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14/06/2020

Tarzanides n° 431

 

Goudron et plumes

 

 

1967 est l'année de l'Exposition BANDE DESSINÉE ET FIGURATION NARRATIVE qui se produisit dans le Musée des Arts Décoratifs du Louvre, boulevard de Rivoli.

 

- A Paris ?

- C'est ça : à Paris ville ouverte.

 

C'était la preuve officielle que la BD si longtemps méprisée par l'instituteur socialo-coco et par le prêtre catholique, recevait - Et ce n'était pas trop tôt ! - une reconnaissance artistique, donc culturelle.

 

Lors de ma visite je pris connaissance d'une des images les plus fameuses de l'histoire de la BD et à laquelle mes yeux d'enfant n'avaient pas eu droit, sauf sous un aspect partiel. Une image américaine imaginée par Burnes Hogarth en 1950.

 

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Image extraite des Éditions Azur Offentald, Éditions Mondiales, 1967

 

Cette image comme beaucoup d'autres de sa classe aurait dû figurer dans le numéro 208 de l'année 1950 du magazine hebdomadaire TARZAN publié en France. Mais elle disparut sous l'effet d'un "Drop". Elle disparut également du fascicule mensuel 94 du quatrième trimestre 1951 du même éditeur Del Duca.

 

- Pourtant vous dîtes l'avoir partiellement connue à cette époque !

- Effectivement ! et c'était dans le recueil périodique cartonné numéro 17 chez HACHETTE en 1951. Visez ci-après.

 

BD Tarzan-et-les-aventuriers.jpg

 

Cette bagarre, fut parfois surnommée : Tourniquet des lutteurs, ne suggère-t'elle pas une hélice - objet projetant d'autres objets en dehors de sa rotation ?

 

Doc Jivaro apprend à cet instant que le cinéma REX parisien doit déprogrammer le film chef-d’œuvre AUTANT EN EMPORTE LE VENT afin d'obéir aux maîtres noirs nouveaux de l'espace français. Nietzsche expliquait avec raison que ce qui fait la force de votre ennemi c'est la complaisance avec laquelle vous le complimenter de déclarer la guerre ? ... Doc Jivaro propose de programmer le film LE CARNAVAL DES DIEUX de l'année 1957, avec pour acteurs principaux ROCK HUDSON et SIDNEY POITIER, en remplacement du film de 1939 qui rappelle les pillages et les destructions commis par l'armée nordiste dans les territoires du Sud-Américain.

 

Allez ! assez de temps perdu : faites chauffer la colle et plumez les poules mouillées pour déguiser en volaille ce Doc Jivaro décidément trop mal pensant.

 

Doc Jivaro

 

09/06/2020

Tarzanides n° 430

 

Pour le profane l'expression "plaquage ventral" évoque souvent l'arrêt brutal d'un joueur dans un sport agressif tel que le rugby. Il en est pourtant rien. Son origine se trouve dans le Jiu-jitsu, technique de "combat de rue" popularisé en France par l'athlète Ernest Régnier celui-ci formé en Angleterre à cette lutte guerrière samouraï. Il simula même une allure japonaise en orthographiant Ré-nié son patronyme.

 

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Son livre "Les Secrets du Ju-jitsu" de 1907 fut réédité en 1931 suivi de plusieurs autres titres augmentés de photos imprimées montrant deux bonhommes à grosses moustaches s’exerçant à se causer le moins de mal possible en faisant des démonstrations de prises capables d'étrangler ou de briser la colonne vertébrale d'un ennemi. Le Jiu-jitsu n'est donc pas un sport. Il ne le devint qu'après avoir été pacifié sous une forme civile appelée Judo et que l’on prononça d’abord juido

 

Plusieurs variantes de ce que l'on appelle "plaquage ventral" sont utilisées en Jiu-jitsu et c'est elles, une fois débarrassées de leur complément meurtrier par le judo, qui sont appelées "immobilisations".

 

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 Dessin signé Séguin, année 1929

La politique garde ses droits : l'agresseur porte une casquette ouvrière, l'agressé un chapeau petit bourgeois. Eh ouais : celui qui gagne c'est finalement l'agressé.

