05/01/2026
Tarzanides n° 671
Mille castors !
Les Homards rouges !
Pour nombre de montluçonnais d’une génération d’avant la mienne le mot KIWI n’indiquait guère qu’un cirage noir pour les chaussures.
- Mais quand même, aussi, le nom d’un oiseau j’espère.
Bien sûr ! Même si mes voisins de la rue Championnet au lendemain de la Seconde Guerre Internationale, voyaient bien plus d’étourneaux tourbillonnant et d’hirondelles alignées en notes de musique sur les fils électriques, que l’oiseau de Nouvelle Zélande. Quoiqu’un autre genre de coucou traversait les airs au-dessus de notre jardin : un biplan à essence commençant sa descente pour atterrir sur l’ancien champ de courses changé en terrain d’aviation.
Quelques baraquements en planches étaient installés sur ce même lieu. Était-ce là dedans que s’abritait Oudina ou Oudinat ? ...
- Attention Bar Zing : tu m’as promis de parler de BD. Pas du FLN.
C’est vrai et je n’en dévie pas.
C’est en 1955 que fut commercialisé pour la première fois en France le mensuel KIWI. C’était un petit format (pockett) 130 X 180 doté de 132 pages. Mes copains et moi étions plutôt habitués à feuilleter des illustrés de grandes dimensions ... Moins de pages 16 ou 24 mais des images plus larges devant nos yeux.
- Tu parles ! Tu prends 4 pages, tu les plies en deux t’en obtient 8. C’est le commerçant qui gagne à chaque coup, mon pote. Et l’éditeur aussi : les pages plus nombreuses d’être plus petites et sont sans couleur.
N’empêche ! Deux séries BD à l’intérieur de ce KIWI débutant allait captiver mon entrée dans l’adolescence. L’une c’était Le Petit Trappeur, l’autre Le Petit Duc. Dans la première le grand costaud blond se nommait Blek le Roc ; et dans la seconde Stenka, invincible précepteur du jeune Mirko.
Cependant et pour justifier le titre du nouveau magazine, deux, trois petites histoires humoristiques animant un oiseau fantaisiste baptisé KIWI, étaient imagées par CEZARD déjà bien connu pour avoir créé Le Petit Fantôme pour le comic pro-soviétique VAILLANT.
Kiwi l'oiseau vu par Cezard
Et si je viens de vous parler de ce Kiwi dont les ailes sont de papier c’est parce que son tout dernier numéro (le 582) fut publié en décembre 2003 – Janvier 2004 ; et que ces jours ci nous sommes tous aussi en début d’une nouvelle année.
Dernier numéro Kiwi, n° 582 de l'an 2003
- Mais dites donc : avez vous conservé le n° 1 que les collectionneurs ne s’arrachent pas puisqu’il n’en subsiste que de rares exemplaires d’origine.
Et que bien des revendeurs à la sauvette refilent le fac-similé de mars de l’année 2000 comme si c’était bel et bien l’original. Et moi, l’original que je possédais je l’échangeais contre je ne sais plus quoi avec un collégien de mon âge qui demeurait dans les hauteurs de Châtelard.
Et en guise de conclusion je signale tout particulièrement le style graphique de DEVI ou DEVITA, je ne sais trop. Quelques unes de ces images me semblaient venir d’une sorte de démence. Lorsqu’un de ses personnages saute du haut d’une montagne, ou escalade (oui !) des escaliers semblant interminables. Ainsi comme dans quelques-uns de vos rêves où nous planons au dessus d’une rue qui nous familière dans la réalité. On croirait que DEVI néglige toute pesanteur ou, plus exactement, que deux gravités équivalentes s’opposent l’une l’autre retenant entre elles et en suspension un héros comme soudain démuni de son poids.
Et tiens, justement ! Dans le numéro ultime de Kiwi (582) on peut apprécier une réédition du « Marais ensorcelé » de même que nous assistons au terminus de la réédition du 44e épisode du Petit Duc.
Tout ça signé du fameux DEVI.
