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15/09/2018

Tarzanides du grenier n° 315

On sait … (Comment ça, vous ne savez donc pas encore que l’on sait ?)... que le chancelier du IIIe Reich appréciait plusieurs des films américains, en particulier « Autant en emporte le vent ». Aussi encourageait-il les cinéastes allemands à égaler, voire à surpasser leurs rivaux d’au-delà du royaume des Atlantes.

 

Par contre … par contre Adolph H. ne manifestait que du mépris envers un personnage fictif créé par un romancier et devenu un des phénomènes du cinéma capitaliste : TARZAN.

 

Alors, comment expliquer, ne serait ce que partiellement, le refus entêté avec lequel le dictateur excluait de son panthéon personnel un athlète tel que Lord John GREYSTOKE ; athlète dont l’anatomie idéalisée par l’écriture et le dessin s’inspire d'un art Gréco-romain tant admiré par les germaniques Nationaux Socialistes ?

 

Le premier roman publié porte pour titre TARZAN APES MAN. Ce qui revenait à écrire pour nous : « Tarzan des singes » ou encore « Tarzan chez les singes ». Mais par la suite et partout dans les pays civilisés cette formule verbale se modifia, amalgamant sous l’appellation « Homme-singe » l’acrobate des arbres et des lianes. Donc Tarzan devenait une créature hybride.

 

Les créatures hybrides dans lesquelles se mêlent l’humain et l’animalité ont  toujours été interdites chez les religieux ayant foi dans le monothéisme. Or, Adolph H avait bel et bien reçu une éducation religieuse chrétienne, donc monothéiste, pendant son enfance. On peut donc supposer que chez cet hystérique la persistance religieuse chrétienne lui rendait inacceptable toute sympathie pour un être ambiguë moitié homme moitié singe. Un anti Darwin absolu. Pas de filiation, donc pas d'hérédité biologique entre les bestes et les humains. Votre chien pisse et que vous pissiez aussi n'apporte pas la preuve d'une animalité commune à vous et votre chien. D’autant qu’il ne vient jamais à l'idée de votre chien de se tricoter un bermuda pour cacher sa paire de testicules.

 

Tarzan,-1949.jpg

 

Dans ce dessin signé de Hogarth, l’artiste met en évidence une fière nature humaine visiblement imitée de la statuaire gréco-romaine. Certes, Hogarth n’égala jamais le génie de Michel Ange quoiqu’il y prétendit encouragé en cela par d’enthousiastes admirateurs. Cependant remarquez bien que dans cette image l’homme-singe n’est pas Tarzan mais plutôt la créature voûtée, proche de lui et comme paraîssant se relever d'avoir marché à quatre pattes. Et notez le jaillissement du feuillage qui couronne la gueule-tête :  à croire que le héros c'est le simiesque !

 

Doc Jivaro

 

08/09/2018

Tarzanides du grenier n° 314

 

Doc Jivaro, au risque de décevoir, précise volontiers qu’il ne se compte pas parmi les fan's de Jean Smet alias Johnny Hallyday … Toujours il lui préféra un Brel ou même un Aznavour. N’empêche qu’il ne se retient pas de rappeler que le rockeur « idole des jeunes » qui grava un premier 45 tours en duo avec la blonde Rita Cadillac (!), aida à la création d’un nouveau journal de BD en 1970. Un journal qui, comme par hasard, avait pour enseigne JOHNNY.

 

 

BD-Johnny,n°-1, 1970.jpg

 

La naissance de cet hebdomadaire venait à l'appui d'une sorte de western spaghetti réalisé par le cinéaste Sergio Corbucci et ayant pour titre HUD LE SPÉCIALISTE. La surprise du chef étant Johnny Hallyday dans le rôle principal. 

 

johnny bd 1970,rita cadillac,tozan,schwarz,spirou,jijé

 

 

Les vignettes de cette BD, résulte du talent de JIJÉ alors créateur de Jerry Sprint dans le fameux magazine belge SPIROU. Quant à l’hebdomadaire JOHNNY, ses deux directeurs : TOZAN et SCHWARZ, se faisaient forts de replacer en première ligne des séries illustrées américaines datées d’avant le second conflit mondial, et que, déjà ! de vieux collectionneurs célébraient comme spécimens d'un ÂGE D’OR de la bande dessinée.

