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26/03/2016

Les Tarzanides du grenier n° 205

 

Nos ancêtres les français.

 

Dessinée par Pierre Luc sur des textes de Paluel – Marmon regardons une des couvertures de la collection LYS DE FRANCE.

 

La hache haute, le roi Jean le Bon (que nous, écoliers d’hier, surnommions « jambon » dans la cour de récréation lorsque, divisés en deux camps, nous nous amusions à crier : Père, gardez vous à droite ! Père, gardez vous à gauche ! ) Donc, la hache haute, le roi Jean le Bon espère bien ouster hors du Royaume Franc l’usurpateur anglais. Nous sommes en 1356 de l’Histoire Chrétienne aux abords de Poitiers.

 

 

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Cette collection LYS DE FRANCE n’édita que 16 numéros, respectant la chronologie des Seigneurs Francs qui, agrandissant leur domaine familial, créaient en même temps le territoire qui allait devenir notre pays patrie. Chaque brochure de douze pages allongées en format italien expose une suite d’images ne correspondant pas à une vraie bande dessinée et que nous rangerions dans le genre « figuration narrative » si les Lichenstein et Adami de 1967 n’avaient pas fait servir cette expression à des œuvres picturales modernes. Une dictée restreinte est sagement inscrite dans chaque case – toujours en bas, jamais en haut. Les personnages ne parlent pas. D’où l’inutilité de bulles, de ballons ou de fumetti. Et ne parlons de phylactères ! Ce mot à connotation israélite aurait mal sonné à l’oreille de l’occupant hitlérien. C’est que LYS DE FRANCE était publié pendant les années où Paris cessait d’être la capitale d’une France condamnée à la guerre civile après sa débâcle politique en Juin 1940.

 

 

Histoire-de-France-page-int.jpg

Nous ne détenons pas la totalité de la collection LYS DE FRANCE, non plus que celle de « A LA FRANCAISE » qui était publiée, elle-aussi, par les Éditions artistiques et littéraire logées au 13 de la Rue des Saints Pères, Paris 6 ème.

 

 

Existe un site Web s’efforçant de lister tous les titres parus aux Éditions Artistiques et Littéraires, ces dernières étant désignées, voire dénoncées comme « emblématiques de la collaboration Vichyste » (www.bd-anciennes.com).

 

 

Doc Jivaro (MFCL)

 

 

28/11/2015

Les Tarzanides du grenier n° 189

 

Moi, Général de Gaulle … Pardon ! pardon pour ce faux lapsus. Je viens tout simplement de me retarder d'écrire : moi, Doc Jivaro.

 

Ayant achevé un de mes commentaires à propos d'une des BD de 1946 traitant des maquis français, j'accompagnais mon épouse dans l'Espace Culturel d'une grande surface commerciale. Mon regard fut arrêté par deux épais volumes, chacun de plus de 400 pages et portant pour en-tête UDERZO. Le sous titre « L'intégrale 1941-1951 » bien mieux que le nom célèbre appâta ma curiosité.

 

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Découpe virtuelle du premier plat.

 

 

J'ai feuilleté, j'ai acheté. Je me suis dit : voici encore une jouvence qui va te ramener vers l'âge des barboteuses.

 

Beaucoup des illustrations et des bandes dessinées réimprimées dans ce tome 1 de « Hors collection », je les connaissais depuis longtemps. En particulier celles présentées sous le nom de BELLOY l'Invulnérable.

 

Ce gaillard s'exposa d'abord en page une de l'hebdomadaire OK quand ce journal atteignait son numéro 84. C'était le moment pendant lequel UDERZO s'exerçait à modeler des champions de stature herculéenne. Aussi Belloy faisait-il suite à un Prince Rollin dont il amplifiait la carrure ; et ce même Prince Rollin arrivait, lui, d'un Arys Buck en en triplant les volumineux biceps. Tous trois provenaient de la mode des Tarzanides mais tous trois étaient secoués dans un shaker de comique.

 

Cependant, UDERZO se différenciait de ses rivaux dessinateurs d'athlètes. Il s'en différenciait en négligeant l'anatomie des grands corps masculins et faisait oublier sa négligence en déformant jusqu'à les disloquer les masses musculaires. En résultaient des anomalies exacerbées jusqu'à l'infirmité. Seule l'habileté de la ligne, la netteté et la propreté de l'imagerie rendaient le lecteur tolérant envers des maladresses contraires à la myologie humaine.

