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03/01/2015

Les Tarzanides du grenier n° 94

Dans les BD de notre jeunesse, arriva qu'un personnage apparaisse sous deux noms différents – sous deux rôles aussi.

 

Ce fut le cas pour le shérif américain Hopalong CASSIDY, lequel connu son heure de gloire en France pendant la décennie 1950.

 

Ci-dessous le numéro 1 de Hopalong CASSIDY dont le dépôt légal se fit en 1951, sous la direction de Robert Bagage. D'abord commercialisé au prix de 30 frs (anciens), ce nouveau venu réserva une heureuse surprise au porte-monnaie des parents : son numéro 15 se vendait encore 30 frs, mais son numéro 16 se vendit à moindre coût, soit 25 frs. (En observant bien la couverture, on constate que le prix modifié est écrit manuellement et non pas à l'aide de caractères typographiques).

 

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Dans le numéro 85 bimensuel de Hopalong CASSIDY, en mai 1956, l'homme de Loi de Twin-River, pétarade de ses deux revolvers pour échapper à une bande de trafiquants de viande de boucherie. Mais une année plus tard, le même personnage a modifié son nom en Bill Boyd ; et il n'est plus shérif mais simplement cow-boy c.a.d. vacher du Far West dans l'illustré RANCHO numéro 38 de 1957.

 

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Celle de gauche : Éditions IMPERIA  -  Celle de droite : Éditions de la S.E.R.

 

Bien d'autres personnages de BD changèrent leur identité en changeant d'éditeur. Ainsi, Marc Trail, d'abord connu des enfants pour avoir été publié dès 1948 et dans Coq Hardi, modifia son nom en Mark Been dans le mensuel Old Bridger – Creek de 1962. Et notre brave tarzanide TARGA, disparu en 1950 à cause de la censure, ne revint sur scène qu'après s'être fait appeler AGAR pour terminer dans la déchéance sous le dessin balourd de Carland.

 

Hopalong-Cassidy-bandeaux.jpg

 

A gauche, au dessus de Hopalong Cassidy et dans le numéro 32 de février 1954, une fumée dont la provenance ne s'explique que lorsque le revolver redevient visible à droite et dans le numéro 36 du 15 avril 1954.

 

La censure n'est pas clémente mais elle peut être oublieuse.

 

Doc JIVARO

 

18/10/2014

Les Tarzanides du grenier n° 84

 

GARRY – suite

 

Comme l'autre dit, l'un dit pour ce samedi : commençons par le commencement.

 

GARRY est annoncé dans le mensuel TARGA du 15 mai 1948. GARRY et TARGA, deux enseignes de bandes dessinées publiées par les E.D.S. (Éditions du Siècle), lesquelles seront rebaptisées IMPERIA en 1951, lorsqu'il faudra attirer une nouvelle clientèle d'enfants auxquels les parents apprennaient à gérer un maigre mais réel argent de poche. Si je ne me trompe pas trop, mes premières acquisitions GARRY s'effectuèrent après que j'eusse vendu deux ou trois peaux de lapin et une bonne trentaine de capsules en plomb à un ferrailleur, rue Miss Cailloux.

 

Pour ce GARRY, c'était Rocca (Robert Bagage) qui se chargeait des couvertures en quadrichromie, avant d'en laisser la réalisation à Félix Molinari qui n'illustra d'abord que les seules pages intérieures.

 

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GARRY, le numéro 1

année 1948

Ça saigne ! En plein dans le bide !

 

 

A présent, en 2014, les Thorgal et autres supposés barbares ont interdiction d'afficher de telles vérités guerrières, donc humaines.

 

 

Molinari, dit-on, fut menacé d'une plainte « pour cause de racisme ». L'indéfini « on » lui reprochait « ses » japonais quelque peu caricaturés. N'avons-nous que le droit, voire l'obligation de ne caricaturer que Charles de Gaulle ou Pompidou en France ?

 

 

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Si vous aimez dîner SUSHI, les marin's, eux, n'appréciaient pas les senteurs de la cuisine traditionnelle japonaise. Du moins dans cette image.

 

Une geisha leur convenait mieux. Mais dans les livres destinés aux écoliers, on conseille généralement : Faites la guerre, pas l'amour. Le sexe ? Pouah, caca !

 

 

GARRY bénéficia d'une longévité remarquée. De 1948 jusqu'à 1979. Sans se flétrir, sans vieillir. Insoluble bien qu'inclus dans l'espace temps. Son journal passa par trois formats, de son plus grand (25 X 33) à son plus petit de poche par lequel il condamna à la médiocrité sa présentation en kiosque. C'est avec son format de moyenne dimension – 19 X 25 – à partir de son numéro 23 qu'il s'assura une belle réussite avec ses 36 pages ou alternent 2 pages de couleurs et 2 pages imprimées noir sur blanc. Cette deuxième série est surtout recherchée par des collectionneurs adultes qui en apprécièrent pendant leur enfance les dessins d'avions de guerre.

