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24/12/2018

Tarzanides du grenier n° 329 bis

 

Au VIe siècle après Jules César et en réaction contre l’érotisme populaire manifesté par les Saturnales du paganisme, les évangiles imposent le monothéisme en Europe par leurs prêches et leurs guerres. Les manifestations publiques de l’animalité humaine sont interdites pendant que des draperies de pudibonderie transforment la chaude maternité d’Aphrodite-Éros en une présence platonique désexuée, celle de Marie-Jésus.

 

Pourtant, Rome devenue chrétienne ou plutôt Judéo-chrétienne ne renonça pas à employer dans sa statuaire comme dans son art pictural la figure humaine conformément aux traditions païennes : l'imagerie était évidemment une méthode commode pour enseigner la religion nouvelle aux peuples laborieux, certes ! mais auxquels la compréhension de signes littéraires restait prohibée.

 

Les vitraux de nos églises avec leurs personnages colorés et transparents sont la preuve historique de l'importance éducative d'une imagerie faite de figures humaines.

 

Voici qui nous aide à comprendre que lorsque le XIXe siècle en Occident développa tout un commerce de

journaux illustrés destinés à la jeunesse, l’église Catholique n'en fut pas désemparée : elle avait depuis des siècles emmagasinée ses propres munitions visuelles. Et la création de la bande dessinée par la laïcité amena les religieux à créer à leur tour leur propres entreprise de captation de l'innocence. (Séduction of the innocent", Frédric Wertham, 1954)

 

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Fondé en 1929, COEURS VAILLANTS fut publié sans discontinue jusqu'en 1963 où il modifia son titre en J2 puis en Formule1 avant de disparaître pendant l'année 1981.

 

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Bien entendu chaque année, CŒURS VAILLANTS ne manquait pas de rappeler aux enfants baptisés la naissance du Petit Jésus ; naissance sans doute abusivement datée entre le 24 et 25 décembre, c’est-à-dire en remplacement des anciennes Saturnales du polythéisme saluant la renaissance du soleil.

 

Bonnes fêtes à tous et toutes, que vous dire d'autre ?

 

Doc Jivaro

 

29/09/2016

Pauvre Belgique : Pauvre Baudelaire

 

GRAND PALAIS 2016
EXPO HERGÉ
Concours de l'injure la plus affreuse
du vocabulaire du Cap'tain Haddock

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25/09/2016

Dimanche, jour du Seigneur n° 24

 

Le 16 mai 1943 était un dimanche … Preuve à l’appui, le bandeau du numéro 20 du « Cœurs Vaillants » des curés et de leurs ouailles par temps d’occupation militaire allemande.

  

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Le fils du boulanger (Non ! Non ! Ce n’est pas le titre d’un film méconnu avec Raimu dans le rôle du patron enfariné) … Le fils du boulanger et moi étions plutôt bons amis lorsqu’il se haussait a ses huit printemps et moi à ma dizaine.

 

Ses parents l’envoyaient au catéchisme ainsi qu’à la messe dominicale mais, eux, ne se rendaient à l’église qu’en semaine, parfois le lundi. « On a le commerce à tenir, le dimanche matin surtout ! » Contre toute attente, mon petit voisin ne lisait pas Cœurs Vaillants – ou alors il s’en cachait rudement bien.

 

 - Tu lis Tintin ?

- Pas du tout. Je lis Spirou. Mes parents m’en achètent tous les albums. Tu veux que je te les prête ? Tu me les rendras quand tu voudras.

 

Je les lui rendais régulièrement, non sans regretter, j’avoue, qu’il ne me les donnât pas.

 

Ses parents, ayant bien plus de fric que les miens, lui offraient des quantités assez émerveillantes de petits soldats en plomb. Dans la cour à l’arrière du fournil il jouait au général devant d’innombrables troupes disciplinées dont les « morts à la guerre » ressuscités à nouveau vivants « bons pour l’armée ».

 

 - Il veut être policier plus tard.

 C’était sa mère qui confiait ça à ma mère.

 

 Je l’aimais bien, le fils du boulanger et j’ai plaisir à me souvenir qu’il m’aimait bien aussi.

 

 Seulement voilà : cet enfant de mon enfance avait une sœur un peu plus âgée que lui. Une sœur sûrement la plus coquette fillette du quartier. Le voisinage nous voyait souvent nous promener à trois.

 

 Patatras ! A l’approche des dix sept heures de je ne sais plus quel jour, peu après être sorti de l’école Voltaire qui, à ce moment là, n’accueillait pas les filles, je fus cerné par un petit groupe de petits bagarreurs habitués des berges du Canal de Berry.

 

 - Tu vas avec lui POUR sa sœur !

 

Vous savez qu’il y a toujours des jaloux qui souhaitent vous faire couper la tête sous le prétexte que vous avez les pieds mieux chaussés que les leurs.

 

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Les enfants ne sont t'enfants 

qu'en présence des adultes

 Ryal

09/01/2016

Les Tarzanides du grenier n° 195

  

Collanges, petit village du pays d'Arvergne, Natacha pas d'importance à l'arrivée imprévue d'un Monsieur Georges Rémi, belge d'origine.

