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05/04/2018

Salon des séniors 2018


GASTON ?


60 ans déjà

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06/04/2012

Marsupilami

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Marsupilami


Chef d’œuvre BD.

Vous pouvez vous abstenir du film.

Vais remettre la pendule à l'heure : Spirou n'était pas manchot, son copain Fantasio n'ayant pas été cul-de-jatte.

Et ce fut une jeune journaliste qui découvrit le Marsupilami. Reportage filmé à l'appui, elle raconta, fin année 1956, les moeurs sauvages de cet animal dans la jungle de Palombie. Spirou et Fantasio l'appelaient Séccotine, la demoiselle. Une manière de faire comprendre aux filles qu'entre garçons d'une dizaine d'années toute présence féminine tenait du pot de colle. Elle squattait le groupe des petits machos : « Que fais-tu là ? On t'a pas sifflée, toi ! ».

Lorsque j'étais écolier, pour me rendre à l'école Voltaire depuis le quartier Beaulieu, le parcours était divisé en deux côtés : trottoir de gauche pour les futurs messieurs ; trottoir de droite pour les prochaines mères de famille. Séparation des deux genres. Le petit mâle qui osait enfreindre ce règlement non écrit mais habituel se changeait ridiculement en « Jean la fille ».

Le premier scénario du Marsupilami est un scénario pour amoureux. A l'époque, un choix très rare pour une BD destinée à un jeune public. D'autres journaux tels que Tintin et Cœurs Vaillants, sous contrôle catholique, en eussent refusé la publication. D'ailleurs, dès le début, notre Marsupilami bagarreur, dévoreur de piranhas et cherchant à satisfaire son besoin sexuel éprouva des ennuis à cause de la loi du 16 juillet 1949. D'aucuns voulurent lui faire la peau. « Ils le dénoncèrent comme très nocif pour la jeunesse » expliqua son créateur Franquin, en 1969, dans Réussir, collection qui parut chez Marabout.

C'est pourquoi notre Marsupilami, pour survivre, dut s'assagir dans la suite de ses aventures.

Malgré la fourberie de ses ennemis le fabuleux marsupial réussit à s'imposer jusque dans la vie quotidienne des familles. Son hébergeur Spirou fit même fabriquer de petits mannequins en latex, augmentant célébrité et commerce du personnage.

De cette façon, le Marsupilami se retrouva souvent suspendu à l'avant des voitures, à hauteur du pare brise, remplaçant comme fétiche protecteur des voyageurs la traditionnelle médaille de Saint Christophe.

Ce qui fit enrager les bons apôtres du ciel qui, de guerre lasse, renoncèrent finalement à faire brûler cette créature à poil, eux qui tant et tant firent brûler les statuettes des animistes africains et polynésiens.

Longue vie au Marsupilami !

 

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Le seul, le vrai Marsupilami.

Oui, dommage, il y a une absence qui le mutile au bas du ventre …

Mais le dessinateur Franquin se classa tout de même parmi ceux qui préparèrent l'émancipation adulte de la BD des années 70 et 80.

Bar-Zing

30/10/2011

Brassens "Gare au gorille"

 Quel sale macho, notre moustachu national !

 

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En 1952, Brassens crée Gare au gorille.

 

Une chanson quasi interdite sur les radios d'une époque pendant laquelle les mœurs étaient encore inspirées d'une propagande religieuse omniprésente en Europe de l'Ouest. Et dans les journaux pour la jeunesse, les restrictions devenaient d'autant plus nombreuses que la censure se faisait double : catholique et communiste – c'est la loi sinistre de juillet 1949, principalement sévère à l'encontre de la bande dessinée.

 

On est en 1953. A ce moment là, le bédéiste Franquin, qui vient de créer le phénoménal Marsupilami malgré l'hostilité des instituteurs et des curés, se permet un clin d'œil à l'adresse de Brassens, poète alors maudit.

 

Les numéros 809 et 810 de l'hebdo SPIROU montrent sur leurs premières et quatrièmes pages un … gorille, lequel jette la panique parmi les passagers d'un paquebot.

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 Le gorille et, en particulier, la guitare qu'il transporte, ne peuvent pas avoir été dessinés par hasard, sans une allusion en faveur des paroles provocantes que Brassens a placées dans son « Gare au gorille » daté de 1952. 

J'attends une remarque pertinente. 

 Bar-Zing

  

15/05/2009

BD

 

Un de mes visiteurs m'ayant prévenu de son désaccord d'avec quelques-uns des aspects de mon blog du 12/05, j'avais aussitôt pensé le contacter personnellement par courriel. Cependant, comme le sujet traité intéresse certainement d'autres internautes c'est par l'intermédiaire de Bar-Zing que je donne une réponse publique.

 

Oui, allez, c'est exact : l'expression "assez bien innocenté" s'est trop vite formée sur mon clavier. Hergé fut, en effet, repêché d'un marécage et non pas réhabilité bien au sec par R. Leblanc.

Je réagissais à un article paru dans
Marianne, à propos de l'album où Spirou et Fantasio sont présentés comme deux résistants à l'occupation allemande de la Belgique. Et j'insiste encore là dessus : deux résistants tellement secrets qu'ils en sont restés inconnus pendant plus de soixante années après le suicide de l'amant terrible d'Éva Braun. Reconnaissons donc que ça fait un sacré temps d'hibernation aux abonnés absents !

