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27/05/2017

Tarzanides du Grenier n° 253

 

 

- « Pas encore besoin couronnes ! Toi rester calme ! Flèche seulement percé veston ! Mais moi lâcher revolver ! »

 

Langage quelque peu primaire que je viens de recopier tel quel dans une traduction des aventures BD d’un détective actif dans le pays de l’Oncle Sam. Ne s’agit pourtant ni de Dick Tracy ni de Rip Kirby. S’agit de CHARLIE CHAN. Un Charlie Chan tellement oublié de nos jours que beaucoup de jeunes amateurs de BD actuelles mettraient leur main à couper qu’il n’exista jamais.

 

Venu de Chine, Charlie Chan réussit ses enquêtes chez nos cousins américains. Mais, attention ! pas dans les grandes villes continentales ; pas dans Chicago, pas dans New York, pas dans Las Vegas. Non ! Son métier à risques il l’exerce dans les îles HAWAII.

 

Mon père pendant sa jeunesse entrevit les yeux bridés de ce chinois qui n’était pas blanchisseur mais ne lui accorda pas l’importance accordée à ses premières cigarettes de marque Gauloise. Charlie Chan débuta en France dans l’hebdomadaire JUNIOR lorsque ce journal rivalisait avec Le Journal de Mickey pendant la fin des années 1930.

 

Après la Seconde Guerre Mondiale, c’est Bernadette Ratier, résistante du groupe « Combat », qui ramena chez nous dans un magazine de BD nouvellement créée, la physionomie exotique de Charlie Chan. La première planche parut dans le numéro 70 de MON JOURNAL. Le calendrier indiquait alors 1er janvier 1948.

 

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Charlie Chan se prolongea jusqu’au 15 avril 1948, s’arrêtant dans le numéro 85 de MON JOURNAL, lequel, semaine suivante, allait s’achever à son tour dans le numéro 99 d’un ZORRO alors en plein essor et logé au 22 rue Bergère.

 

Les scénario (surtout pas « scénari ») de Charlie Chan n’ont ni les subtilités psychologiques des intrigues de Rip Kirby, ni la documentation scientifique utilisée par l’Inspecteur Dick Tracy dans sa lutte contre le crime organisé. Quant au dessin paraphé d’Alfred Andriola, Doc Jivaro n’apprit que tardivement que cet auteur n’offrait qu’une interprétation appauvrie des romans policiers écrits, dès 1924 ou 1925 par un certain Earl Biggers.

 

Existe aussi une série de publications produites par les Éditions Mondiales et dont le dépôt légal date de 1947. Et l’Éditeur Futuropolis, en1980, réédita partiellement des enquêtes menées à bien par le fils du ciel.

 

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   Editions Mondiales, année 1948

 

 

Publié chaque jeudi, MON JOURNAL rappelle à ma génération que ce jour de la semaine était le jour de repos des écoliers. Les enfants, principalement ceux des familles populaires, improvisaient leurs jeux dans la rue, souvent sans surveillance parentale. Lire et regarder des bandes dessinées, une occupation d’autant plus séduisante que la télévision n’existait pas pour nous. Nous nous prêtions et échangions les illustrés, et lorsque nous en fixions la valeur marchande c’était presque toujours en utilisant des billes en guise de monnaie de base.

 

Les billes appartenaient aux garçons. Les filles n’y avaient pas droit. Qu’elles aillent dans leur coin jouer à la marelle ! Il y avait de l’ordre là dedans. Comme qui dirait le jeu de billes était une des prérogatives de la braguette.

 

Doc Jivaro et Mfcl

 

14/01/2017

Les Tarzanides du Grenier n° 237

Les éditions Casterman et Moulinsart SA doivent faire des choux gras en rééditant le bon vieux Tintin au pays des SOVIETS (1929) mais dans une version prostituée à la colorisation. Donc dans une falsification avouée.

 

Vous n’allez pas me dire que vous n’accepteriez de vous rendre à une rétrospective des gravures de Dürer ou de celles de Rembrandt qu’à condition qu’elles aient été d’abord scannées et colorisées sous prétexte de les rajeunir ou de les rendre plus vivantes – pouah !

