faux clochard inventé par Charlie Chaplin : CHARLOT (pour ne pas le nommer).

 

Dès 1937, le Grand Hebdomadaire français l'AS, dirigé par la famille OFFENSTADT édite une BD intitulée « Les Aventure acrobatiques de Charlot ». Un rôle tenu par le célèbre SDF dont le fond de culotte semble toujours supporter un poids de matière trop lourd pour ses coutures...

 

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Journal l’AS, n° 68, page 3.- Format 39 cm x 27 cm.

 

Le dessinateur est alors THOMEN : Raoul THOMEN.

 

Quatre années d’occupation allemande stoppèrent le succès populaire de Charlie Chaplin dans le pays de Pétain et de de Gaulle.

 

L’immédiat après-guerre vit la SPE reprendre la publication du titre Charlot mais sous la forme d’une brochure périodique de 52 pages. Les histoires sont imprimées deux pages en couleur qui alternent avec deux pages noir sur blanc. C’est encore Thomen qui en illustre le texte tout en s’interdisant l'emploi de « bulles parlantes » pourtant définitivement adoptées par la quasi-totalité des publications en bandes dessinées.

 

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Une brochure de 52 pages, image brochure n° 3, année 1948.

 

Sur cette couverture nous remarquons un être humain africain présenté sous un aspect comique. Heureusement, de nos jours, en démocrassie, seul l'homme blanc a pour devoir de repentance de s’auto-caricaturer en public.

 

À la semaine prochaine.

Doc Jivaro

 

 

15/04/2017

Les Tarzanides du Grenier n° 249

  

- Vous fîtes erreur, Doc Jivaro ! Hontavous ! La première planche BD des ad’ventures de GROMABOUL n’est pas …

- KRÔMAGOUL. Pas gros maboul.

- La première planche BD de ce « singe qui parle » n’est pas celle que vous présentâtes samedi 8 avril.

- Vraiment ? Désolé ! … Regrets par milliers. Ou avais-je ma tête ?

- Sûrement pas dans le numéro 27 du mensuel ARDAN de 1954 là où commence l’écriture d’un épisode intitulé « Au pays des gorilles ». Nous y apprenons que c’est dans l’ancien Sénégal que DUROC, médecin colonial français, explique à un confrère comment une intervention chirurgicale dans le cerveau d’un anthropoïde permit à celui-ci d’articuler bel et bien un langage humain.

 

On peut toujours réver.

 

Aujourd’hui et sans espérer être pardonné pour son erreur d’hier, Doc Jivaro présente le final des exploits de KRÔMAGOUL (numéro 58, année 1956, de ARDAN TIM L’AUDACE).

 

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D’abord dessiné par le très expérimenté mais vieillissant Auguste LIQUOIS, KRÔMAGOUL s’achève sous les crayons de deux remplaçants dont la manière médiocre autorise Doc Jivaro à taire les identités.

 

Les enfants apprécièrent mais seulement à ses débuts ce nouveau personnage.

 

- Tu crois qu’il aura bientôt un journal avec pour titre son nom en grosses lettres sur la couverture, le singe qui parle ? me demandait un jeune voisin devant lequel je paraissais presque adulte et auquel je demandais de temps en temps, d’aller acheter pour moi un paquet de cigarettes.

 

- Des Gauloises dans un paquet bleu ?

- Exactement ! il n’existait pour moi d’autre tabac que celui de nos Gauloises. Leur odeur imprégnait la veste de mon père, grand fumeur en rivalité avec les cheminées, c’était à croire. Je fournissais au gamin un peu plus que le prix d’achat. Il économisait la petite différence jusqu’à pouvoir s’offrir un illustré BD.

