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07/02/2015

Les Tarzanides du grenier n° 98

Depuis toute une décennie qu'il est de retour dans la Cité de Marx Dormoy et de Daniel Dugléry, Docteur Jivaro manque rarement d'aller chiner en début février dans le Centre Albert Poncet de Domérat.

 

Une brocante de vieux journaux, philatélie et boîtes anciennes de méccano ancêtre du Légo.

 

La pêche n'eut rien de miraculeuse. Docteur Jivaro a dû se suffire d'acheter sans folle dépense deux reliures en assez bonne état, les numéros 3 et 4 de JEUDI MAGAZINE suivi de ZORRO, année 1947. Il les possédait déjà, mais bah ! Il rencontrera bien l'occasion de les échanger auprès d'un géronte dont la collection demeure incomplète comme est incomplet le gruyère vendu plein de trous – le voilà, l'humour cantine !

 

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JEUDI MAGAZINE, n° 43 du 27 mars 1947.

 

 

Exemple d'une juste violence de guerre impossible à éditer pour un public d'enfants d'aujourd'hui. Et vos démocrates qui vous donnent à croire que la censure n'existe quasiment plus en l'actuelle année 2015 !! Alors qu'elle revient tout azimut, y compris sur le web.

  

Doc JIVARO

 

19/07/2014

Les Tarzanides du grenier n° 74

L'éphémère, tel aurait dû être le surnom dépréciatif de Roll, prétendu « Roi des détectives » et dont les aventures simplettes étaient éditées dans JEUDI MAGAZINE, année 1946.

En une seule page précipitamment bouclée bâclée. 

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Planche dans le numéro 13 du 29 août 1946.

 

Et pourquoi ranger ce héros zéro parmi nos tarzanides ? Tout simplement parce que les mouvements corporels de ce minus ne sont que les décalques vulgaires de mouvements que Burne Hogarth créa pour TARZAN dans son épisode fameux d'originalité graphique : Peuple de la mer et Peuple du feu. Hogarth s'y délivrait enfin des préoccupations documentaires de Harold Foster, son prédécesseur, et s'orientait vers une gestuelle théâtrale devenue célèbre mais dont l'appartenance à la bande dessinée demeure discutable. 

 

Un écolier, rue Voltaire, me donna à connaître JEUDI MAGAZINE, alors que je touchais à mes huit ou neuf ans. Je tais son nom sans me retenir d'indiquer que ce nom est à l'opposé de grand. Cet enfant habitait rue Albert Thomas. Mais nous pouvions parvenir à son domicile par une petite cour arrière que je suppose être encore accessible aujourd'hui par la rue de Montcourtais. 

 

Une femme revenant de faire ses courses aux abords de la cité Pierre Leroux, empruntait de temps en temps ce passage. Cette dame tenait un petit bar rue de Bretonnerie. Alain Bisson dit brièvement s'en souvenir dans La Semaine de l'Allier on line (24-05-2013). 

 

Il s'y rappelle aussi une imaginaire grande Micheline dont je me demande s'il ne s'agit pas plutôt d'une vraie grande Marcelle, prostituée dont mon père racontait qu'elle fut heurtée par un véhicule alors qu'elle s'adonnait au stop sur la route conduisant à Néris-les-Bains. 

 

Mais où sont les neiges d’antan.

 

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C'est avec son numéro 51 du Jeudi 22 mai 1947 que le titre JEUDI MAGAZINE se changea en ZORRO l'homme au fouet.

 Docteur Jivaro

 

01/12/2012

Les greniers de la BD n° 13

 Coupez lui la tête et pendez le !

 

J'ai connu la BD d'avant 1949 lorsque j'étais gosse. J'en collectionne encore plusieurs titres. Aussi ai-je retrouvé, fouillant mes vieilles paperasses gardées sans soin, beaucoup d'images ayant en commun d'être impossibles à re-publier dans des albums destinés aux enfants d'aujourd'hui. 

Par exemple, un thème comme celui de la pendaison. 