 

Aussi maintiens-je l'avis selon lequel le journal Spirou fut toujours très avare de scénarios montrant des héros réels ou fictifs engagés contre l'Hitlérisme et la Weichmart. Mon visiteur signale, comme pour fournir une indulgence aux anciens équipiers de l'hebdomadaire franco belge, la bande dessinées Svaztika, que je me souviens avoir appréciée. Mais ainsi que le précise Jean G. ce récit date de 1983. C'est donc reconnaître indirectement que Spirou attendit fort longtemps après « La Chute » pour faire de cette époque féroce le thème d'une BD.


Enfin, quand je scanne une vieille image BD montrant
Fantasio en présence d'un artisan tailleur « nez crochu » croyez que ce n'est pas pour dénigrer à titre posthume, Franquin. J'en suis bien incapable.

 

Franquin était gentil, affirmez vous. Ne m'en voulez pas si je ne suis pas entièrement persuadé de la qualité du mot. Beaucoup trop de gentils distribuent des gentillesses à égalité entre le bourreau et sa victime. Certes, tous les gentils ne s'élèvent pas jusqu'au pyrrhonisme vénal pratiqué par des courtisanes ; mais ils ont une façon bien à eux de croire s'épargner tous les ennuis en ménageant et la chèvre et le chou.

 

Quant au fait qu'un des plus célèbres créateurs de BD ait quelque peu collaboré avec d'autres collaborateurs de l'Allemagne nazifiée, c'était « dans l'air du temps » comme on dit à la sauvette. C'est de l'histoire humaine. Et vous savez, du côté gauche aussi, en politique, on s'accommode parfois des « erreurs de jeunesse » de tel ou tel nouveau camarade recruté.

 

Entre autres, voyez les bédéistes Liquois et Poïvet. Le second nommé prolongea l'aventure "Vers des Mondes Inconnus" que le premier avait débuté, tous deux plaçant leur talent au service du journal Le Téméraire, celui ci connu comme magazine insidieusement hitlérien. Or, immédiatement après la destruction de Berlin, ces deux braves gaillards se retrouvèrent travaillant pour le compte de … de Vaillant, illustré classé communiste intransigeant.

 

J'ai toujours plaisir à lire les commentaires qui me parviennent, même s'ils me mordent le mollet que j'ai plutôt dur.

 

Bien amicalement à l'internaute qui vient de rappeler mon attention sur les qualités exemplaires du dessinateur Franquin, duquel je possède environ une dizaine d'autographes accompagnés de petits dessins années 60.

Ryal

 

Le-Téméraire-2.jpg
Le-Téméraire-.jpg

Liquois et Poïvet

1943 et 1944

Bandeau  LE TEMERAIRE,  N° 38, Août 1944 (dernier numéro)


 

 

08/05/2009

Spirou 8 mai 1945

Fallait que ça me saute aux yeux … Je viens de feuilleter Marianne.

On y trouve un article quasi publicitaire pour un nouvel album Spirou : « Le Groom vert-de-gris ».

Toujours pas mort, le petit rouquin qui fut créé par un français : Robert Velter ; et non pas par un belge.

La longévité de Spirou résulte peut être de la crise de rire qui le secoua à l'annonce de la mort de son rival Tintin Hergé (1983).

 

Spirou-1.jpg

 

Rétrospectivement, deux auteurs viennent d'inventer un Spirou résistant à l'occupation de la Belgique par l'Allemagne nazie. De quoi laisser dubitatifs les vieux amateurs tels que moi qui, en plusieurs décennies, n'ont jamais aperçu fut-ce une seule histoire au cours de laquelle Spirou et Fantasio aient eu à affronter « La bête immonde ».

J'irai presque jusqu'à soutenir que de tous les journaux publiés pour la jeunesse en France après la capitulation allemande de 1945, Spirou fut l'un de ceux qui se soucièrent le moins de créer des scénarios engagés contre la période hitlérienne. Si on fait exception de quelques histoires résumées naïvement par l'Oncle Paul pour ses deux neveux, Spirou resta silencieux et comme inactif vis à vis du troisième reich, y compris contre ses nostalgiques. Une aventure comme celle de Soleil Noir, dessinée par Jijé (1958), évoque bien des revanchards mais il s'agit des japonais d'Hiro Hito, non pas de nos cousins germains.

Dans Le Groom vert-de-gris, les réalisateurs brocardent quelque peu le « collaborateur » Hergé, oubliant peut être que ce dernier fut assez bien innocenté par un résistant authentique : Raymond Leblanc (1915-2008).

L'article dans Marianne se termine en affirmant que Franquin lisant Le Groom vert-de-gris « aurait adoré ».

Moi je me refuse à faire parler les morts.

Par contre je conseille de voir ou revoir les toutes premières aventures de Spirou et Fantasio. Voici d'ailleurs une image extraite du numéro 441 de septembre 1946, soit une année après la mort d'Adolf Hitler.

 

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« Un dessin vaut souvent mieux qu'un long texte ». C'est une parole prêtée à Napoléon, à ce qui se raconte.

Yral