 

Dans le lot des pseudo Tarzanides que fabriqua UDERZO il en est un qui n'exista que sur 6 pages. Six Pages publiées dans KID Magazine journal de BD qui ne connut pas de vrais succès en 1949. Et ce pseudo Tarzanide, ses compagnons le surnommaient Brick le Fort.

 

En 1949, j’entrais dans ma septième année. Je connus BRICK Le Fort durant la dizaine de jours de vacances d'été que je passais à Chenérailles, en Creuse. Toutefois, ce ne fut que plus tard, dans ma neuvième ou dixième année que j'entreprenais une copie partielle de l'épisode « Trésor de l’Île Fantôme » où la force de BRICK le corsaire se vérifiait à chaque vignette. Et comment n'aurais je pas repéré que pour donner des mouvements aux flots de l'océan UDERZO imitait les effets graphiques inventés par HOGARTH ?

 

 

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Deux pages quadrillées arrachées à un de mes cahiers d'écolier. Le stylo plume muni d'une réserve d'encre bleue de marque Waterman, je l'utilisais plus fréquemment pour « faire des petits guignols » que pour réduire à un dénominateur commun des séries de fractions.

 

Doc Jivaro

 

07/11/2015

Les Tarzanides du grenier n° 187

 

Samedi précédent, une dame parlant couramment le patois françois vint demander chez le presque dernier libraire du vieux Montluçon :

 

- Avez-vous des AGGIE ? Vous savez : une bande dessinée des années 50.

 

J'entendis la demande, je me tus comme mille fois trucidé.

 

AGGIE « la petite américaine » fut inventée par Hal Rasmusson, qui la dessina et dont la parution en vocabulaire français eut lieu dans le disparu hebdomadaire FILLETTE – Jeune Fille.

 

Voici le scanné de la couverture du numéro 1 Pauvre AGGIE (année 1948). Pas vraiment en bon état de conservation. Une enfant marqua en bleu de cinq M. cette première page. Une enfant ? Les enfants n'ont pas cette assurance graphique dans la main. Peut être, alors, une adolescente.

 

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C'était la Société Parisienne d’Édition rue Dunkerque (Paris) qui commercialisait ce produit modeste dérivé du capitalisme d'outre atlantique. La mention « Petite américaine » ajoutée par l'éditeur français, incitait sans doute les gamines de chez Dupont-Durand à se montrer modernes en cessant de porter une jupe pour préférer se culotter du blue jean.

 

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Bande cueillie (oh ! oh!) en bas de la page 33 de l'album n° 1. Ajoutez-lui Monsieur Dindon à col allongé-dressé visible sur la couverture, et ça y est ! vous vous souvenez d'avoir lu quelques-uns des articles allemands signés de Georg GRODDECK (d.c.d. 1934).

 

Doc Jivaro

 

10/10/2015

Les Tarzanides du grenier n° 183

 

Trois ans avant que notre pays déclara la guerre à l'Allemagne, JUNIOR fut l'un des titres BD les plus applaudis parmi les journaux hebdomadaires commercialisés en France

 

  Deux séries existèrent, celle débutée en avril 1936 ; et celle qui lui succéda en 1947 après une interruption d’à peu près cinq années. La seconde série ne compte que 27 numéros. Un bilan faiblard comparativement aux 282 de la première.

 

 La présence de TARZAN assura, à coup sûr, le succès auprès d'une clientèle essentiellement composée de puceaux. Même s'il faut dire que cet épisode – La Cité des Vampires – correspond au laps de temps pendant lequel le talentueux Burnes Hogarth, n'ayant pas reçu l'augmentation de salaire sollicitée, abandonnera à son élève Rubimor tout le travail à venir. Moins doué jusqu'à en rester malhabile lorsqu'il prend le relais, Rubimor s’acquittera coûte que coûte de sa responsabilité pour atteindre la 87e « Sunday page » du 3 août 1947.

  

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Exemplaire survivant : le final N° 27.

 

Une seule grande feuille de 56 X 78 pliée deux fois permet d'obtenir huit pages chacune massicotée en 39 x 27,5.

 

 

Lorsque l'Éditeur SOLEIL, une cinquantaine d'années plus tard, imprima dans le dialecte de l'indigène parisien la totalité des aventures de Tarzan illustrées par Rubimor, j'étais trop âgé et n'y retrouvais pas les saveurs d'un exotisme imaginaire que mon enfance m'avait fait croire plus important que les jours passés en famille.