Bar Zing
17:13 Publié dans BD, Blog, Fanzine, Grenier de la BD, Journaux, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : devi, kiwi bd mensuel, éditeur lug, éditeur semic, devita, blek le roc, fac-similé kiwi, cezard
21/12/2025
Tarzanides n° 670
ORGIE, BAMBOULA, PARTOUZE
- C’t’année pour les fêtes du 25 décembre puis du 1er janvier, ça ne va pas être vraiment la joie. Y a des coups de couteaux partout, l’Etat va nous pomper nos économies etc., etc.
Entre voisins « visages pâles » ça ne sera donc pas la Bamboula. Ce mot utilisé depuis, nos anciennes conquêtes coloniales, ne sert plus simplement à désigner une sorte de tambour africain mais une danse bruyante alimentée d’alcool raconte t'on. Cependant ce même terme fut aussi employé comme titre d’une bande dessinée qui n’a pas laissé beaucoup de présence dans les mémoires de ma génération française née en 42.
L’illustré ci-dessus venu de l’Editeur ROUFF et daté de juin 1953, doit toutes ses images à un artiste né en 1895, connu sous le pseudonyme : MAT. Le style de Mat ne m’était pas inconnu pendant ma scolarité : il dessinait un Baby Balluchon dans l’hebdo COQ HARDI. Quant à la série BAMBOULA je n’en achetai pas un. Il se peut donc que les rares numéros que je détiens viennent d’un lot de vieux journaux en vrac et acheté sans tri dans telle ou telle brocante du triangle Paris-Lyon-Montluçon. La collection BAMBOULA compte 11 ou 12 numéros ... Pourquoi pas 9 ou 14 ? Je m’en fiche. Reste que chaque numéro agrafé deux fois en sa double page centrale est peut-être une ruse d’éditeur : le grammage du papier étant assez fort, l’enfant-client avec l’argent de Papa et Maman, avait sans doute l’impression d’acheter un journal contenant bien plus de 16 pages.
En même temps que ce BAMBOULA, l’éditeur ROUFF produisait la famille Bigorno de même format mais illustrée par A. Perré. Un vieux de la vieille.
Signalons qu’un éditeur nommé de Varly, pendant le début des années 80 de 1900 crut pouvoir rééditer le sympathique BAMBOULA sans en avoir au moins l’autorisation tacite de tous ceux qui, à ce moment là, dénonçaient du racisme dans toute BD européenne utilisant des personnages de physionomie noire. Le belge Hergé ayant été la première victime de l’accusation, il fallut bientôt que Mandrake de la Mandragore se sépare de son fameux serviteur devenu son ami : Lothar (puisque noir).
Quant à l’éditeur Rouff du Boulevard parisien Vaugirard pendant les années 30 il était déjà connu pour imprimer les romans destinés à la jeunesse. Je pourrais vous en lancer à la volée des poignées après n’en avoir lu que quelques uns. En voici déjà un éventail.
- Dis donc, Bar Zing : tu fais court aujourd'hui. T'as l'air lassé.
- Lassé ? C'est vrai. Je fatigue de serrer mes souliers.
Bar Zing
18:00 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Blog, Fanzine, Grenier de la BD, Journaux, Media, Société, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rouff 1933, bamboula, bigorno, mat, bd rouff, bd 1953, bandes dessinées de collection
07/12/2025
Tarzanides n° 668
BD. LE PAVÉ D'OR
C’est sans préparation que j’informe de ceci z’ici : montluçonnais que vous êtes probablement ignorez-vous qu’un fragment de vos origines se situe dans l’océan atlantique en des temps plus lointains que ceux de la préhistoire ?
- Ah ! Le Royaume des Atlantes ! Ce gros baratin légendaire qui vient de je ne sais d’où ?
Voyons ! Généralement les historiens attribuent cette existence controversée à l’un des élèves de Socrate : Platon. Platon c’était un bœuf quand Socrate approchait d’un peu trop près les petits garçons. Mais vous me direz que les grecs de l’Antiquité ...
