16/08/2026
Tarzanide n° 689
Poulidor et Astérix
Deuxièmes éternels ?
L’Astérix ? ... Signe orthographique français dont la jeunesse d’à présent se moque bien. Disparu, oublié. La signification de ce mot a été remplacée dans notre imagination par un gaulois frappé de nanisme, et moustachu, inventé par messieurs Uderzo et Goscinny pour les besoins d’une bande dessinée française. Et ça pour aider au succès d’un illustré nouveau créé en 1959 : PILOTE. Et comment oublier ici que Montluçon par quelques uns de ses éditeurs participa à cette création ? Le grand libraire : Lebienheureux, Bld de Courtais, fut-il présent ? En tout cas, le quotidien Centre Matin montluçonnais fut présent, Lui.
Tout le monde sait qu’Astérix le Gaulois ne va pas seul, accompagné qu’il est de son ami fidèle Obelix. Tous deux forment non pas un couple mais un duo, le mot couple suggérant trop d’allusions indécentes. Le petit et le gros, une paire de copains souvent utilisée dans le cinéma comme dans la BD et dont la plus connue reste Laurel et Hardi.
- Où veux-tu nous emmener ?
Simplement rappeler qu’exista avant Asterix et dans les journaux pour enfants un autre gaulois qui le précéda. Il se nommait BIGOUDI.
Bigoudi rimant avec lundi ou mardi. Il fut produit par les Editions Bias-Paris durant l’année 1945. Les images en étaient signées de Jacques Robin.
En parcourant ces deux petites histoires j’ai remarqué quelques ressemblances avec le cahin-caha des premières aventurlures des compères Astérix et Obelix. Par exemple le recours à de petits gags relatifs aux primitives « Pierres levées » autrement appelées menhirs ou encore dolmens : pas facile à renverser cette table ! Mais quand le petit gaulois Bigoudi à besoin d’un conseil, il va le demander à un druide logé sous un ... Dolmen.
Il est certain que les gaulois antiques, peuplades migrantes du Centre de l’Europe jusqu’aux côtes de l’ancienne Bretagne, connurent les « alignements de Carnac » ; mais chez Bigoudi comme plus tard chez Astérix et Obélix on donne à croire au jeune lecteur que les tribus gauloises sculptaient des pierres énormes. Croyons plutôt qu’à leur arrivée dans les territoires qui allaient être appelés Gaule, les celtes achevèrent de massacrer les derniers préhistoriques ... . Une autre ressemblance dans Bigoudi avec les irascibles gaulois d’Uderzo et Goscinny : le jeune Bigoudi a recours à la magie non pas sous l’aspect d’une potion à boire sous la pression d’une éponge magiquement humidifiée. J’en suis donc venu à me demander si Astérix dans PILOTE n’a pas été inspiré à messieurs Goscinny-Uderzo par Bigoudi. Ce qui n’empêche pas que moi, Bar Zing, il m’est parfois arrivé dans ma 20ieme année d’imaginer que l’acteur de Funès avait pu suggérer les premières colères d’Astérix.
Bien sur les scénarios, les gags, ainsi que les dessins et dialogues chez Astérix, sont très supérieurs à ceux de Bigoudi, ça ne se contreverse pas. Mais ce que l’on peut se demander c’est pourquoi « Les Temps Modernes », ceux des industries donc des machines, se complaisent tant et tant à parler des gaulois anciens, depuis la création d’une IIIe République française celle de 1871.
Nos Rois français n’en parlaient pas.
Pour moi qui passa ma scolarité dans une école laïque, je ne fus d’abord jamais surpris qu’un ou deux de nos instituteurs nous fassent rire de temps en temps à propos des vilains pas beaux aristocrates auxquels de dits libérateurs du peuple français coupaient la tête. Il y eut même un maître venu momentanément de Domérat, venu de Domérat qui nous amusait en tournant en dérision certaines des victimes de la toujours veuve guillotine ... « Ils se croyaient grands et se retrouvaient petits même sur leurs talons hauts ! » s’exclamait cet adulte en parlant de 1793. Non ! Son identité n’était pas Mélenchon.
Les hussards noirs de la République, dont parlait le catholique Péguy, j’en ai fréquenté quelques uns. Ils ne portaient plus de tabliers noirs mais gris. Gris triste. Il m’est venu à l’idée que parler en bien des très anciens gaulois disparus fondus dans la puissance romaine païenne permettait à bien des éducateurs laïcs d’abaisser dans notre tête l’existence plus proche du Royaume de France. Et n’oublions pas aussi une certaine famille Bonaparte s’efforçant à pérenniser une dynastie nouvelle venue de Napoléon Ier, et qui dans ce but avait tout intérêt à parler des lointains, lointains gaulois plutôt que des familles aristocratiques encore toutes proches. Ainsi deux forces politiques contraires l’une à l’autre, l’une héréditaire, l’autre élective, avaient-elles chacune de bonnes raisons de réduire dans notre tête écolière le souvenir de Clovis et de ses Mérovingiens.