 

Doc Jivaro

 

03/10/2015

Les Tarzanides du grenier n° 182

 

Et ! Vlan ! Spaf ! Krac ! Arg ! Zwoo !

 

Tous ces coups de poing ! Tous ces bruitages !

 

KALI, Tarzanide de peu de notoriété, passe un très mauvais quart d'heure, encaissant malgré lui une foutue vache de rossée.

  

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 - On n'enrichit pas son vocabulaire avec des onomatopées.

 

- Des quoi, m'sieur ?

 

- Des onomatopées. J'épelle au tableau : o. n. o. m. a. t. o. p. é. e. Un S au pluriel. Prenez votre cahier. Problème : un train démarre à 8 h 37 pour un parcours de 130 km. Au même moment et en sens inverse un autre train avec un retard de 10 minutes …

 

- ÇA y est, ça recommence ! On nous angoisse notre  dimanche de flegme à cause du lundi de boulot.

 

Publié en 1979 par « Jeunesse et Vacances », ce genre de couverture BD exposant une bagarre entre hommes était devenue impossible à trouver en France chez les marchands de journaux pendant la décennie qui succéda à 1950. Censure par ci, censure par là. Censure partout. Pourtant, dans le commencement des années 60, un relâchement se fit chez les mutilateurs : ceux qui périssaient laissaient affaiblis ceux qui vieillissaient. Le surgissement de mai 68 allait précipiter leur mise aux oubliettes.

 

En réalité, il y eut comme DEUX Mai 68. Celui des syndicats ouvriéristes dont le seul mot d'ordre demeurait : grèves et salaires. Et le second Mai 68, celui qui libérait la pornographie dans les cinémas comme dans la littérature et les bandes dessinées. A côté de l'enfantin Mickey et du Pèlerin Magazine presque grabataire, le quidam pouvait se payer le Marquis de Sade dans les grandes surfaces marchandes.

 

Nous crûmes rêver : Dieu redevenait sexué.

 

Doc Jivaro

 

26/09/2015

Les Tarzanides du grenier n° 181

 

Maréchal, LE voilà !

 

Deux « reliures d'amateur » groupant depuis le 1 jusqu'au 34 le journal hebdomadaire TARZAN de l'année 1941.

  

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La première reliure comprend 10 numéros ; la deuxième 33. C'est dire que le numéro 11 du 16 avril 1941 n'est présent ni dans l'une ni dans l'autre des deux reliures amateur.

 

On pense généralement qu'aucune reliure professionnelle de l'ensemble des 34 numéros existe.

 

A plusieurs reprises dans ses éditions, le BDM « Trésors Bandes Dessinées » indique que le numéro 10 de cette série n'est ni numéroté ni daté. Ce n'est pourtant pas le cas dans la reliure amateur numéro 1 où figure le numéro 10 bel et bien daté du 9-4-1941.

 

Ces deux reliures par un amateur sont sûrement récentes puisque l'image illustrant chacune d'elles est une photocopie collée sur carton rigide. Par contre, les pages intérieures des trente trois numéros de 1941, à en croire le grain de leur papier ainsi que son odeur, semblent bien être celles d'origine imprimées en « zone libre » sous le gouvernement d'armistice du Maréchal Pétain.

 

Le BDM – encore lui ! - des années 2009-2010 indique que deux numéros longtemps ignorés – les 35 et 36 – ont été découverts pendant l'année 2007.

 

Docteur Jivaro ne les a toujours pas vus.

 

L'éditeur fut Del Duca, d'abord à Vichy, capitale éphémère d'une France réduite de moitié ; puis à Nice, ville anciennement d'appellation grecque et dans laquelle plusieurs des riches fortunes de France se réfugièrent avant même la fameuse « poignée de mains » dans Montoire.

 

Pour se tenir à la mode politique du moment, les 9 numéros débutants promettaient à chaque nouvel abonné une enveloppe contenant des photos du Maréchal P. Toutefois, avec le numéro 10, l'enveloppe et ses photos sont toujours promises mais sans faire mention du Maréchal P.

 

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On sait que l'année 1941 favorisa dans nos villes et villages la prolifération des portraits du vainqueur de Verdun. L'ancien almanach des Postes et Télégraphes de cette même année, ne rata pas l'occasion de satisfaire le voyeurisme populaire.

 

Lorsque parut le tout premier journal français à porter TARZAN pour titre, nous étions le 29 janvier 1941. C'était un mercredi.

 

 Avis à tout collectionneur pointilleux.

 

Docteur Jivaro