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19/07/2014

Les Tarzanides du grenier n° 74

L'éphémère, tel aurait dû être le surnom dépréciatif de Roll, prétendu « Roi des détectives » et dont les aventures simplettes étaient éditées dans JEUDI MAGAZINE, année 1946.

En une seule page précipitamment bouclée bâclée. 

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Planche dans le numéro 13 du 29 août 1946.

 

Et pourquoi ranger ce héros zéro parmi nos tarzanides ? Tout simplement parce que les mouvements corporels de ce minus ne sont que les décalques vulgaires de mouvements que Burne Hogarth créa pour TARZAN dans son épisode fameux d'originalité graphique : Peuple de la mer et Peuple du feu. Hogarth s'y délivrait enfin des préoccupations documentaires de Harold Foster, son prédécesseur, et s'orientait vers une gestuelle théâtrale devenue célèbre mais dont l'appartenance à la bande dessinée demeure discutable. 

 

Un écolier, rue Voltaire, me donna à connaître JEUDI MAGAZINE, alors que je touchais à mes huit ou neuf ans. Je tais son nom sans me retenir d'indiquer que ce nom est à l'opposé de grand. Cet enfant habitait rue Albert Thomas. Mais nous pouvions parvenir à son domicile par une petite cour arrière que je suppose être encore accessible aujourd'hui par la rue de Montcourtais. 

 

Une femme revenant de faire ses courses aux abords de la cité Pierre Leroux, empruntait de temps en temps ce passage. Cette dame tenait un petit bar rue de Bretonnerie. Alain Bisson dit brièvement s'en souvenir dans La Semaine de l'Allier on line (24-05-2013). 

 

Il s'y rappelle aussi une imaginaire grande Micheline dont je me demande s'il ne s'agit pas plutôt d'une vraie grande Marcelle, prostituée dont mon père racontait qu'elle fut heurtée par un véhicule alors qu'elle s'adonnait au stop sur la route conduisant à Néris-les-Bains. 

 

Mais où sont les neiges d’antan.

 

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C'est avec son numéro 51 du Jeudi 22 mai 1947 que le titre JEUDI MAGAZINE se changea en ZORRO l'homme au fouet.

 Docteur Jivaro

 

12/07/2014

Les Tarzanides du Grenier n° 73

Dès l'âge de sept ans en 1944, vous pouviez connaître la BD dont la couverture scannée s'imprime ci-après.

 BD-Amazan-1944-couv.jpg

 

C'est Christian Mathelot qui en signa la page 1 les 19 suivantes étant dues à NIEZABYTOWSKI, lequel avait comme francisé son nom en l'accourcissant NIEZAB. 

 

Gaston Niezab, né en 1923, fut un bédéïste abondant dont la graphie n'obtint pas toujours du succès auprès de la jeune clientèle. Il travailla, entre autres, pour l’hebdo PIC et NIC en même temps que les Giffey, Brantonne et Chott (1946) ; jusqu'à ce que le personnage PETIT RIQUET, inventé par Albert Bonneau, lui assure une continuité de production mensuelle durant une dizaine d'années – 258 numéros. Ses dessins en couleurs de couvertures sont particulièrement demandés.

 

BD-Petit-Riquet,1957.jpg

 

 

Choisi au hasard, donc pas choisi dans un désordre d'anciennes publications voici le numéro 231, année 1957, de Niezab. 

 

Longtemps avant et éditée par SEV dont le logo en losange s'orne d'un cimier phallique provocateur, l'illustration intitulée « L’Invincible Amazan », permit à Christian Mathelot (1923-2013) d'apporter la preuve qu'un dessinateur autodidacte peut tenir crânement sa place dans la hiérarchie de professionnels parfois autoproclamés. Surtout que l’œuvre majeure de Mathelot, réalisée en BD pour COQ HARDI et inspirée des mémoires de Pierre Clostermann, reste « Le Grand Cirque » dont les 34 planches hebdomadaires furent assemblées en 1950 pour former un seul ouvrage paru chez FLAMMARION. 

 

Pour L'Invincible Amazan, Gaston Niezab se chargea de mettre en bandes dessinées une histoire racontée par Voltaire et dont l'action se déroule dans la Babylone antique tant mal vue par les tribus d'Israël. La mise en page de six ou sept images qu'un trait à peine épais sépare insuffisamment entre elles, à de quoi décourager un enfant adepte des X Men et autres Mangas. Idem pour la coloration binaire limitée à un rouge et un bleu vaguement nuancés entre saturation et tramage.

