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15/10/2020

Tarzanides n° 455

 

Z comme ZORRO

 

 

La période comprise entre la capitulation nazie et le vot'en France de la loi de censure datée du 19 juillet 1949, laissa libres les éditeurs de journaux quant au choix des récits et des illustrations destinés à divertir le bon peuple. Il leur suffisait de se conformer aux mœurs communes : pas de pornographie, pas d'incitation à la criminalité. Un comportement public qui de temps en temps et dans des publications destinées à mon enfance laissait parfois filtrer une séquence plutôt créée pour de grands adolescents en âge de copuler. Par exemple en page 5 de l'hebdomadaire JEUDI MAGAZINE, n° 13 du 29 août 1946.

 

 

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Après cette imagerie, je n'allais plus chercher le bébé dans l'un des choux du potager familial.

 

JEUDI MAGAZINE devait réussir un coup fumant : re-créer le personnage de ZORRO le héros masqué californien dont l'acteur de cinéma Douglas Fairbanks s'était fait comme une spécialité en 1920, dans un film muet mais presque bruyant à force de grimaces et d'acrobaties : Le signe de ZORRO.

 

 

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A son numéro 41 du 13 mars 1947 ZORRO remplaça JEUDI MAGAZINE et son succès lui attira les foudres des ecclésiastiques et des communistes : le masque, comprenez bien, risquait de traumatiser les petits écoliers lorsqu'il était porté par un justicier et non pas par un bandit. Malgré cette hostilité, le journal hebdomadaire ZORRO, de grand format 280 x 380 cm, fut publié jusqu'en octobre 1952. Il faisait parti de nos conversations du jeudi et du dimanche dans l'attente de nos trois mois de vacances d'Eté : juillet, août et septembre, qui rendaient les ouvriers et les paysans, c'est à dire le marteau et la faucille jaloux de ces privilégiés d'instituteurs « payés à ne rien foutre pendant trois mois ».

 

Était-ce aussi ça la lutte des classes ?

 

Doc Jivaro

 

14/05/2020

Tarzanides n° 424

 

RED RYDER, cow boy, donc gardien de vaches, apparut d'abord aux États Unis en 1938 sur des scénarios et des dessins signés de Fred Harman. Succès énorme, bien vite répercuté dans le pays des deux Léon : Blum et Daudet.

 

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Junior n° 187, 28 octobre 1939

 

 

Outre le magazine Spirou c'est JUNIOR, de phénoménales dimensions (28 cm X 97,5 cm qui assura une version française. Mais attention : on était alors français pour ne pas être américanisés, ce qui incitait les traducteurs à contrarier le moins possible l'enseignement de notre vocabulaire national. Ainsi, les demoiselles de l'Ouest des Etats-Unis se prénommaient-elles Colette et Micheline pendant que l’outlaw ... pardon : le hors la loi, s’identifiait Dupont ou Martin mais sûrement pas Billy The Kid ni même Clay Allison.

 

Cavalier Rouge n'est pas simplement un ranchman (faites excuse !) c'est aussi le suppléant d'un shériff (faites encore excuse) d'un shériff courageux mais vieillissant. Les aventurlures de ce Red Ryder se déroulent après les dernières grandes révoltes indiennes quand Taureau Assis (Sitting Bull) est assassiné au cours d'une prise de gueule avec des renégats indiens ; et lorsqu’une Helen Hunt va publier son célèbre réquisitoire : un Siècle de Déshonneur. Les grands troupeaux de bisons ont disparu pendant la construction des chemins de fer, et si le premier téléphone à manivelle existe par contre les médecins se font rares entre les rochers et les cactus cuits et recuits dans le soleil du Colorado. Car c'est dans le Colorado où chevauche Red Ryder Un Rouge Cavalier en compagnie de Petit Castor, un orphelin navajo couronné d’une tignasse noire.

 

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Colorado n° 3, année 1956

 

La fréquence avec laquelle ce Petit Castor avance à quatre pattes, le derrière en l'air, tout en précédant Red Ryder, a fait parfois soupçonner le cow boy rouquin d'intentions entachées de pédophilie ... Mais laissons l'étude de ces choses aux fins limiers freudiens.

 

RED RYDER fut souvent réédité dans nos journaux en marge de nos écoles : non seulement dans Spirou ou Coq Hardi mais encore dans Zorro, dans Colorado, dans Tarzan, etc, etc ... Enfin Édouard François, dans le numéro 44 de Phénix, revue internationale de la bande dessinée, a consacré une douzaine de pages à détailler la filiation entre deux personnages (Bronc Pealer et Red Ryder) filiation par laquelle Fred Harman mérite sa célébrité.