 

 

A propos de TINTIN au pays des SOVIETS, le fanzine RECTO VERSO numéro 3 de l’année 1983, (tellement rare qu’il en est aussi précieux qu’une des précieuses pierres du Graal), le fanzine RECTO VERSO, dis-je, publia en son temps une page critique bousculant quelque peu la mémoire d’Hergé après le trépas du Monsieur Belge. Voici cette page mais amputée d’une de ses vignettes dont le sujet ne concerne pas Tintin.

  

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- Doc Jivaro ?

- Oui ?

- Si t’aimes pas l'arc en ciel n’en dégoûtes pas les gens.

- Soyez sérieux ! Doc Jivaro aime les couleurs en Art lorsqu’elles y sont utiles. Exemples : Le dernier tiers du film YVAN LE TERRIBLE ou encore dans ANTONIO DA MORTES film de 1969. Sans oublier qu’existe aussi un DICK TRACY de 1990 ayant bien joué des teintes fluorescentes. Mais qu’un quelconque quelqu’un vienne à trahir en le colorisant KING KONG, le seul vrai KING KONG, celui de 1933, j’envoie en riposte la Reine du Royaume d’Opar couper les deux breloques du quelconque quelqu’un.

 

Vous voilà tous avertis, cornegidouille !

 

Doc Jivaro et Mfcl

 

25/06/2016

Les Tarzanides du grenier n° 218

 

En 1937, ROB VEL inventa pour la bande dessinée un jeune garçon aventureux qui …

 

- SPIROU ! c’est SPIROU, M’sieur !

 

Je n’avais pas eu le temps de préciser ma question que déjà un de mes jeunes adhérents tout heureux de devancer ses collègues d’atelier, se précipitait pour répondre.

 

- Eh ! Non, pas Spirou, dis-je.

 

- Si, M’sieur, si !

 

Tout adolescent protège ses entêtements : J’eus les miens.

 

- En 1937, ROB VEL ne créa pas Spirou, il créa … (avec ta permission je continuerai ma phrase) … Il créa TOTO. Bien sûr, il créa aussi Spirou mais après, en 1938. Coupons la poire en deux et acceptons ensemble de voir dans TOTO comme le frère aîné de SPIROU.

 

Donc, en mars 1937, et pour prévenir les enfants de la naissance d’un nouvel illustré capable de divertir leurs jeudis, Rob Vel encouragea la distribution publique d’un spécimen gratuit du JOURNAL DE TOTO.

 

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ROB VEL, en réalité : Robert Velter, ne venait pas de Belgique, contrairement à ce que crûrent longtemps des multitudes d’enfants. Né en France, il y décéda le 27 avril 1991.

 

Vendu « seulement » au prix de cinquante centimes, le Journal de TOTO n’édita d’abord que des BD européennes (Boder, Perret …) aussi insipides qu’une poignée de rondelles d’Eucharistie ; puis très vite et heureusement, il sélectionna des séries américaines de qualité : Joé sans peur, Dick Tracy, ou encore Jim Roule-ta-bosse sous lequel se dissimulait LE Red Barry de Will Gould toujours aux aguets dans les ruelles d’un dangereux quartier chinois.

Il y eut aussi une sympathique série humoristique : Poupette et son Fiancé, publiée en couleurs sur la dernière page dont les grandes dimensions de 28 X 39 cm n’existent plus aujourd’hui pour un journal destiné à la jeunesse.

 

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Notons que la différence entre TOTO le mousse et SPIROU le groom pourrait être que le premier voyage pour rencontrer des peuples étrangers alors que le second reste sur place pour accueillir toute une population cosmopolite. Mais cette différence n’est qu’illusoire puisque l’uniforme rouge du groom SPIROU était porté par des mousses à bord d’un transatlantique des années 1920.

 

Au final, TOTO n’eut pas à se compromettre avec l’Autorité Allemande victorieuse contre les gouvernementaux d’une Troisième République dirigée par la Franc Maçonnerie : Toto arrêta sa publication à son 170e numéro en France le 13 juin 1940.

 

Un 18 juin suivit, précédant quatre années de cuisson des rutabagas.

 

  

Doc Jivaro