 

L’un des épisodes de ce «  singe qui parle » se déroule dans l’Algérie française, lors d’un tremblement de terre. L’animal-boy du Docteur DUROC sauve la vie d’un arabe réfugié en haut d’une mosquée. Une scène évidemment fictive mais impossible à recommencer depuis qu’une propagande « Droits de l’homme » fait applaudir aux écoliers en France tous les vieux collaborateurs « porteurs de valises » pour qui la vie d’un civil français dans Oran valait toujours moins que celle d’un tortionnaire soviétique.

 

KRÔMAGOUL ayant cessé d’exister, les pages ainsi libérées furent occupées, entre autres, par RUGHA, jeune tarzanide pas folichon.

 


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Assez faiblard 

RUGHA 

dans ARDAN, n° 103

 

 

 

 

Rugha fut rapidement surpassé par un certain AKIM, né en Italie en 1950 et qui triompha en France avec son numéro UN daté de 1958.

 

 

Doc Jivaro et Mfcl

 

08/04/2017

Les Tarzanides du grenier n° 248

 

 

A trois ou quatre reprises passées (dont le n° 71 du 28-06-2014) Doc Jivaro a attiré votre attention sur un personnage BD édité pendant la seconde moitié des années 1950 : KRȎMAGOUL.

 

Un Tarzanide poilu-velu de chez ARTIMA.

 

Publié dans un mensuel doté d’un double titre : ARDANT-TIM L’AUDACE ; à partir du n° 30, sauf erreur.

 

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Intitulé «  Les tribulations de KRȎMAGOUL ».

 

Tribulation ! Un mot presque disparu d’un vocabulaire français encombré, contaminé d’anglicismes jadis dénoncés par Etiemble. Que voulez-vous ? Les médecins de Molière dissimulent leurs doutes et impressionnent le malade en lui déversant dans l’oreille tout un récitatif en latin. Mais à présent, on trouve mieux pour dissuader les professeurs d’avoir à enseigner la langue de Mauriac à certains écoliers écœurés d'apprendre qu’en France la viande de cochon est un met apprécié. « Burn out » remplace : « j’en ai marre de boulonner ! »

 

Ci après, la planche première de KRȎMAGOUL. Le texte signé de Lortac escamote le nom d’un vieux et célèbre dessinateur parfois politiquement déprécié : Auguste LIQUOIS. LIQUOIS l’inventeur d’une « cocotte en papier » censée garantir la qualité française dans les BD.

 

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Au jour d’aujourd’hui, nous respirons une très belle journée printanière. Alors coupons court : la langue qui bavarde et la main qui écrit, et nous voici, ma femme et moi partant consommer des rafraîchissements à la terrasse du dernier grand café de Néris-les-Bains. D’où question : le serveur mille fois reconnu qui rallume son bout de cigarette entre deux clients servis, est-il encore fidèle au poste ?

 

Semaine prochaine, peut-être la suite commentée sur le cas de KRȎMAGOUL, le « singe qui parle ».

 

 

Doc Jivaro et Mfcl

 

25/09/2016

Dimanche, jour du Seigneur n° 24

 

Le 16 mai 1943 était un dimanche … Preuve à l’appui, le bandeau du numéro 20 du « Cœurs Vaillants » des curés et de leurs ouailles par temps d’occupation militaire allemande.

  

Coeurs-Vaillant-16-05-1943.jpg

 

Le fils du boulanger (Non ! Non ! Ce n’est pas le titre d’un film méconnu avec Raimu dans le rôle du patron enfariné) … Le fils du boulanger et moi étions plutôt bons amis lorsqu’il se haussait a ses huit printemps et moi à ma dizaine.

 

Ses parents l’envoyaient au catéchisme ainsi qu’à la messe dominicale mais, eux, ne se rendaient à l’église qu’en semaine, parfois le lundi. « On a le commerce à tenir, le dimanche matin surtout ! » Contre toute attente, mon petit voisin ne lisait pas Cœurs Vaillants – ou alors il s’en cachait rudement bien.

 

 - Tu lis Tintin ?

- Pas du tout. Je lis Spirou. Mes parents m’en achètent tous les albums. Tu veux que je te les prête ? Tu me les rendras quand tu voudras.