 

Dans les bandes dessinées - encore elles ! - les affrontements entre deux hommes sont loin d'être rares, tantôt à coups de poing, tantôt sous des aspects improvisés semblant venir dont ne sait trop quel « attrape comme tu peux » .d’en dehors d’un ring de catch. De son côté, Tintin, toujours pour ne pas endommager les méchants, n'utilise guère qu'un judo réduit à des mouvements d'épaule. Cependant existe un dessinateur chez qui la lutte corps a corps se change en de grandes voltiges ressemblant à des acrobaties réussies par des trapézistes de cirque. De quoi, épater les gamins ! Ce dessinateur c’est Burnes Hogarth. Les exemples d’outrance gestuelle chez lui étant abondants, nous n'en retiendrons ici qu'un seul ,quand TARZAN dans l' Île de Mua-Ao doit vaincre un colosse lathian : Soros. L'une des images datée 1949 et maintes fois rééditée chez nous, n’a pas manqué d’être contrariée dès 1966 par un certain Steve Parisot : « Lors de son duel avec Soro, il utilise un mouvement proche du premier et du troisième d’épaule de la méthode Kawaïschi, exécutée de telle façon qu’il ne saurait être efficace en dehors du monde des bandes dessinées ».



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Doc Jivaro a choisi de sélectionner cette image dans une des dernières rééditions françaises, celle présente dans le tome n° 6 (année 1994) chez l'Editeur SOLEIL. Amusons nous à voir que le ou la coloriste a emmêle ses pinceaux, ou désordonné la fonction couleur de son logiciel graphique. Regardez : Le bras droit de TARZAN est colorié comme la peau sombre de Soros pendant que l'autre bras droit - celui de Soros - se colorie de la peau plus claire de Tarzan. Bref ! prête moi ton tien je te prête mon mien !

 

Doc Jivaro

 

22/02/2020

Tarzanides du grenier n° 407

 

Nos n'écoliers de la décennie 1950 ne connurent guère qu'un seul TIM L'AUDACE, celui publié par la collection Artima ... Le gaillard se présentait alors sous l'aspect d'un chasseur explorateur blanc en Afrique noire subsaharienne, parfois confronté à l'animisme tribal. Rappelons-nous l'époque coloniale européenne dont témoigne toujours le grand bâtiment de la Porte Dorée proche du Bois de Vincennes.

 

Mais pour moi c'est avec la silhouette  d'un vrai Tarzanide qu'apparut ce TIM L'AUDACE. C'était en 1947 chez les éditions Monte-Carlo, imprimé à Draguignan après avoir été dessiné par les frères Raoul et Robert Giordan pendant que Nissan se chargeait du lettrage.

 

 

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Les aventurlures du héros après leur commencement dans des jungles pas plus réelles que le carton pâte d'un arbre hollywoodien, se prolongèrent dans des mondes de science fiction inventés jusque dans le centre de la terre là où des lombrics sont des géants pareils à des anagondas. Signalons que les dessins sont fréquemment imités de ceux qu'inventa Burnes Hogarth pendant ses débuts. Chaque fascicule groupe vingt pages de grand format (25 X 31 cm) pendant que les vingt deux numéros publiés doivent aussi leur célébrité à leur rareté. On se doute bien que la brutalité de plusieurs scènes en même temps que la presque nudité de Magda, jolie compagne du héros, justifièrent la censure que La Croix, la Faucille et le Marteau appliquèrent, hélas ! à cette série belle et bien française.

 

Si vous êtes propriétaire de ce TIM L'AUDACE première mouture, ne dormez plus : veillez, armez vous. Un nouveau FANTOMAS renforcé d'un exosquetette pourrait bientôt vous rendre visite.

 

Doc Jivaro

 

17/12/2019

Tarzanide numéro 391

 

Imaginer une fois encore un dessin caricatural à propos des manifestations de grévistes socialo-cocos en France finit par devenir assez fastidieux. Aussi Bar Zing et Doc Jivaro se réfugient-ils à l’occasion dans d’anciennes imageries réputées divertir l’enfance.

 

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La vignette ci-dessus de Sagédition 1972, nous montre TARZAN occupé à faire boire un éléphant … Notez qu’il utilise son pagne en peau de léopard pour étancher la soif du pachyderme lequel est nommé Kudu … « Cul du » vraiment ? Quoiqu’il en soit avez vous déjà essayé de vous servir une rasade de bière dans votre slip comme dans un bock ? Le dessin est signé de Russ Manning auquel on a fait parfois croire qu’il surpassait Burnes Hogarth dans l’art de camper la silhouette de Lord John Greystocke.

 

Justement le revoici LE TARZAN imaginé par Hogarth pendant l’année 1941. L’homme singe égaré dans le désert affronte le simoun et doit protéger ses poumons contre des milliards de grains de sable … Ce qu’il réussit fort bien en utilisant son slip-pagne en guise de masque filtrant protecteur. Qui dit mieux ?

 

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Bon, revenons à la réalité : imbibé de jus de citron à la mode de Mai 68 le caleçon ou le cale-barre de T. suffirait-il à préserver quelque peu du gaz lacrymogène les actuels Black-Blocks ?

 

Doc Jivaro

 

 

14/09/2019

Tarzanides n° 374

Sur le tard Pellucidar

 

TARZAN et PELLUCIDAR, douzième volume des aventurlures du ape-man inventé par l'américain E.R. Burrough ...

