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19/09/2020

Tarzanides n° 450

 

Né peu avant la première guerre mondiale mon père ne connut pas pendant sa jeunesse BIBI FRICOTIN : il ne fréquentait que LES trois PIEDS NICKELÉS, un jour par semaine, dans l'illustré L’ÉPATANT, le premier vrai journal de BD du pays de Clémenceau. Les Pieds Nickelés et Bibi Fricotin nous viennent du même créateur Louis FORTON.

 

 

BD-Bibi-Fricotin,-L'As,-10-07-1938.jpg

 

 

 

Bibi Fricotin fut d'abord édité dans LE PETIT ILLUSTRÉ mais les trois bandes que nous présentons ici sont sélectionnées dans l’hebdomadaire L'AS de l'année 1938. Leur dessinateur se nomme Callaud, lequel relaya Forton avant de céder à son tour la place à Lacroix. Sa disposition de la BD expose la transition entre les récits illustrés traditionnels et la bande dessinée proprement dite. Chaque image est soutenue par un texte pendant que les bulles contenant les paroles des personnages n'ajoutent pour ainsi dire rien de plus à la compréhension de l'histoire. Elles semblent même superflues. Aucun cadre linéaire ne limite chaque dessin, si bien que lorsque la coloration n'existe pas la bande dessinée semble s'absenter.

 

La Librairie Hachette entre 2017 et 2019 a réédité les 123 albums de la collection Bibi Fricotin.

 

Pour ce qui est de l'hebdomadaire L'AS, en son temps, il lui arrivait d'amuser ses jeunes lecteurs avec un humour tel que celui trouvé dans le numéro 82 d'octobre 1938.

 

 

Le roi nègre, L'As,-1938.jpg

 

 

Comme quoi nos ancêtres les français ne craignirent pas toujours le gros méchant loup.

 

Doc Jivaro

 

19/05/2018

Tarzanides N° 299

 

Bob vient d’avoir une de ses bonnes idées : puiser dans son sac à malices un souvenir juvénile, celui de BIBI FRICOTIN, gamin aventurier dans les BD.

 

Chez moi, Fricotin et fricoter gardent un sens coquin hérité de quelques-unes de mes fréquentations enfantines. Ils fricotent. Tous deux fricotent. Voyez la scène : « le Michel fricote avec la Josette ».

 

– On sait que tu viens me voir parce que j'ai deux sœurs ! tu perds ton temps : elles ne veulent plus te causer.

 

Ils et elles s'attroupaient en une dizaine d’enfants, tous dormant dans deux ou trois roulottes arrêtées en contrebas de la route.

 

Bibi Fricotin, gamin bien décoiffé par une chevelure ébouriffée, est débrouillard en diable. Toujours goguenard et farceur, il naquit avant la Seconde Guerre Mondiale, en 1937, sous le crayon de CALLAUD. Mon père pouvait le rencontrer dans l’hebdomadaire L’AS, un journal de grand format : 39 X 27.

  

 

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  Sélection du numéro 66. L'AS, année 1938

 

 

Trois bandes d’images superposées mais sans aucune limitation rectangulaire ou carrée enfermant le dessin. On appelait ce genre « histoire en images », l’expression « Bande dessinée » ne s’étant généralisée que longtemps après à l’approche des années 60. Bibi Fricotin apparaît donc comme un produit transitoire entre l’histoire imagée et la BD proprement dite. Notez la double présence du lettrage : un texte sous le dessin et une bulle parlante dans le dessin.

 

L’AS était publié chaque dimanche et se recommandait assez fièrement comme « illustré pour la jeunesse et la famille ». Sa pagination et sa rentabilité étaient gérées par la famille des OFFENSTADT laquelle créa la Société Parisienne d’Édition. La fameuse S.P.E.

 

Bibi Fricotin était toujours actif au début des années 1970. Son dernier dessinateur, assez faible, se nommait Pierre Lacroix. À notre Bibi, l’éditeur adjoignit un gamin de son âge, noir de peau : Razibus.

 

Il n’est pas inutile de signaler que l’excellent, l'abondant PELLOS qui tant et tant œuvra pour les OFFENSTADT, et qui prolongea les immortels PIEDS NICKELES jusqu’au terme de sa propre vie, ne relaya jamais les dessinateurs successifs qui travaillaient sur Bibi Fricotin.

 

En fin de repas mon n’épouse me reproche encore de faire fondre du sucre dans MON café noir. « Ça le dénature ! » qu’elle analyse.

 

Bah ! il y a bien longtemps que nous autres humains ne sommes que des animaux dénaturés.

 

Mon n'épouse, elle, il lui arrive de boire son café en restant debout .

 

Je l'ai pourtant avertie : « Tu trembleras quand tu seras morte si tu ne t’assieds pas pour boire ton petit noir ».

 

C’est ma grand-mère paternelle qui me racontait ce truc.

Doc Jivaro