Maintenant il fallait apprendre à parler des résultats obtenus par des fouilles archéologiques : ici Gergovie, là bas Alésia. Et Vercingétorix devenait plus important que les Mérovée et Clovis rois des Francs de France. Enfin, que ce même Vercingétorix ait été battu finalement par Julius César, peu importait : Sur un cheval de cirque, en vol plané au-dessus de la Place de Jaude, Vercingétorix accédait jusqu'au ciel des immortels.
Et ça d’autant que dans les aventurlures du gaulois Bigoudi, Jules César en est réduit par l'humour à n’être qu’un pauvre trouillard s’enfuyant visé à l’arrière train par une flèche. Son pan de chemise soulevé par le vent de sa fuite, voici donc César Impérator ridiculisé par un petit dessin signé de Jacques Robin. Et ça, déjà, plus de dix années avant l’existence d’un Astérix dessiné par Uderzo.
Bien joué, BIGOUDIX !
Bar Zing
17:39 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Blog, Fanzine, Grenier de la BD, Histoire, Journaux, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bigoudi, asterix, uderzo et goscinny, jacques robin, bandes dessinées de collection, pilote bd, librairie lebienheureux montluçon
12/08/2026
T'aujourd'hui, spectacle astronomique :
12:29 Publié dans Actualité, Arts, Blog, Dessin humoristique, Faits-divers, Moeurs, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : éclipse 2026, lunette de soudure à l'arc, astronomie et astrologie, le soleil et la lune rendez-vous en 2026
29/07/2026
FRANKESTEIN
En ce moment la seule information sur plusieurs chaînes de TV c’est de témoigner sur les incendies gigantesques ravageant une partie de la France. On en croirait que la guerre contre les geôliers religieux de l’Iran, n’existe plus.
Mais pourquoi nous retenir d’évoquer un film présent sur TMC Cinéma ? Bar Zing veut parler d’une œuvre datée de 1939 – Oui c’est du vieux ! – Et ayant pour titre en France : Le Fils de Frankestein. Nous retrouvons là dedans le bric à brac mythologique donc religieux mêlant fantasmes homériques et superstitions judéo-chrétiennes : La foudre comme manifestation divine, le feu purificateur vengeur ; la résurrection donc redonner vie aux morts ... La virginité nuptiale symbolisée par des voiles blancs, ce qui n’exclut pas une discrète symbolique pédophile (le ressuscité « violant » une gamine dont la virginité se symbolise par des fleurs). Ne manque même pas une allusion à la présence du Diable incarné par le serviteur bossu donc infirme. N’oubliez pas que selon les fables SATAN à beau prendre l’apparence humaine, sa présence démoniaque est souvent trahie par le fait qu’il boite. Je n’y peux rien, d’est ainsi selon nos légendes.
Enfin à la fin de ce film réussi en 1939 par Rowland Vance Lee, on entrevoit une allusion aux énormes manifestations populaires nazies en Allemagne : celles ci se déroulaient souvent de nuit à la lueur des flambeaux.
Par la suite, aucun des autres films inspirés de Frankestein n’atteignit la qualité et l’influence de celui-ci. Boris Carloff, quant à lui, incarnant le fils de Frankestein, il y gagna une réputation qu’aucun de ses successeurs n’a égalé jusqu’à présent.
Bar Zing
16:30 Publié dans Arts, Blog, Cinéma, Dessin humoristique, Film, Histoire, Littérature, Livre, Media, Moeurs, Société, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le fils de frankestein, mary shelley, rowland vance lee, boris carloff, nostératu
26/07/2026
Tarzanides n° 688
Fouiller dans un grenier encombré et sous une toiture recuite de soleil ce n’est ni raisonnable ni reposant. Ouf !
- Vous cherchiez quoi je te prie ?
Un produit toxique contre les nids de guêpes. Deux ans avant nous en avions acheté un efficace. Tu appuies pschitt ! Et tous les œufs disparaissent dans une mousse. Et figure toi qu’en déplaçant un paquet de vieux journaux mes yeux se sont arrêtés sur un titre d’ancienne BD dont j’avais totalement oublié l’existence : ZAPPY.
- T’es vieux jeu : on ne prononce plus Zappy, on prononce zaper. Je plaisante.
Ce ZAPPY fut l’un des premiers « formats de poche » ... Il date d’Avril 1954. Étant épais de 132 pages. La première et la dernière sont illustrées d’une scène d’attaque de genre western mais une fois pliées le titre n’est lisible que sur la première. Le dessin me semble avoir été effectué par Oulié, lequel de Oulié dessina l’apparition de ZORRO dans l’hebdo JEUDI MAGAZINE, n° 41 du 13 mars 1947.
Donc Zappy était tout comme JEUDI MAGAZINE un produit de l’Éditeur Parisien situé au 11 de la rue Bergère ...
Feuilletant le format « pocket », je me rendis compte qu’il est garni de quatre ou cinq histoires imagées signées par BASTARD. De cet BASTARD ma scolarité connut bien son personnage principal qu’il inventa pour l’hebdomadaire VAILLANT : Yves le Loup. Toutefois dans le ZAPPY de 1954 dont nous parlons, ce personnage du Moyen Age (Yves le ... ) n’apparaît pas puisque les BD de Bastard, elles, n’y apparaissent que comme rééditions d’anciennes séries de l’année 1931. Ci en dessous en voici un exemple.