Les atlantes ... Royaume océanique, fabuleux, inouï dont les habitants pratiquaient déjà les sciences les plus avancés alors même que sur les terres continentales notre espèce se déplaçait encore sur quatre pattes. Sur deux mains et deux pieds mais en cachant soigneusement ses parties génitales de mammifère créé par un Dieu Père la Pudeur. Rions ensemble.
Montlu’çon est traversée par une rivière alors que mieux vaut dire que de chaque côté d’une rivière se construisit notre ville. Le Cher est cette rivière. Savez-vous que ce mot « cher » nous viendrait de « caillou » ou de « rocher » à ce qu’en disent les linguistes ? Et que si vous vous promenez dans une de nos rues ayant pour identité « rue de la Grève » ce n’est pas en souvenir de protestations sociales mais en raison que les méandres de notre rivière se déplacèrent tout au long des millénaires.
- Les enfants ! Nous allons vous emmener jusqu’à Chenonceaux et nous visiterons plusieurs châteaux de la Loire.
Je ne me souviens plus quels châteaux nous visitâmes ou que nous ne visitâmes pas. En tous cas, le bus ne nous emporta pas aller et retour jusqu’à Chenonceaux. Ça je m’en rappelle. J’étais gamin encore et les anciens de l’école Voltaire qui organisaient le voyage de chaque fin d’année scolaire ne répondaient généralement pas à nos questions qui les embarrassaient, eux, les adultes.

Et c’est par notre rivière le Cher que notre ville s’accorde avec une légende connue sous l’appellation : Légende du Pavé d’Or. Et cette même légende a son origine dans ue pays fabuleux mais disparu, le pays des Atlantes. Résumons : Dans le royaume des Atlantes les sirènes vivaient en paix en compagnie d’hommes dotés d’intelligence surpassant le QI de 160 généralement attribué à Einstein et Hawking (si j’en crois mon ancienne concierge parisienne). Hélas ! Malheur des malheurs ! Des secousses terrestres imprévues par les sismographes, s’amplifièrent jusqu’à détruire la cité légendaire et ça malgré l’intervention transcendantale du grand prêtre ATTALA. Finalement, effondrée, submergée, engloutie la ville des Atlantes disparut de toute mémoire, sauf de celle de l’académicien Platon. Toutefois, dans une dérive prodigieuse la dernière sirène parvint jusqu’à l’Europe pour terminer son périple incroyable sur l’un des petits îlots (ilets) de notre rivière le Cher. N’est ce pas merveilleux tout ça ? ... D’autant que cette petite sirène nommée IKEA, si gentille ; termina ses jours aquatiques de façon atroce : brûlée vive, au secours ! par de méchants humains quelque peu troglodytes.

Heureusement pour sa mémoire, la petite Ikea fut assez maligne pour métamorphoser son corps et, surtout, son âme en un souvenir impérissable, éternel : un Pavé d’Or. Mais attention : pas de l’or pur pareil à celui d’un médaillon de margarine brandi par une jeune femme dans un spot publicitaire ... Mais de l’or symbolisé à cause de sa couleur ensoleillée.
La légende du Pavé d’Or est devenue une bande dessinée réalisée par Christiane Boutet pour les images à partir d’un texte signé du pseudo ATTALA. La couverture est en carton rigide, les pages lustrées comme de la vitre, et l’impression soignée par l’imprimerie Franck Deschamps à Montluçon.
L’adresse du pavé mirifique existe réellement : n° 10 de la Place des Trois-Ayards sur la rive gauche du Cher, celle de la Ville de Gozet.
- Pépé, c’est quoi un ayard ?
Je venais de déranger un des rescapés de la guerre 14-18 : mon grand père paternel alors ouvrier fondeur éclairé non pas carbonisé par les flammes des fonderies de Saint Jacques.
- Je ne sais pas bien, qu’il me répondit. C’est un vieil arbre, très vieux. Un vieillard vieillard si tu veux.