 

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Prenons y garde : la conjonction de coordination "et" ne doit pas égarer le lecteur. Si TARZAN et GLORIA indique bien la présence d'une jolie femme, par contre TARZAN et PELLUCIDAR ne correspond pas ni à une personne ni à un animal. Pellucidar est un monde totalement inconnu de quiconque ne lit pas les romans de Burrough. Monde archi-secret, peuplé d'animaux préhistoriques et de toute une tératologie de spécimens ambitieux fondateurs de royaumes rivaux. Un monde situé au centre de la planète terre, donc sous nos chaussures.

 

Maintenant observons l'illustration de la couverture. Si vous n'avez fait qu'entrevoir les dessins signés de Burnes Hogarth sans doute croirez vous que l'image provient de celui-ci. Détrompez-vous de suite : c'est Philippe DRUILLET qui en est le responsable, imitant le style de Hogarth pour répondre à la demande de Jean-Claude Lattès alors directeur des Editions Premières. Oui : DRUILLET en 1972 et alors qu'il était au sommet de sa réputation d'auteur de BD qui dépendent plus du fantastique que de l'anticipation.

 

Le texte de PELLUCIDAR inspira une bande dessinée américaine dont les lecteurs du TARZAN hebdomadaire français de 1948 ne connurent qu'une version amoindrie, celle des Éditions Mondiales, depuis le numéro 81 jusqu'au 94, année 1948. Deux autres rééditions existent, l'une de 1969 chez Del Duca (n° 38 à 39), l'autre bimensuelle de 1972 et produite par Sagedition (n° 1 à 4) mais affectée de mises en page détruisant l'alignement des trips originaux crayonnés par Hogarth puis encrés par John Lehti.

 

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Taille réelle : 28 X 37, 5 cm

 

Est-il superflu d'apprendre que Doc Jivaro eut entre ses dix doigts de petit gamin de 1948 le numéro 84 du TARZAN hebdomadaire des Éditions Mondiales ? Et que le même Doc Jivaro ne dut qu'à son courage d'échapper aux griffes ainsi qu'à la gueule d'un féroce Tharag.

 

Doc Jivaro

 

17/08/2019

Tarzanides n° 370

"C'est une vieille sonnette détraquée qui se croit le nombril du nouveau monde".

 

C'est un mot pas gentil du tout attribué à Salvador Dali nous donnant une caricature sur le cas de Pablo Picasso, vieux barbouilleur tout fier d'avoir été un des compagnons de route de Joseph Staline.

 

Tarzan Lex Barker.jpg

 

 

Doc Jivaro profite de ce portrait-charge pour vous montrer le fragment d'une photo sortie d'un des films où Lex Barker incarne, immédiatement après Johnny Weissmuller, le personnage fictif TARZAN. Mais si vous Imaginez que le nombril caché résulte d'un choix volontaire accompli par un costumier et accepté par le metteur en scène de "Tarzan et la Diablesse", film Hollywoodien années 50, vous êtes dans l'erreur. Car ce nombril caché obéit à une loi de censure alors exigée par un redoutable et redouté "Code Hays".

 

Hays, William Hays, sénateur américain, avait réussi en 1930 et avec l'aide d'un jésuite accompagné de comités de femmes bigotes à faire voter une loi interdisant de montrer le nombril des acteurs et actrices dans les cinémas des États-Unis. Lex Barker fut donc comme beaucoup d'autres acteurs, victime d'une pudibonderie à laquelle échappa pourtant, un autre TARZAN du cinéma : Glenn Morris.

 

Glenn Morris devait surtout sa célébrité occidentale au fait d'avoir remporté l'épreuve sportive du Décathlon pendant les jeux olympiques de Berlin en 1936 en présence du Chancelier du IIIe Reich.

 

Tarzan-Glenn-Morris.jpg

Glenn Moris

 

Cette censure ne frappa pas uniquement les œuvres cinématographiques américaines : elle s'imposa également dans les bandes dessinées. Ainsi Burnes Hogarth, que ses admirateurs regardent comme le meilleur illustrateur des aventures de TARZAN, accepta t'il de soumettre son talent à la censure imposée par le Code Hays. Le nombril n'existe pas chez lui, et il semble même en avoir compensé l'absence par le développement charnel des hanches et du fessier du héros inventé par E. R. Burroughs : des hanches et un fessier de femme plantureuse.

 

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Le plus amusant qui nous servira de terminus ici est sans doute d'apprendre que l'épouse de l'hypocrite Sénateur William Hays obtint le divorce en reprochant, entre autres perversités, à son mari de manifester de façon obsessionnelle un attrait érotique pour le nombril dans le huis-clos de la chambre conjugale.

 

Doc Jivaro