01/12/2018
Tarzanides du grenier n° 326
Collectionneur ! tu perdrais ton temps en cherchant chez un marchand de vieux papiers cet exemplaire : celui-ci n'existe qu’en une seule unité, celle fabriquée par Doc Jivaro. Donc il s’agit d’une « reliure amateur » groupant treize numéros de la collection « Supplément à Tarzan » des années 1947 -1948, chaque numéro au format italien 19,5 X 26,5 cm et comptant 12 pages dont la première bénéficie d’une parution en quadrichromie.
L’éditeur en était Del Duca, alors empereur de la Presse du Cœur destinée aux midinettes dans l' attente du prince charmant.
« J’en lisais ! oui tu ne me croiras pas ! j'en lisais ! » c'est ce que me disait une femme de mauvaise vie mais de bons vits.
– Quelle vulgarité, Monsieur !
Une femme de mauvaise vie qui fit ses débuts parisiens rue La Reynie au début des années 60 quand le Centre Beaubourg n’existait pas.
Les épisodes, tous d’origine américaine et principalement ceux du Détective VIC FLINT, à eux seuls, suffiraient à expliquer pourquoi à l’époque nombre d’éducateurs, de politiciens et de religieux estimèrent sauver mon innocence d’enfant en faisant voter une certaine loi que je cite souvent.
Dans ce VIC FLINT, on tue, on tue, on assassine à grands coups de revolvers, au couteau, au hachoir de boucherie, etc. pendant que de jolies femmes en soutien gorge versent du poison dans le thé des vieilles et riches rentières… Il y a même un scénario où une demoiselle toute neuve de 12-13 ans use de ses charmes pour se faire payer le cinéma par VIC FLINT. Ceux d’entre vous qui connaissent la récente série Télé NESTOR BURMA retrouveraient chez VIC FLINT un même trio de base : le détective privé, sa secrétaire plus ou moins sexy et le commissaire fonctionnaire de police plus ou moins jobard. En résultat : des personnages et des situations impossibles à publier dans les 690 numéros de l'hebdomadaire belge TINTIN - Mille sabords !
C’est un garçon plus âgé que mon âge, qui me fit connaître cette série noire dessinée. Il était le fils du dernier maréchal ferrant dans Chenérailles en Creuse. Ce qui explique que pour moi certaines anciennes BD interdites par la loi de 1949, sont inséparables dans ma mémoire de l’odeur de la corne grillée du sabot d’un cheval que l’on ferre.
Le fils du maréchal ferrant et moi appelions « Images à lire » ce qu’aujourd’hui nous appelons tous « bandes dessinées ».
C'était à l'étage de la maison, dans une soupente formée par l'inclinaison de la toiture, qu'une quantité d'illustrés jonchait en vrac le plancher. Plusieurs datés d'avant 1940 ; dont deux reliures HOP LA ! et un ROBINSON d'une épaisseur qui pesait son poids d'aventures entre mes doigts de mioche. Pour accéder à cette soupente, il fallait traverser une sorte de chambre, peut être celle de la grand-mère très myope, dont le lit couvert par la blancheur des draps me semblait impossible à déranger, chaque soir, par l'intrusion d'un corps vieilli.
Mapple la gamine ne souhaite pas s’amuser d’un dessin animé familial mais préfère frémir devant un vrai film de gangsters.
Doc Jivaro
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28/11/2018
En marge des Tarzanides
Encore LUI – Toujours LUI !
Prisonnier, une fois de plus ! des Thugs religieux, le Fantôme du Bengale va subir un supplice ultime : le poing Marteau-Pilon d’un des bras de la déesse Kali va lui écrabouiller la tête.
C’est du moins ce que les enfants de l’année 1952, en janvier, pouvaient craindre. Et j’en étais.
Seulement voilà : il y avait tromperie dans l’interprétation française qui nous était vendue 20 francs la petite brochure de 20 petites pages. Tromperie car dans l’original américain le héros masqué n’allait pas être mis à mort par écrasement mais par égorgement. En réalité, le censeur avait effacé le poignard sur la page 17 mais avait oublié de l’effacer sur la page 18.
La censure est souvent une vieille fille pas toujours sérieuse.
La secte meurtrière indienne des Thugs fut démantelée par l’armée anglaise, de même que la crémation des veuves vivantes sur le brasier de leur mari défunt fut interdite par les mœurs chrétiennes des colons britanniques.
J’espère que ce n’est pas à cause de tels faits historiques que notre Macron national conteste la valeur civilisatrice des anciennes colonies européennes.