Me semble me souvenir lui avoir posé la question après m’être arrêté pour faire pipi contre un des trois ayards. « Tu pourrais attendre d’être revenu à la maison ! S’était exclamée ma grand-mère en me ramenant de chez le médecin, le Docteur Perche alors rue du Capitaine Segond.
Avant ZAZIE DANS LE METRO, IKEA sur le Cher
Bar Zing
17:35 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Blog, Grenier de la BD, Société, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : montluçon ville gozet, la légende du pavé d’or, ikéa, christiane boutet, attala, l’atlantide, mythe des atlantes
30/11/2025
Tarzanides n° 667
A COTÉ ?
EN PLEIN DEDANS, PLUTÔT
Nuançons d’emblée : nous préférerions plutôt qu’écrire Musée de Grenoble, écrire Musée dans Grenoble.
Nous ? Qui ça nous ? Mon épouse et moi pardi ! Puisque nous allons bavarder avec pour sujet la collection BD Michel Édouard Leclerc. Oui : le fils de son père fameux dans tout Landerneau. Collection réussie par un passionné.
Pour nous autres collectionner des bandes dessinées signifie accumuler dans leur ordre des journaux anciens en plus ou moins bon état de conservation, ce qui n’est plus du tout rare depuis les années 1970. Mais pour le collectionneur de haut niveau disposant des moyens nécessaires à l'acquisition d'une collection référentielle de BD, celle ci est d’abord constituée de tout le travail précédant l’impression des journaux : recherches du scénario, esquisses pour le portrait des personnages, dialogues entre les membres d’une équipe, références sur le permis ou le non permis pour des divertissements destinés à un public d’âge mineur. Car la BD en France fut d’abord un produit exclusivement réservé à notre enfance.
N° 435, 16 novembre 1916
Pleine Première Guerre Mondiale.
l'hebdomadaire est réduit à 8 pages au lieu des 16 habituelles
Lorsque mon père me parlait des histoires en images qui l’amusaient étant gamin, il citait L’EPATANT. Généralement des histoires humoristiques dont l’identité des protagonistes était presque toujours venue de jeux de mots permis par l’ortografe « Les Pieds Nickelés » créés par Forton, revenaient souvent à la mémoire de Papa. Si bien que je regrette posséder à présent plusieurs paquets de l’Épatant dont j’aurais bien aimé prêter plusieurs numéros à mon père avec obligation de me les rendre ... Hélas ! Papa est mort depuis le début des années 70 de 1900.
L’exposition grenobloise intitulée EPOPEES GRAPHIQUES jusqu’au 19 avril 2026 mérite sûrement son succès. D’autant qu’au départ de Montluçon en direction de Domérat, autrefois village de vignerons, notre couple a l’habitude de s'approvisionner dans la grande surface LECLERC mentionnée plus haut. D'autant que, récemment encore, toute une équipe de Marvel assurait la sécurité dans le hall du grand magasin. Parmi lesquels nommons : Batman, Hulk, etc.
Et pour remercier les lecteurs-lectrices de mon blog silencieux, je leur dédie à ne toucher qu’avec les yeux, la numérisation d’une des vignettes de Billy the kid, n° 20 de l’année 1978 ; vignette exhibant le poupon Bonney suçant le canon d’un six coups en guise de biberon. Cette vignette fut interdite à la réimpression des albums prochains.
Je souhaite à toutes et tous une visite réussie parmi les rares spécimens BD de la collection Hélène et Michel Édouard Leclerc.
