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13/02/2020

Tarzanides du grenier n° 403

Du côté familial de ma grand'mère paternelle, une cousine épousa un belge. C'était juste avant ou pendant la "Grande Guerre", celle que l'on dit avoir été le premier conflit mondial. Ce couple tenait une petite épicerie en bordure de la route du 8 mai 1945, là où le trottoir est le plus étroit dans le virage prolongeant le Boulevard de Courtais. C'est ça : en direction de l'hôpital de Montluçon.

 

Un jeudi, jour sans école, ma mère et moi nous étions rendus chez ces deux commerçants pour leur demander un service. A ce moment là, très rares étaient les montluçonnais à posséder un téléphone. Aussi pour parler à quelqu'un il fallait se déplacer jusqu'à lui. Les temps primitifs, vous comprenez ? Et de chez nous à chez nos cousins nous devions traverser la ville à quatre pattes, deux pattes pour maman et deux pour moi.

 

- Dis, tu vois bien que nous parlons sérieusement et si tu ne sais pas quoi faire tu vas aller te payer un journal de guignols pour te tenir tranquille.

 

Maman me donna un peu d'argent, au moins cinquante francs puisque j'achetais le titre ci-dessous avec son prix en monnaie ancienne :

 

 

BD-Bibi-Fricotin,-n°-4.jpg

 

 

Le marchand de journaux s'ouvrait tout à côté de l'épicerie. Mes huit ans n'aimaient pas beaucoup les bédés humoristiques, exception faite pour PIM PAM et POUM. Soyons sérieux : que valait Mickey confronté à Fantax ? Pratiquement rien. Aussi inutile que deux oreilles accrochées à la tête d'un sourd.

 

"Bibi Fricotin boit l'obstacle" m'a laissé un bon souvenir. Ce gamin sans parenté ni percepteur fut inventé par Forton, plus d'une décennie après qu'il eut inventé les Pieds Nickelés. Il le créa dans la même veine : roublard, farceur, courant la prétentaine. Mais à leur différence il ne cherche pas à faire fortune. Fricotin vient de fricoter : participer à des "coups" plus ou moins douteux. Se débrouiller, se dépatouiller, etc ... Pas toujours dans la légalité. A cause de cela BIBI FRICOTIN pourrait s'ajouter en quatrième du trio des Pieds Nickelés puisque comme eux on le créa pour la Société Parisienne d’Édition.

 

BD-Bibi-Fricotin,-n°-4,-réédition-1950.jpg

 

 

Après FORTON, il y eut CALLAUD puis LACROIX qui continuèrent BIBI FRICOTIN, mais avec de moins en moins de verve.

 

Doc Jivaro

 

13/04/2019

Les Tarzanides du grenier n° 347

 

Vous comprenez, le 346 c’est tout bonnement L’ÉPATANT d’hier auquel j’ajoute ce petit appendice.

 

L’ÉPATANT débutant en 1908, le dernier numéro de sa première série est le 1517 de l’année 1937.

 

La Guerre de 1914-1918 obligea maints journaux à réduire le nombre de leurs pages ainsi que la présence de plusieurs de leurs collaborateurs. L’ÉPATANT n’échappa pas à cette contrainte. Habituellement formé de seize pages, il les diminua  à huit tout en économisant sur la quantité des couleurs puisque la double page intérieure, celle des Pieds Nickelés, était simplement imprimée en noir sur blanc. On vérifie ça, par exemple, dans le numéro 435 du 16 novembre 1916.

 

 BD-L'épatant,-16-11-1916.jpg

 

 

Ribouldingue, Croquignol et Fillochard sont les trois chenapans créés par FORTON. Mais attention jeunes gens, le personnage brimbalé par sa monture, malgré son pif fuselé pareil à celui de Croquignol n'est pas Croquignol. C’est le Kronprinz, celui même qui passa de belles années de guerre à peloter la Gretchen pendant que des millions de bonshommes s’étripaient sur les champs de bataille.

 

Et que notre Landru travaillait à s’immortaliser pour la postérité.

 

Doc Jivaro

 

 

27/10/2018

Tarzanides du grenier n° 321

BD-Donald,-Pim-Pam-Poum,-.jpg

 

Tu ne manques pas culot ! écrire que le Donald de la fin des années 1940 est un illustré français ALORS qu'il ne contient pour ainsi dire que des Bandes dessinées américaines, faut le faire !

 

Je venais de détecter la présence d’un visage à proximité de ma nuque… Au ton de la voix je le reconnus : Un montluçonnais âgé de mon âge, avec lequel je bavarde quelques fois plus d’une heure et qui recherche des journaux quotidiens régionaux des lendemains de 1940-45. Le genre Valmy, La Terre, Le Centre Républicain.

 

D’accord : DONALD n’expose presque que des séries made in USA. Mais son fondateur Paul Winkler mettait un point d'honneur à ce que la traduction en français du langage américain ainsi que le rédactionnel du Professeur TOP soient exempts de fautes de syntaxe. De nos jours, les bandeaux écrits au bas de nos écrans télévisés s'imaginent malins de se démunir d'un tel scrupule.

 

D’un autre côté nous ne pouvons absolument pas douter de la naissance française des … PIEDS NICKELES. Sûrement, vous venez d’apprendre par les médias que HACHETTE entreprend la réédition du trio célèbre  : Croquignol, Filochard et Ribouldingue. Trois cambrioleurs, trois roublards, trois ... trois gibiers de potence qui auraient pu damner le pion à un autre trio célèbre les MARX BROTHERS

 

Bd-Les-Pieds-Nickelési.jpg

 

Ces trois français furent inventés en 1908 par FORTON (Louis), lequel était aussi l’inventeur de BIBI FRICOTIN. Bien dans la mentalité « mauvaise conduite » des trois canailles, ce Louis FORTON mourut alcoolique. Beethoven aussi ?

 

La réédition choisie par Hachette ne regroupe que la suite des BD dessinée par PELLOS à partir de 1948. Tout au long de sa parution le verbe populacier des débuts des Pieds Nickelés perdit beaucoup de son argot d’apaches parisiens jusqu’à ce que la Loi de censure année 1949 ait contraint les éditeurs à tenir un langage plus conforme au vocabulaire de l’instituteur face à ses élèves. C’est donc par la vivacité de son graphisme que PELLOS parvint à entretenir une ambiance explosive que les dialogues assagis avaient perdue.

 

 Doc Jivaro présente ci-après un trop court extrait d’un épisode complètement inattendu de la part de trois gredins : leur incorporation volontaire dans l’armée française pendant la « der des d’ers »

 

BD-Les-Pieds-Nickelés.jpg

 

C’est pas de la soupe c’est du rata.

C’est pas de la merde mais ça viendra

 

Voilà ce que chantait de temps en temps, en fait : très rarement, mon grand-père rescapé de 14-18. Et quelquefois il risquait un commentaire : « On raconte que les mères sont contre la guerre afin de protéger leurs enfants. C’est pourtant elles qui s’étaient précipitées dans les usines pour fabriquer des obus ».

 

Doc Jivaro