 

 Nous étions alors en mai 1940 … L'armée allemande venait de pénétrer en Belgique, assurée qu'elle était, l'armée allemande, de recevoir bon accueil de la part de beaucoup des partisans d'un mouvement fasciste dirigé par Léon Degrelle. Ce personnage restait loin d'être méconnu pour Monsieur Rémi Georges puisque ce même Georges Rémi l'avait quelque peu aidé pour la propagande de REX, groupe pro-hitlérien.

 

Installé – réfugié – pendant plusieurs semaines dans Collanges, Monsieur Rémi Georges s'attirait, dit-on, la curiosité amusée des villageois en dessinant au crayon des petites têtes jumelles entres-elles et toutes ressemblantes à celle de l'enfantin TINTIN.

 

Sur des serviettes en papier qu'il les croquait, les têtes, dans l'auberge du coin, entre le litre de vin régional et le fromage circulaire coupé en triangles allongés. Sur des serviettes en papier ? En 1940 ? Supposons donc que le torche-cul des chiottes, au fond du jardin, était un ruban de soie roulé et coupé mécaniquement en tronçons cylindriques.

 

Hélas ! aucun des croquetons à profil de poudre de perlintintin ne semble avoir été conservé pieusement dans le village de Collanges.

 

Quant à Monsieur Rémi Georges, après un très bref réflexe de panique, il s'en retourna vivre en Belgique, et bien vivre, publiant dans le journal « Le Soir ».

 

De ces années 40, Doc Jivaro garde tout un lot de CŒURS VAILLANTS qu'il paya je ne sais plus à quelle date mais dont je me souviens le lieu : Montluçon, rue Grande. Une librairie de revente de livres, à gauche en montant vers l’Église Notre Dame. La boutiquière ne s'attendait plus à vendre ce paquet de Cœurs Vaillants endommagés.

 

- Ça vient, je crois, d'une des maisons qui furent bombardées quand les Anglais voulaient détruire l'usine Dunlop. Ils ne sont pas beaux tous plus ou moins déchirés (elle parlait des journaux).

 

 
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N° 1

du dimanche 3 janvier 1943.

 

 

 

 

Le Maréchal Pétain fit un passage, en 1943, le 16 septembre, après les chutes de bombes anglaises dans les environs de Montluçon.

Tenez, voici « Montluçon dans la tourmente » imprimé à Lyon, 16 rue des Remparts-Ainay. A l'intérieur du fascicule, des photos où le vieux français, chaussures cirées et crane moulé dans un chapeau BCBG, rend visite à des gens sans abri qui n'ont pas du tout l'air de familles musulmanes entrées clandestinement en France.

 

 

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Que voulez vous ? En ces temps écoulés, Dieu était français.

Et Philippe Pétain ne prévoyait pas que plus de cinquante années après le « Débarquement en Normandie », les services de déminage français retrouveraient des bombes britanniques non explosées dans le sol où dorment pour ainsi dire morts : Péguy, Casque d'Or et mon père.

 

Doc Jivaro (MFCL)

 

 

26/12/2015

Les Tarzanides du grenier n° 193

 

Prévue pour être éditée dans le numéro 228 du 27-07-1950, la série humoristique « Le Père Noël » ne fut présentée que plus tard, avec le numéro 1 de novembre.

 

Dans COQ HARDI bien sûr.

 

Les images dues à MARIN (1931-2001) conservent un aspect tranquille, assagies qu'elles sont jusqu'à une banalité graphique analogue à celle que les curés conseillaient aux enfants dans leur journal Cœurs Vaillants.

 

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 Annonce figurant au bas de la page 12

de C.H. n° 227

 

 

Lorsqu'en 1956 Coq Hardi cessa de paraître semaine après semaine pour se changer en un mensuel, il se chercha vainement une clientèle d'adolescents. Forcément le puéril Père Noël avait disparu.

 

Ce personnage est en réalité un clochard rondouillard quoique souvent affamé. Je le suppose quelque peu inspiré par le traîne-puces « Père Lacloche », un clodo américain imaginé par Clarence Russel. Il faut dire qu'à l'époque, l'acronyme S.D.F., n'existait pas, même si de réels mendiants se faisaient de la monnaie en aidant à ramasser cageots et cartons à la fin du grand marché des Halles de Paris.

 

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  Numéro 1 du 1er  novembre 1950

 

Le fondateur de Coq Hardi entretint jusque dans sa vieillesse la nostalgie de sa célébrité disparue auprès de la jeunesse de France. Aussi s'employa t'il, à plusieurs reprises, à revenir dans la concurrence des bandes dessinées.

 

En juillet 1985, donc vingt ans après son défunt Coq Hardi, il récidiva avec un titre nouveau : « Jeunes FRIMOUSSES » doté d'un sous-titre rappelant les recommandations des anciens illustrés catholiques : « divertissement des enfants, tranquillité des parents ».

 

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 Numéro 1 mensuel de 56 pages 1985

 

Et, sur les pages 12, 13, 14, 15 et 16, quelle binette poilue retrouve-t'on ? Celle du PÈRE NOËL !

 

Mais comme vous avez pu en juger cette année 2015, le Père Noël, chez nous, a réussi à se substituer au Petit Jésus du 25 décembre.

 

Doc Jivaro (MFCL)