 

Financièrement, hélas ! les amateurs du genre manquèrent à l’appel, ce qui obligea au sabordage du journal à son numéro 7.

 

Doc Jivaro, à l’époque eut la négligence de rater les numéros 6 et 7. Personne n’est parfait.

 

Doc Jivaro

 

 

01/09/2018

Tarzanides du grenier n° 313

 

L'Empire State Building, vous connaissez ? Ses bâtisseurs ajoutèrent, dit-on, une flèche à son sommet afin que sa hauteur surpasse celle de la Tour de l'ingénieux Eiffel. Mais combien d’étages ? demandez à KING KONG qui en escalada la façade, (la preuve visuelle nous en étant donnée par le film de 1933).

 

King-Kong-Flèche.jpg

 

 

Doc Jivaro l’avoue : l’existence d’un journal illustré de huit grandes pages et portant en bandeau KING KONG pour titre, était sortie de ses souvenirs. Le hasard, seul, vient de remettre entre ses mains le numéro 10 de juin 1948 de cet hebdomadaire. Ainsi il ne lui reste plus qu’à en acquérir les douze autres pour profiter pleinement de la collection.

 

 

BD-King-Kong,-29-06-1948.jpg

 

 

Hélas ! l'animal ne parvint pas à captiver les gamins. La cause en était-elle son scénario ? Trois dessinateurs dont deux particulièrement connus : Calvo puis Poïvet tracèrent la silhouette velue du gorille mais en le réduisant à une taille passe-partout absolument contraire à celle, gigantesque, de l’original.

 

Doc Jivaro s’est donné pour habitude de commenter uniquement les BD dont il connaît personnellement les qualités et, éventuellement, les défauts. Aussi ignore-t-il trop les treize numéros parus de King Kong, pour se risquer dans des propos infondés. Il se limite pour l’instant à supposer que l’une des causes du non succès fut peut-être le prix à l'unité : quinze francs. Au même moment ses concurrents de même format se vendaient douze ou treize francs … Toutes petites différences, penserez-vous. cependant, en 1948 deux francs, trois francs n’étaient pas peu de chose dans la poche des enfants populaires. L’homonymie entre le nom d’un film et le nom d’un journal nous rappelle les correspondances nombreuses entre le cinéma et la bande dessinée. D’ailleurs, en France, lorsque à l'attention des adultes fut publiée la première revue d’étude des bandes dessinées (GIFF-WIFF en 1962) le vice-président se trouva être Alain Resnais.

 

 

BD-Giff.Wiff,-n°12.jpg

 

 

Doc Jivaro ne fera à aucun d’entre vous l’injure de rappeler qui était Alain Resnais.

 

 

Doc Jivaro

 

18/08/2018

Tarzanides du grenier n° 312

 

Au terme de trois mois de vacances, notre rentrée scolaire avait lieu en octobre. Le premier octobre.

 

Ce jour l’instituteur nous informait de telle ou telle modification concernant ce que devait être notre comportement pendant les mois à venir. Oh ! il n’y avait jamais beaucoup de différence d'avec l'année précédente. Servan qui domestiquait la troisième classe nous avertissait qu’il inscrivait bien lisible dans l'angle droit du tableau noir le nom des élèves punis « Pour que tout le monde les voit ». Ou encore le cas du Père Bissonnier de la quatrième classe, un maniaque du coup de pied dans le fond de culotte tout autant que de la gifle qui vous dévisse la tête, et qui nous prévenait : « Je chausse du 42 ! » (ce dont nous doutions).

 

Le Père A …. dont l’épouse était directrice de l’école des filles et que nous surnommions « Charlot » attira notre vigilance sur un point absolument inattendu de notre part.