 

Nos pères européens n'eurent pas à affronter le Japon d'Hiro Hito guerroyant. Une telle « lacune » n'empêcha pourtant pas, chez nous, l'apparition de héros BD en lutte contre l'Empire du Soleil Levant. Citons rapidement : Buck Danny, Hardi John ! A égalité avec le Capitaine Veyrac dans COQ HARDI. Ou encore un SALVATOR affrontant dans le TARZAN de 1948 les derniers revanchards japonais. Et les affrontant non plus sur la planète Terre mais entre Mars et Vénus. Ah ! ne pas oublier de rappeler que le prototype de tous ces gens, reste le jeune TERRY créé par Milton Cannif.

 

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Donald, n° 1

du dimanche 23 mars 1947.

 

 

 

Assez curieusement, le seul épisode des aventures de TERRY publié dans l'hebdomadaire DONALD fut rebaptisé BARRY. Devions-nous croire, en mars 1947, que l'appellation BARRY faisait moins chewing-gum Coca-Cola que TERRY ?

 

Docteur Jivaro

 

 

11/10/2014

Les Tarzanides du grenier n° 83

 Qui ça ? Gary ? L'acteur Gary Cooper, le mal aimé du Sénateur Mac Carthy ? Pas du tout. . Mais GARRY.

 

 GARRY avec deux R, s'il vous plaît. Un air américain, l'autre japonais.

 

 Car GARRY, à son commencement, était une des bandes dessinées les plus sanguinaires traitant  de la guerre entre les marin's et l'armée nippone. Les écoliers de ma génération s'y passionnèrent.. 

 

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Avril 1952, Numéro 51

L’Éditeur IMPERIA reçut des avertissements de la censure.

Il parvint, néanmoins, à maintenir des couverture frappantes.

 

 

Rien que les titres du début vous noient dans l'ambiance terrible des lendemains de Pearl Harbor.

 

N° 1 = l'Enfer de Guadalcanal

N° 2 = Troglodytes de la Mort.

N° 3 = Fusillés à l'Aube.

 

 On souffre, on torture, on crève à chaque page.

 

 De quoi faire enrager nos instituteurs, lesquels s'efforçaient vainement de rendre attractif leur journal « Francs-Jeux » de 16 pages sagement conformes à leur militante « Ligue de l'Enseignement ».

 

 De ce Francs-Jeux, un bien modeste commerçant ambulant faisait des cornets de papier qu'il emplissait de marrons grillés, l'hiver. T'en souviens-tu, Bernard ?

 

 C'est lui, cet homme vieillissant, qui nous confiait avoir été camelot du Roy, pendant sa jeunesse. Et avoir serré la main à Maurras et lu des bouquins écrits par Léon Daudet, écrivain majeur.

 

 Docteur Jivaro en bavardera plus en détail samedi prochain, du Sergent Garry

 

 

17/05/2014

Tarzanides du grenier n° 65

 

Semaine précédente, Docteur Jivaro présentait l'exemplaire 23 par lequel le Tarzanide TARGA engagea la deuxième série de ses aventures tropicales. 

Les numéros 1 à 22 comptent chacun 16 pages ; toutes les couvertures sont aménagées en couleurs par Robba. Le dynamisme des situations, malgré plusieurs maladresses d'anatomie, captivaient les enfants de ma génération, vous vous en doutez bien.

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D'abord commercialisé au prix de 15 frs (1947), TARGA passe à 16 frs dès le numéro 2. Puis à 20 avec son 5e titre. Quant au numéro 22, il fallait débourser 25 frs. Puisqu'il plaisait, autant qu'il rapporte du blé ! 

 Targa-1948.jpg

 

Les images intérieures sont réalisées par Stèv'Son qui signait aussi Estève. Contrairement à beaucoup d'autres manipulateurs de tarzanides copiant sans vergogne Foster et Hogarth dans le choix des mouvements du héros, Stèv'Son – Estève inventait ses propres attitudes musculaires (il lui arriva néanmoins de s'aider de photos extraites des films tournés avec Weissmuller). 

 

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Ray Sugar Robinson, 1951

 

 

Dans les années 50 l'éditeur IMPERIA entreprit de raconter en BD et à l'attention d'un jeune public, la vie de grands champions sportifs. En traduction édulcorée, évidemment. Ce fut alors l'occasion pour Stev'Son - Estève d'utiliser systématiquement des documents photographiques.

 

 

Docteur Jivaro