Bar Zing
17:31 Publié dans Actualité, Arts, BD, BD anciennes, Blog, Fanzine, Grenier de la BD, Journaux, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grenoble, exposition épopées graphiques, michel Édouard leclerc, billy the kid, hulk, batman, domérat grande surface commerciale
09/11/2025
Tarzanide n° 664
HODJA
Le Hodja ... Quoi qu’est ce que ça ? Eh bien, une BD parmi des multitudes d’autres. Mais d’abord un personnage qui nous vint de l’arabe. A son propos historique reportons nous sur le magazine LE COURRIER édité par l’UNESCO et daté d’avril 1976. Quand naquit le Hodja ? Incertitudes, mystère. Certains disent qu’il fréquenta Tamerlan. Pourquoi pas un des quarante voleurs qui menacèrent Ali Baba ? Le Hodja est généralement représenté sous l’aspect d’un petit vieillard à longue barbe blanche, assis sur un baudet mais en sens inverse de la marche. Comprenez : le visage tourné vers la croupe. C’est le genre de l’homme très âgé, lassé de tout, et dont l’air narquois ainsi que l’humour constant permet d’échapper à des situations embarrassantes, voire périlleuses. Mettre les rieurs de son côté lui permet de faire rire son bourreau qui l’épargne.
Dessin de Richard Williams et Errol le Cain
Comment ce vieillard arabe inconnu en Occident par nos enfants est il devenu un personnage de bandes dessinées ? Par une cure de rajeunissement. C’est dans le journal de VAILLANT du Parti Stalinien et de ses Komsomols en France, que le Hodja apparaît après un bain de jouvence. Il est dessiné par Bastard (Bâtard ?) qui le présente sous l’aspect d’un jeune athlète rieur et audacieux, y compris farceur. Publié hebdomadairement les aventurlures seront rassemblées dans un album cartonné sous le titre « L’insaisissable Nasdine Hodja » daté année 1953.
Par la suite ce sera Le Guen, excellent dessinateur réaliste, qui prendra le relais jusqu’à la disparition du journal VAILLANT, disparition due au succès de PIF GADGET auquel Lecureux, scénariste chez VAILLANT, reprocha d’avoir contribué à détourner de la BD la jeunesse qui finissait par acheter le journal pour le gadget et non pour les histoires narrées.
Mais en 1970, en France, beaucoup des anciens fondateurs de journaux de BD habitués à fournir des « p’tits mickeys » exclusivement pour une clientèle d’enfants, ne parvenaient pas à imaginer que nos BD devaient s’élever à un public adulte. Je me souviens d’une rencontre dans les bureaux du magazine ZORRO où l’on m’expliqua ( ?) que la bande dessinée future devait obéir aux personnages de TV dont seul le buste était visible. D’où, mon ami, le public des gamins ne veut plus de grands gestes mais des personnages quasi statique.
- Ne pourrait-on concevoir des BD pour grands personnes ?
- Elles n’en regardent pas. A part ceux qu’on surnomme « Grands Couillons ».
L’entretien se termina. Quant au aventurlures du Hodja, signées par Le Guen elles continuèrent et furent réimprimées pour une collection nouvelle intitulée « Les Grandes Aventures » dont le n° 1 de 60 pages, année 1960, était commercialisé 1,20 NF.
Mon enfance, jamais abonnée à VAILLANT m’était pourtant bien connu pendant les années 50 de 1900. C’est que mon cousin, sensiblement du même âge que bibi, lui, était abonné et ne manquait pas de m’en faire lire lorsque je me rendais en vacances dans le village de Saint Sauvier. Le Comte de la Romagère, en ce temps disparu, nous promenait dans des allées fleuries de grands rosiers évoquant pour mon cousin et moi l’ambiance des écritures de la Comtesse de Ségur. Et ça, malgré les coups de pied aux fesses fournis par le Général Dur-à-cuire russifié en Dourakine.
- Et alors, mon vieux ?
Et alors, j’ai beau mettre en permanence un marron dans la poche gauche de mon blouson, les rhumatismes me gagnent.
Bar Zing
18:24 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Blog, Journaux, Media, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd hodja, le guen, richard williams, errol le cain, le courrier unesco, l'insaisissable nasdine hodja, bd les grandes aventures n° 1, 1960, pif gadget
02/11/2025
Tarzanides n° 663
Mettons, allez ! à la louche, une semaine à l’arrière de nous, une tempête traversait le pays de Le Pen et Mélenchon sans trop de dégâts. Le côté poétique de la météo baptisa Benjamin l’ensemble des vents. Fut un moment pendant mon ado où je m’amusai à couper les mots en leurs syllabes pour déformer leur sens ... Benjamin fit partie de ceux là et, bien que j’appris que Ben Hur est juif, il me sembla que Ben Jamin évoquait un arabe.