Ces publications vieillies étaient présentées dans de petits journaux, chacun de seize pages dont huit en couleur et sous l’appellation générale : « Collections Odyssées ». Leur prix à l’unité ? ... 6,50 frs.
- Mais d’où venait ZAPPY le titre de 1954 ?
Il venait en raison d’un succès populaire radiophonique diffusé pendant les années 1950 : l’animateur se faisait appeler Zappy Max. Allez mon Zappy ! ... Et « Ça va bouillir ». Pour bouillir ça bouillait ! Et ce fut aussi le titre d’une bande dessinée publiée dès le n° 1 de PILOTE en 1959, un premier octobre. Une série dessinée par Tilleux. Oui : le même Tilleux inventa le jeune détective Gil Jourdan pour l’hebdomadaire SPIROU. Ce n’est pas l’inspecteur Crouton qui me contredira là-dessus.

Série noire, année 1952
L’album n° 1 de PILOTE me fut donné par un voisin beaucoup plus âgé que moi et père de deux enfants. Mes parents habitaient alors au n° 100 d’une impasse dont le nom a été modifié plusieurs fois ... Ce même voisin, lorsque j’étais âgé de 13-14 ans, me prêta au moins une dizaine de romans Série Noire pour adultes. Parmi lesquels La Famille Pied de Bouc rédigé par Louis Malley Je précise cela puisque l’hebdomadaire PILOTE d’abord respectueux de la chasteté supposée de notre jeunesse, termina ses jours en attirant à lui la pornographie brièvement rendue publique.
Bar Zing
17:28 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Blog, Fanzine, Grenier de la BD, Journaux, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bastard, bd zappy, bd pilote, zappy max, série noire pied-de-bouc louis malley, yves le loup
05/07/2026
Tarzanides n° 686
Ça étonnait plusieurs de mes jeunes adhérents dans mon atelier BD quand je leur disait tranquillement que ma jeunesse ne connut pas l’existence de DICK TRACY. Pour eux, dans les années 80 de 1900, le héros inspecteur policier r’américain c’était tout normal d’en lire les aventurlures ...
Tout au plus pour moi, Dick Tracy apparut dans l’hebdomadaire SPIROU, année 1966 et ça dans la rubrique intitulée « 9e art », signée par Morris et Vankee. Quel numéro ce Spirou de collection ? n° 1470. Par la même lecture j’appris l’identité Chester Gould créant ce policier fictif fameux en 1931. Mais autant que je sache les illustrés français ne publiaient pas TRACY DICK exception faite pour le titre CHOUCHOU année 1964 ...
Spirou, n° 1470
- Que vous achetiez chez un libraire ouvert dans la parisienne Gare du Nord puisqu’à ce moment là vous habitiez à proximité, Bld de Denain ?
Justement, non ! Je n’achetai pas CHOUCHOU. Mais pour le Bld de Denain, c’était vrai. Je nichais perché au 6e étage sans ascenseur n° 7.
Finalement c’est Wolinski publiant CHARLIE mensuel qui me fit connaître comme à beaucoup d’autres les performances policières du yankee Dick Tracy. Il faut savoir qu'à ce moment là l’équipe de CHARLIE ne manquait jamais de critiquer de façon outrancière la politique américaine tout en exploitant au maximum d’anciens titres de BD américaines tels que Betty Boop, Popeye, Peanutz, etc, etc. sans oublier LE Dick Tracy.
- Mais pourquoi parles-tu z'ici de ce policier d’une BD parfois accusée de ... Fascisme ?
Pourquoi ? Eh bien parce qu’en ce moment sur la Chaîne Drive-in Movie Channel on nous repasse un film de 1945 ayant pour titre "Dick Tracy Détective". Nous y voyons un balafré assassin portraituré en Scarface se venger de quelque uns des anciens membres d'un jury l'ayant condamné ... On voit aussi une jolie blonde prénommée Tess, fiancée de Tracy. Celle ci espère vainement dîner en couple amoureux avec son Dick chéri mais, chaque fois, c'est l'échec puisque le devoir mobilise ailleurs le champion. Pas une femme libérée, elle, puisqu'elle ne se décide jamais à fréquenter une fille plutôt qu'un sale macho.
Oui, je sais : Les dessins de Chester Gould sont loin d’être appréciés par tous les amateurs de bandes dessinées.
Bar Zing
18:42 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Blog, Fanzine, Grenier de la BD, Media, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chester gould, dick tracy, morris et vankeer, bd 9e art, betty boop, popeye, drive in movie channel, wolinski
01/07/2026
Canal Saint Martin Paris 10ème
18:52 Publié dans Actualité, Arts, Blog, Dessin humoristique, Faits-divers, Film, Histoire, Justice, Moeurs, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1938 hôtel du nord, hamza la douane, marcel carné, louis jouvet, arletty, emmanuel grégoire, canal saint martin
