 

Doc Jivaro

 

 

03/03/2020

Tarzanides du grenier n° 410

Doc Jivaro présentement vieilli par l'expansion universelle qui succède au bing bang d'origine, ne se souvient plus du tout quel cousin ou quelle tante lui offrit cet album ZORRO pour les étrennes d'une nouvelle année.

 

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Mais peut être ce livre BD venait il de ma mère. Maman avait l'habitude de cacher dans sa belle armoire à linge intime certains cadeaux qu'elle me réservait. Il y avait une grande glace devant laquelle maman se maquillait pour se rendre belle pour la promenade du dimanche après-midi. Un soir, mon père se prit à menacer la grande glace de ce meuble : "Je vais tout casser à coups de marteau !" Maman répondit entre autres paroles de riposte : si ça peut te calmer, vas y, casse ! ... Elle venait de refuser de l'argent à mon père qui avait une dette de jeu. Mais pourquoi je vous raconte ça, moi ?

 

Donc l'album ZORRO, numéro 11 je le tenais, c'est probable, de Maman.

 

A ce moment là le masque de ZORRO était très mal vu des messieurs et des dames empressés de démunir les gosses de leurs personnages de bédé favoris. L'éditeur Jean Chapelle du "Renard" mexicain, logé au 22 de la rue Bergère dans Paris, fit une concession pour s'éviter des sanctions : il dévoila le visage du héros.

 

 

BD-Zorro,masqué,-1948-1951.jpg

Zorro n° 129, année 1948 et n° 267, année 1951

 

Étant enfant je ne m'inscrivis dans aucun des clubs que des journaux de BD organisaient pour maintenir auprès d'eux la jeunesse. Ni dans la tribu du Sachem sans plumes de COQ HARDI, ni parmi les Fils de Zorro on ne trouvera ma présence. Quant aux deux abbés Chevalier et Sauvageot de l'école confessionnelle de la paroisse Saint-Paul, ils me laissaient partager les jeux de leurs louveteaux sans jamais officialiser ma présence.

 

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Présentement et toujours dans le même mauvais état d'esprit je ne me décide pas à porter le masque anti-coronavirus. Et remarquez bien que ma n'épouse est une tête de mule pareille à la mienne : elle ne se décide toujours pas à porter le niqab dans cette démocrassie qu'est devenue la France du mieux vivre ensemble en toute amitié, le cambrioleur à côté du cambriolé.

 

Doc Jivaro

 

02/11/2019

Tarzanides du grenier n° 385

 

K.O. par ZAR'O



Pour la jeunesse des années 50, MOUMINOUX était un dessinateur de BD travaillant avec l'éditeur Fleurus en même temps que traçant les décors tout autour du détective VAL-HARDI dont Gillain-Jijé campait la silhouette. Pour la génération suivante de l'après Mai 68, le même MOUMINOUX était réputé pour avoir créé des séries adultes telles que Le Goulag ou encore Krampon.



De mon côté la signature MOUMINOUX apparut devant mes sept ou huit ans d'âge, chez un voisin plus grand que moi, et dans les aventurlures de ZAR'O.



 

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Taille réelle : 24 X 31 cm

 

 

On ne rigolait pas à ce moment là : les bagarres à grands coups de poing vous démolissaient le portrait. C'était "la tête au carré" (pourquoi pas au cube ?). D'abord édité par Claire Jeunesse puis par la Société Européenne du Livre ZAR'O totalisa dix huit numéros chacun n'ayant que sa couverture colorée, les quinze pages suivantes restant en noir sur blanc.



L'épisode ZAR'O "Prend sa revanche" contient nombre de paroles écrites en langage allemand. Et la question peut se poser : Ne peut-on voir en elles comme l'une des preuves que l'auteur MOUMINOUX d'origine maternelle germanique, avait été volontaire dans la Grossdeutschland attaquant l'URSS Stalinienne ? En tout cas, dans ce numéro de ZAR'O nous lisons des phrases entières rédigées dans la langue de Goethe, ce qui constituait une exception dans une BD française pour enfants au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. 



Deux exemples :

- "Hauptmann Hans Friedrish" et encore "Ich bitte ein freiwillig fur die werk ...