- Dis donc Bar Zing tu es ici pour parler de BD.
Justement ! BENJAMIN était le nom d’un journal pour la jeunesse édité entre les deux guerres internationales, et qui semblait faire transition entre la BD proprement dite et les publications pour l’adulte. On pourrait même imaginer que les enfants des années 30 de 1900 étaient dotés de bras de géant. Tout le contraire de vos petits formats miteux dits pockets. Tenez, exemple : Prenons AKIM du 15 février 1966. Eh bien ! Il faut 9 petits formats AKIM pour couvrir une seule page BENJAMIN.
- Ouais ! Mais AKIM compte 100 pages !
Cause toujours ! Des pages de nabot ! ! Et en plus, en mieux l’ancien BENJAMIN créé en 1929 contient tout un ensemble de rubriques d’information et d’images humoristiques ... Par contre votre piètre imitation italienne de Tarzan demeure très en dessous du niveau.
- Cause toujours !
Sur les huit grandes pages sans aucune couleur, deux pages centrales sont surtout consacrées aux plaisanteries. Nous y trouvons des noms dont quelques uns confirmeront leurs succès jusque dans les années 1950 et 1960. Un Erik ou un Bellus par exemple. Bellus illustrait alors une BD hebdomadaire Laurel et Hardi, rappelant le succès populaire cinématographique des deux fantaisistes : Toi le gros, moi le petit (Ou l’inverse). Un inattendu nous attend : PINCHON. Oui, oui : le créateur de Bécassine, la jeune bretonne grassouillette, un peu nigaude à cause de son dévouement ... servile à Madame de Grand Air. Mais dans notre Benjamin, Pinchon illustre quelques unes des phases réelles des grandes guerres indiennes. Buffalo Bill, bien sûr, domine. Quelques images ne manquent pas de violence.
Le grand scout d’origine irlandaise transperce le thorax du grand chief emplumé Scalp jaune
improprement appelé Yellow hand jusque dans COQ HARDI de Marijac
(Benjamin page 2, n° 461, année 1938)
Signalons un bon nombre de publicités dans ce même Benjamin. Publicité pour Phoscao, publicité pour les pâtes Lustucru. Et, eh ! Eh ! publicité pour les petites culottes de coton blanc tissées par la spécialiste du genre : Béatrice Mallet. Vous n’connaissez pas ? Interrogez vos grands parents. Et c’est ainsi que nous parvenons à la huitième page, celle particulièrement adressée aux vraies jeunes filles : Les benjamines. Pour elles, les mignonnes, les messieurs préparent déjà l’après adolescence grâce à deux petites publicités pour que très tôt petites demoiselles elles s’habituent à porter un corset porte-jarretelles.
Benjamin, n° 410, page 8, année 1937
Enfin, terminons par l’excellent humoriste DUBOUT également présent. Ce qui nous permet de constater qu’en 1938 nous sommes encore loin du kama Soutra dont l’artiste donna, en 1973, une version humoristique. Version à laquelle les danseuses sacrées Khmères de l’harmonie entre religion et érotisme n’avaient probablement pas pensée.
Non ! Bar Zing détient nullement la collection complète de BENJAMIN. Mais il n’oublie pas de signaler l’identité du créateur dont le pseudo était : Jaboune. Jean Nohain ! Jean Nohain l’homme des spectacles multiformes qui déserta définitivement notre monde en 1981. Plutôt réussi pour un bébé qui naquit en 1900, non ?
J’espère n’avoir pas à préciser que Benjamin s’accordait au mouvement des Scouts.
Doc Jivaro
20:10 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Blog, Fanzine, Grenier de la BD, Journaux, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : benjamin jeunesse scout, dubout, bellus, erik, jean nohain, buffalo bill, william cody


