On pendait « haut et court », souvent, dans les bandes dessinées de mon enfance. Je vous en présente au dessous quelques extraits. Leur petit nombre ne rend évidemment pas compte de la quantité de dessins BD consacrés à cette « justice expéditive » fréquente, dit-on, dans le Far West. 

Une évidence sociale en ressort pourtant. Une solide corde de chanvre vaut mieux qu'un long discours « droits de l'homme » lorsqu'il s'agit d'assurer la sécurité publique.


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Le bourreau ne va pas couronner « le géant bronzé demi-nu, roi de la jungle ». Il va l'étrangler – ou lui briser les cervicales. Mais Tarzan demeure d'un calme olympien sévère. Son « regard d'aigle » est pareil à celui que des artistes portraitistes français du XIXe siècle attribuaient à un corse « plus français que tous les français ». Un corse, Napoléon Bonaparte, dont l'Arc de Triomphe est encore utilisé (dévoyé ?) par des républicains démocrates incapables depuis 1874 de débarrasser leur mémoire des fastes impériaux de l'Empire Latin des Césars.

 

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Deux vignettes – choc sorties du n° 49 de JEUDI MAGAZINE, année 1947.

 

Un western produit par NORTIER qui en était à ses premières passes. Le titre ? Pionniers de l'Ouest. 

A cette époque, l'apprentissage du dessinateur se faisait fréquemment sur le tas. Même s'il rendait une BD plus ou moins bancale elle pouvait être publiée semaine après semaine. Au moins servait-elle à remplir une page ! et leur auteur devait se suffire d'être payé avec des clopinettes. 

NORTIER, une fois rodé, fera le relais avec POÏVET pour quelques planches des Pionniers de l'Espérance imprimées dans l’hebdomadaire communiste VAILLANT. 

On doit aussi à NORTIER un des Tarzanides de 1948 : TAO l'homme fauve, dont je vous parlerai avant la fin de l'hiver si la déesse des athées me garde vivant.

 

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L'éditeur CHOTT gagna une place de champion pour la création de situations cruelles dans les BD, visant les suffrages d'un public de gamins populaires français, tous rescapés de la seconde guerre mondiale. 

Le dessin est extrait du terrible Big Bill le Casseur n° 7, année 1947. 

Avant hier, lorsqu'un instituteur coiffé d'un béret d'ennui me tirait par l'oreille, c'était les ligues féminines de vertu religieuse qui s'alarmaient contre les ouvrages BD fabriqués par CHOTT. Aujourd'hui, si CHOTT se relevait d'entre les morts, ce serait la féministe libérée lesbienne qui gueulerait contre lui.  


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Ci dessus, vous avez été déçu, mon brave. On ne voit pas un seul pendu. Pourtant le texte est explicite : Il y bien deux pendaisons simultanées. Mais le dessinateur Le Rallic fut obligé d'en gommer les cadavres pour les remplacer par des lignes pointillées simulant quelque palissade. (On voit mieux ce détail dans l'original du n° 96 de Coq Hardi).


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Se balançant d'un seul bras, Tarzan poignarde éventre le guerrier noir qu'il vient de pendre à l'aide d'un lasso confectionné d'herbes tressées. Ainsi venge-t-il Kala, sa mère adoptive assassinée par l'ennemi. 

C'est après avoir tué cet indigène que Tarzan renonce à pratiquer le cannibalisme. Ce renoncement contraire à la nature première de l'homme, trouve sa compensation-consolation dans le vol du vêtement porté par l’ennemi abattu. Dans cette circonstance, en effet, le jeune Tarzan apprend à se vêtir. Mais s'il se vêt ce n'est évidemment pas par pudeur. C'est par la légitime appropriation d'un objet appartenant à l'ennemi vaincu. C'est une preuve matérielle de victoire.

 

Le paquet grossier du feuillage cachant les fesses du bel adolescent, n'est qu'une vulgaire concession faite à la censure par l'éditeur italien Del Duca. L'original américain, œuvre de l'excellent FOSTER, ignore cette pudibonderie.

 

Doktor Jivaro