 

BD-Amazan-1944,-p.4.jpg

  

Si j'en crois quelques uns de ses biographes, Gaston Niezab décéda en 1955. Ce qui n'empêcha pas ses dessins de paraître encore en 1957, assurant la suite des aventures du reporter PETIT RIQUET jusqu'à la fin de sa pellicule. Que voulez vous ? Nous supposons que l'artiste prépara tout un stock pour les temps futurs

 

Docteur Jivaro

 

05/07/2014

Les Tarzanides du Grenier n° 72

L'E.L.A.N. de Mister x

 

L'ayant aperçu à l'étalage des journaux dans le bar « Le Miscailloux », mon père acheta ce numéro 3.

 

Mister-X,-7-juin-1951.jpg

 

- Tiens, je parie qu'il va te plaire, me dit-il en posant l'illustré sur mon assiette, dans le creux ou ma mère, qui était aussi ma maman, s’apprêtait à verser le potage.

 

Je tendis ma main pour saisir Mister x quand une autre main l'envoya promener sous la table. Maman refusait de jouer le jeu. « T'as fallu plus d'une heure pour acheter un paquet de cigarettes à deux pas de chez toi ? qu'elle lança à Papa qui délaçait ses chaussures. C'est pour faire excuser ton retard que tu ramènes ce guignol ? Je ne marche pas ! ».

 

Je ne connaissais pas Mister x à califourchon sur la nuque d'un stégosaurus façon BD. Nous étions en juin 1951, mes neuf ans ne sonneraient qu'en décembre.

 

Dans notre École Primaire, on ne cogitait pas la mathématique. J'avais déjà questionné Papa : Pourquoi Colonel x ? - Parce que, justement, on ne le connaît pas. On ne sait pas son nom véritable. C'est le personnage mystérieux, c'est l'inconnu. Et x c'est l'inconnu en algèbre. Papa en savait des choses … Mais Papa fumait beaucoup, beaucoup trop !

 

DOCTEUR JIVARO ne dispose que d'une dizaine de Mister x. Dont trois publiés en format « à l'italienne ». Exemple ci-dessous :

 Mister-X,-numéro-34.jpg

 

L'effet visuel est trompeur mais les formats dits « à l'italienne » sont de dimensions identiques à ceux des formats, disons : « à la française ». Simplement les textes et les images se trouvent imprimés parallèlement au plus long côté du rectangle.

 

On donne généralement les années 1948 à 1951 pour l'activité de la Collection E.L.A.N. Plusieurs titres parmi lesquels Jack Jim et Jo, Dynamite (dessins Markus), Jim l’Éclair … Mais c'est surtout Maya, non pas Maya l'abeille, non pas Maya le maya mais Maya le Sioux qui, illustré par le désormais contesté Mouminoux (Guy Sager), attire la curiosité des collectionneurs. C'est lui qui, toujours pour E.L.A.N., inventa la couverture du numéro un de GONG du 10 avril 1950.

 

Gong-10-avril-1950.jpg

 

Ce bi-mensuel qui se voulait prometteur ne fit qu'une apparition fugitive.

 

Donc, aucun Tarzanide aujourd'hui ? C'est ça : aucun.

 

Docteur Jivaro

 

 

28/06/2014

Les Tarzanides du grenier n° 71

- Tu ne possèdes pas le n° 1 du FULGOR d'Artima puisque tu te résignas à ne présenter que la couverture du n° 31 dans ton article du 31/05/2014. Et tu as joué quelque peu au fumiste, utilisant les similitudes entre les dessins de Hogarth et ceux de ce n° 31, pour faire entrer coûte que coûte dans ton répertoire de Tarzanides un cosaque complètement étranger à l'orphelin de Lady Alice.

 

Que voici bien une provocation lancée contre le brave Docteur Jivaro ! ... Le numéro 1 de FULGOR, je ne l'avais pas retrouvé immédiatement car le désordre règne dans les souterrains de mon palais fortifié. Mais de ce manque, Docteur Jivaro se corrige sur l'instant.

  

Fulgor n° 1-1955.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est une BD brouillée d'une main maladroite par Bild.

Complètement oublié de nos jours, Bild demeura presque inconnu lorsqu'il sévissait entre Bob Leguay et Robert Hugues. Imprudemment il tenta de remplacer Bob Leguay dans la phase terminale de TIM L'AUDACE, toujours pour Artima qui allait décliner dans Aredit.

 

 

A l'intérieur de ce FULGOR, les jeunes lecteurs de 1955 rencontrèrent « MARC du Réseau Marianne ». Seize planches dues au crayon d'un vieux de la vieille : Liquois. L'inoxydable, l'increvable, l'Auguste Liquois. Un des rescapés du journal d'influence nazie LE TEMERAIRE et qui mangea sans réticence aux râteliers les plus rivaux : COQ HARDI, VAILLANT, TARZAN, etc, etc. Nous lui devons néanmoins un étonnant KROMAGOUL.