 

Je les lui rendais régulièrement, non sans regretter, j’avoue, qu’il ne me les donnât pas.

 

Ses parents, ayant bien plus de fric que les miens, lui offraient des quantités assez émerveillantes de petits soldats en plomb. Dans la cour à l’arrière du fournil il jouait au général devant d’innombrables troupes disciplinées dont les « morts à la guerre » ressuscités à nouveau vivants « bons pour l’armée ».

 

 - Il veut être policier plus tard.

 C’était sa mère qui confiait ça à ma mère.

 

 Je l’aimais bien, le fils du boulanger et j’ai plaisir à me souvenir qu’il m’aimait bien aussi.

 

 Seulement voilà : cet enfant de mon enfance avait une sœur un peu plus âgée que lui. Une sœur sûrement la plus coquette fillette du quartier. Le voisinage nous voyait souvent nous promener à trois.

 

 Patatras ! A l’approche des dix sept heures de je ne sais plus quel jour, peu après être sorti de l’école Voltaire qui, à ce moment là, n’accueillait pas les filles, je fus cerné par un petit groupe de petits bagarreurs habitués des berges du Canal de Berry.

 

 - Tu vas avec lui POUR sa sœur !

 

Vous savez qu’il y a toujours des jaloux qui souhaitent vous faire couper la tête sous le prétexte que vous avez les pieds mieux chaussés que les leurs.

 

Sour-du-Seigneur-25-09-2016.jpg

Les enfants ne sont t'enfants 

qu'en présence des adultes

 Ryal

23/07/2016

Les Tarzanides du grenier n° 221

 

 

Jacques Dumas alias Marijac, fondateur de l’illustré Coq Hardi n’aimait pas du tout TARZAN et se plaisait à en dénigrer le comportement. Cependant reconnaissons à Marijac une attitude assez loyale vis à vis de son redoutable concurrent dans la bande dessinée : il le caricatura, le tourna en dérision mais ne s’engagea pas officiellement auprès d’associations politiques ou de ligues religieuses visant à détruire le héros de Burroughs. Il se contenta de ridiculiser le personnage TARZAN, sans comploter à faire disparaître le journal du même nom.

 

C’est dans le numéro 216 de la sixième année d’existence de Coq Hardi que commence PATOS, une BD humoristique avec des animaux africains dessinés comme pour des pantomines de clowns. PATOS est un éléphanteau naïf, donc gentil. Tout le contraire du singe que Marijac décrit comme sournois et voleur, aussi lâche que traître, et dont il va jusqu’à écrire qu’il n’est que : l’infâme TARTEZAN.

  

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Une histoire simplette, pour petits enfants sortis à quatre pattes du berceau. Elle se déroule pendant trente quatre planches hebdomadaires, pour se terminer dans le numéro 3 d’une Nouvelle Série COQ HARDI (14 décembre 1950). Assez bizarrement, c’est par une planche numérotée 4 que les marionnettes animales entrent en scène. Où se cachent donc les trois précédentes ? En réalité, ce PATOS de 1950 n’est que la reprise quelque peu modifiée du PATOS de 1939.

 

Ce scénario n’ajoute rien au talent de Marijac qu’il dévaluerait plutôt ; et ne nous sert guère, ici, qu’à montrer un des exemples par lesquels les auteurs de Bandes Dessinées Françaises entendaient dissuader les enfants de fréquenter un héros créé par un américain.

 

Tartezan ? Avec ce mot inventé pour rigoler en compagnie de gamins, Marijac se faisait peut-être, et sans le prévoir, le tout premier « entarteur », devançant d’à peu près cinquante ans Noël Godin l’entarteur de l’intello infatué Bernard Henri Levy.

 

Mais que messieurs les entartés de crème et de sucre ne se plaignent pas trop : ils ont échappé au goudron ainsi qu’aux plumes.

 

Doc Jivaro