 

– Désormais, dit-il, lorsque vous devrez écouter une leçon vous ne croiserez plus vos bras contre votre poitrine. C’est mauvais d’oppresser vos poumons. La directive nouvelle est que vous devez placer vos avant-bras devant vous, à plat sur la table, sagement et les oreilles bien ouvertes. L’écolier distrait que j’étais crut pourtant bien entendre un supplément d’information : les bras croisés c’est pour les fainéants.

 

BD-Tarzan-l'invincible,-194.jpg

 

Tarzan croisant ses bras se replie-t-il sur lui-même ? garde-t-il son quant-a-soi ? Chez lui cette attitude n’a rien d’une résignation, rien d’un désarmement. C’est plutôt celle d’un homme qui emmagasine sa force, comme s’il se dotait symboliquement d’une armure invisible pour tout autre que lui.

 

C’est que, ici, dans cette image américaine datée du 29-08-1948 Lord John Greystoke se prépare mentalement à affronter SOROS l'impitoyable, le plus puissant gladiateur d’un archipel polynésien évidemment inconnu des géographes.

 

Ce sont des choses à propos desquelles il convient de ne pas plaisanter lorsqu’on a huit ans.

 

Quant à l’instituteur époux de la Directrice de l’école des Filles, il avait intérêt avec sa petite moustache à ne pas nous chercher des noises d’être affublé d’un « Charlot » pour surnom. Autrement aurait-il échappé encore longtemps à celui de « Hitler » ?

 

Nous autres écoliers étions méchants sans le comprendre. Surtout le jeudi.

 

Doc Jivaro

 

16/08/2018

T'aujourd'hui

 

J’hésitais entre le viaduc italien et les allocations de rentrée scolaire française. Mais l’idée n’a pas germé.

 

Alors je me suis rabattu du côté de l’Allemagne réunifiée. Cette Allemagne vient de voter une loi officialisant l’existence d’un troisième sexe entre celui de la femme et celui de l’homme. Autrement dit : un sexe incomplet, indéterminé.

 

Bd-Spiderman,-1981.jpg 

Image extraite de NOVA, n° 55, année 1982

  

Observons bien : les super-héros des comics américains de l’industriel MARVEL sont sûrement représentatifs d’un quatrième sexe absolument neutre.

 

Rien entre les cuisses ; zéro au niveau du bas ventre. Le calme plat.

 

Heureusement pour vous comme pour moi nous ne sommes pas condamnés à devenir des super-héros.

 

Cela écrit sans vouloir vous vexer.

 

11/08/2018

 Tarzanides du grenier n° 311

  

Effectivement ! Sardana Pal a raison : Bar Zing vient de négliger de dessiner les ailes de l’avion Ryanair. Mais, bah ! imaginons que le fuselage qui subsiste servira à tester le tunnel géant « vide d’air » entre Limoges et Paris, et n’en parlons plus.

 

Lorsqu’âgé d’une douzaine d’années j’aperçus dans je ne sais plus quel livre d’Histoire de l’Art une photo imprimée en noir et blanc représentant « La mort de Sardanapale » par Delacroix, je me mis en tête que Sardanapale était la jeune femme nue et poignardée visible au beau milieu de la peinture.

 

Souvenir, souvenir.

 

Berthon de son côté, vient de rappeler l’existence passée de Buster Brown ….

 

L’occasion de présenter une des toutes premières planches BD relatives à cet infernal enfant né de bourgeois new-yorkais. La planche originale BD date de 1902, c.a.d. qu’elle date des débuts des « sunday pages » que les journaux américains publiaient pour divertir les parents pendant leur journée dominicale.

 

BD-Buster-Brown,-1902.jpg

 

 

bien entendu ici, il s’agit d’une traduction française éditée par la Librairie Hachette, « La pieuvre verte » ayant eu en fin du XIXe siècle l’idée excellente de signer un contrat lui donnant la quasi-exclusivité de la vente de ses livres dans les gares des Chemins de Fer Français de l’Est.

 

Allez ! cela dit, bon week-end à tous, et à lundi.

 

Doc Jivaro