 

Après dieu fait homme chez les chrétiens, il y eut l'homme fait singe chez E. R. Burroughs. Puis vint Liquois avec un singe fait homme : KROMAGOUL. Encore un tarzanide ! Mais velu. Donc un tarzanide à poil – Enfin !

 

Tim-l'Audace n° 62-1957.jpg

 

En deux images, la preuve qu'un gorille peut se comporter en Tarzan.

 

Alors, à bientôt, en compagnie de KROMAGOUL « le singe qui parle ».

 

Docteur Jivaro

21/06/2014

Les Tarzanides du grenier n° 70

Sous un parasol recuit de soleil, je viens de passer en revue ma collection – inachevée il est vrai – d'anciens ROBINSON d'avant-guerre.

Dans sa totalité, la collection étale 395 numéros. En dépit de cette somme le BDM n'a souvent pris en considération que les 218 premiers numéros, ceux correspondants aux livraisons américaines de BD en France de 1936 jusqu'à juin 1940. 

 

Mickey-5-avril-1936.jpg

 

 

 

 

 

 

Dans le numéro 77 de 1936 du « Journal de Mickey », une vignette annonce la parution prochaine du numéro 1 de ROBINSON, produit yankee commercialisé en France par le revendeur Paul Winkler.

 

 

 J'ai stoppé ma lecture à l'intérieur du numéro 52 année 1937 de ROBINSON, sur sa 11e page. Un court récit vite lu. Trois protagonistes : Un gorille, un boa, un homme. Le gorille sauve l'homme agressé par le boa. Ne croirait-on pas un extrait ressassé des aventures de Tarzan ? D'autant qu'une illustration précédant le texte peut faire croire que Tarzan est bel et bien présent.

 

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Un dessin par FIORA, (notre article du 06-10-2012) une artiste polonaise à laquelle Paul Winkler confiait la réalisation de beaucoup d'images dans les journaux distribués par OPERA MUNDI.

Presque entièrement nue, la silhouette fameuse de Tarzan. Sauf que … sauf que une barbe dénonce qu'il s'agit d'un imposteur. Faux Tarzan en même temps que faux tarzanide. Un comble !

 

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Devant vos yeux émerveillés, le final 395 de ROBINSON publié le 9 juillet 1944. Contrairement à ce que laissa parfois entendre le BDM, un double titre « Robinson – Hop-là » ne resta pas inscrit jusqu'à la disparition de cet illustré.

 

Seul, le bandeau ROBINSON subsista.

 

Rappelons que l'occupant militaire allemand interdisant chez nous les publications d'origine américaine, autorisa en remplacement la création d'une BD française dans de nouveaux journaux pour la jeunesse. Et ce n'est guère que depuis une décennie que des commentateurs de bandes dessinées s'intéressent à la production française parue entre 1940 et 1944. Les GAVROCHE et autres l'AUDACIEUX et CENDRILLON, il n'en fallait parler que pour mépriser. Leur sujet en était devenu quasi taboo.

 

Tout de suite après mai 68, je connus un marchand de vieux papiers tenant son stand dans l'ancien, donc dans le VRAI marché aux puces de Saint Ouen. Me montrant trois ou quatre gros paquets de journaux ficelés comme pour être oubliés sous une table délaissée, il me disait : « C'est du collabo, du pétainiste. Ça vaut rien ; personne n'en veut. Prenez les ! »

 

Je ne les pris pas. Ou alors je n'en pris que trop peu. J'eus tort.

 

Docteur Jivaro

 

 

14/06/2014

Les Tarzanides du Grenier n° 68

Stanley Obroski fait face à Tarzan. A moins que ce soit l'inverse en miroir, le cœur greffé à droite. En tout cas, nous n'observons pas deux jumeaux mais deux sosies. L'un est le tout puissant « Roi de la Jungle », l'autre un athlète de même gabarit d'épaules mais peureux dans sa tête d'acteur de cinéma.

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Tantôt nommé Stanley Obroski, tantôt Johnny Ringo, le sosie de Tarzan tout sosie qu'il est ne tient finalement pas le coup. A moins qu'ici nous assistions à une scène de parodie : la doublure hollywoodienne soutenant le vrai Tarzan soudain pris de vertige.

 

Comment ne pas voir que les sosies fournissent une occasion de « Tarzanisme » non encore répertoriée pas les commentateurs professionnels des version BD des romans d' E.R. Burroughs ?

 

 

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Au dessus, Rex Maxon, encore hésitant dans ses dessins, illustre Tarzan sollicité amoureusement par la jolie Naomi.  Celle-ci confond le fils des anthropoïdes avec un comédien citadin inconsciemment formé à la ressemblance de l'amant de Jane Porter.

 

Docteur Jivaro