Doc Jivaro
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24/11/2018
Tarzanides du grenier n° 325
Ce jour, Doc Jivaro a décidé de ne pas se fatiguer, puisant dans ses réserves. Aussi se suffit-il de présenter la planche BD n° 2 de l'épisode "Du Porc Chez Les Cochons" ; épisode dont il signala l'existence samedi 10 novembre.
Voici les dimensions réelles : 47 x 64,5 cm. L'encre de chine et la gouache aquarellée en sont les matériaux.
Doc Jivaro.
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17/11/2018
Tarzanides du grenier n° 324
L’esprit qui marche
ne nuit pas à la mobilité des corps
De tous les aventuriers de la BD américaine édités en France, le FANTÔME DU BENGALE reste sûrement celui qui fut embrassé amoureusement par le plus de jolies femmes. Et pas des femmes de tout repos : femmes pirates, femmes gangsters et femmes vampires (Les vamps), avec pour comble : les femmes infâmes.
Embrassé malgré lui le champion masqué paraît réfractaire à tous charmes féminins. Mais non, mais non ! seulement voici : le FANTÔME tient absolument à rester fidèle à sa fiancée : Diana.
Image année 1937
TARZAN, à son tour, est souvent sollicité pour des galipettes par de belles dames … Mais il n’est jamais dessiné accomplissant un bouche à bouche. (Sauf dans une image datée du dimanche 9 juillet 1939 sous l’étreinte de la Reine des Amazones). Mais vous, échapperiez vous à une Reine des Amazones quand vous n’échappez même pas à bobonne ?
Image 1947
Est-il encore nécessaire de rappeler que la loi du 16 juillet 1949 infligea une censure à ce genre d’imagerie pendant plus d’une quinzaine d’années dans les journaux illustrés destinés à notre chaste adolescence ?
Image Tarzan 9 juillet 1939
Regardons la vignette du 9 juillet 1939. La prise de vue est effectuée de loin pour amoindrir l'effet érotique, pendant que le dessinateur ajoute l'ombre de la tête de la femme pour cacher mieux encore le baiser amoureux. Burnes Hogarth pratiqua dans tous ses travaux publics une censure anti-sexuelle.
Doc Jivaro
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12/11/2018
Après Luguy, voici Bar-Zing Fernand de Coursensac
Au moins trente années (30) avant d'être le nom de mon blog, BAR-ZING était le titre d'une BéDé d'un genre western et regroupant un peu plus d'une centaine de pages, chacune de format 40 X 60.
(Pinceaux, encre de chine et gouache aquarellée).
Arrive toujours les moments où il faut faire un bilan.
L'actualité contemporaine attendra demain.
Doc Jivaro
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10/11/2018
Les Tarzanides du grenier n° 323
Au soir de ce soar, 22 H 10, sur Ciné+Classic, le retour d’une de nos vieilles connaissance du cinéma des salles obscures françaises. Lemmy Caution ... Pardon : Eddie Constantine.
La Môme Vert-de-Gris
Pas un chef-d’œuvre du cinéma pour intellos mais le titre doit retenir notre attention pour deux raisons : il fut le numéro UN publié dans la célèbre collection Série Noire de chez Gallimard ET EN MÊME TEMPS il fut le film qui lança définitivement Eddie Constantine dans le 7ᵉ Art.
La sculpturale Dominique Wilms débutait pareillement, elle, qui ondulait dans une robe-fourreau habitée par une sirène sur deux jambes. (De quoi faire s'aggacer la Schiappa de service !)
D'aucuns savent, d’autre pas, que Lino Ventura servit de modèle involontaire pour un personnage Bédé : BLACK BOY (créé par Chott) et que le lieutenant Blueberry dessiné par Gir-Giraud s’inspirait de la physionomie de Jean-Paul Belmondo. De mon côté, j’ignore encore si Eddie Constantine prêta son visage à tel ou tel héros de la bande dessinée française. (Exista un pocket italien SADIK dans lequel nous reconnaissons volontiers Lemmy Caution).
Regardez à gauche, rien ne manque : les petites pépées et le lampadaire
devenu dès son installation l'objet-symbole des nuits prostitutionnelles.
Vous voyez bien que certaines images d’annonces publicitaires pour des films font penser aux manières graphiques de bande dessinée.
Alors n’oubliez pas à 22 H 10, ce samedi, le rendez-vous avec Dominique Wilms.
- Âgée de 88 ans ?
Doc Jivaro
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