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Contrairement à certains commentaires datés des années 1980, MOUMINOUX ne créa pas la figure de ZAR'O. Celle-ci nous vint de Galland, lequel s'inspira de la silhouette sombre et masquée de ZORRO pour réaliser les quatre premiers numéros du journal ZAR'O. C'est le vigoureux MOUMINOUX qui, ayant pris le relais pour la suite de la série, en supprima la référence au "renard" hispano-californien inventé par McCulley en 1919.



Doc Jivaro

 

10/07/2019

Tarzanide improvisé néanmoins n° 360

Cette année encore Fausto Coppi et "tête de cuir" n'ont pas été présents sur la ligne de départ du Tour de France. "Tête de cuir" était le sobriquet donné à Jean Robic, un breton entêté auquel ses médecins avaient conseillé de protéger son crane déjà victime d'un accident. A l'époque, le port d'un casque pendant une épreuve cycliste n'avait rien d'obligatoire, si bien que le bonhomme passait pour un original.

 

Cette année encore et encore, les compétiteurs hommes noirs semblent ne pas participer à la célèbre course par étapes. En tout cas la TV se montre très discrète quant à leur existence (semblerait qu'il y en a deux, chacun moulinant deux pédales).

 

 

BD-Zorro Roi-Petite-Reine,-1953.jpg

 

 

Faut-il toujours rappeler que Pellos, de son nom véritable Pellarin, qui naquit en 1900 avant de périr en 1998, se classa définitivement comme le dessinateur de BD françaises le mieux qualifié pour raconter en images les récits relatifs aux sports. La boxe, la lutte et le foot, le ski, l'alpinisme et le tennis mais aussi le cyclisme, tous s'animèrent entre ses mains si j'ose dire. C'est même lui qui attribua à un homme de couleur un rôle non pas simplement sympathique mais décisif quant au choix des épreuves sportives. Au risque, parfois, de chocs dangereux plus proches du pugilat entre voyous que d'une mêlée de rugby entre gentlemen. On peut vérifier ces évènements dans l'hebdomadaire ZORRO depuis 1951 jusqu'au premier trimestre de l'année 1954, trimestre qui achève les exploits sportifs de "Chouchou roi de la Petite Reine".

 

Doc Jivaro

 

29/06/2019

Tarzanides du grenier n° 358

 

Oui, c'est bien tout à la fin des années 1970, que René et moi avions pris l'habitude de commander notre café double matinal dans un établissement de la Rue Aux Ours : au petit marsouin, c'était l'enseigne. existe t-il toujours ? Pour vous en dire un peu, René, de corpulence trapue et plus âgé que moi, tenait un rôle de "videur" dans un des b... du quartier des halls. C'est ce qui explique qu'une dame s'asseyait parfois à notre table. C'était une gagneuse d'assez haute taille, robuste, coiffée d'une chevelure blonde qui lui descendait à l'arrière jusqu'au promontoire de son fessier. Nous bavardions de tout et de rien jusqu'à ce qu'elle dise : Bon, moi, Carole, je vais me pieuter !

 

Elle en lessivait, rue Quincampoix, chaque nuit . Les filles de ce temps là dans ce quartier parisien couvraient 'les trois-huit" comme les travailleurs syndiqués de Billancourt.

 

 

Une fois je me laissais raconter que je faisais de la bande dessinée. Des guignols, vous savez. Oh ! s'exclama Carole, quand j'étais gamine je lisais TARTINE ! qu'est ce que je me tordais avec ça !"

 


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Doc Jivaro, il ne s'est jamais intéressé à TARTINE qu'il entrevit d'abord dans le mensuel de poche ARC EN CIEL (164 pages) des Éditions de l'Occident en Belgique. C'est Jean Chapelle le créateur avec Oullié du journal Bédé ZORRO, qui propagea en France la publication des aventurlures de TARTINE, une herculéenne grand'mère bien mieux sociable que Tatie Danièle.

 

 

 

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Lorsque je rencontrais Jean Chapelle en 1965 ou 66, pour lui présenter quelques uns de mes travaux, c'est lui qui précisa que cette TARTINE en France s'appelait Abélarda en Italie.

 

Pendant ces moments passés, la bande dessinée n'était pas encore devenue une mode chez les adultes et je ne me souviens même pas si l'Anthologie Planète avait déjà publié son épais volume des "Chefs-d’œuvre de la bande dessinée".

 

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Doc Jivaro bénéficie depuis plus de quinze ans d'une retraite mais celle ci ne lui donne aucun droit à des congés payés. Preuve que la législation du travail n'est pas vraiment bien accomplie.

 

Doc Jivaro