22/12/2012
Les Tarzanides du grenier (n° 11)
La veille des fêtes, on ne va pas se fatiguer.
Contentons-nous de signaler l'existence banale de deux vieux tarzanides disparus et dont beaucoup de collectionneurs du genre oublient d'évoquer le souvenir estompé.
C'est qu'il faut reculer notre regard jusque dans l'hebdo grand format JUMBO publié pendant les années 30, pour rencontrer CHARKA et GERARD.
CHARKA, sans modestie, se prétend « Roi des grands singes » voulant sans doute nous faire ignorer qu'une telle couronne est décernée définitivement depuis 1912 à plus puissant que lui. L'aventure de ce CHARKA ne se suit pas dans une BD mais dans la longue écriture d'un roman. Une vignette accompagne le récit. Les attitudes du personnage principal sont imitées de celles que Foster donna à Tarzan dans l'épisode « TARZAN et la Cité de l'Or ». Il en est même une dans JUMBO n° 47 usurpée d'un dessin de Hogarth.
L'autre Tarzanide de misère – GERARD – lui, n'apparaît que dans le numéro 9 de JUMBO, 26 février 1938. S'agit d'un adolescent affublé d'une culotte de golf (et non pas de golfe, ma fille). Des kidnappeurs le kidnappent. Incroyable, non ? Mais réussissant à leur échapper, il saute du ciel en parachute dans les mille dangers de la brousse. La suite n'est qu'une succession monotone d'images pendant lesquelles GERARD perd sa jolie culotte. Malgré ça, rassurons le curé de Saint Paul : un caleçon en peau de léopard permet aussitôt de cacher les attributs masculins du petit Tarzanide de catéchisme.
Ce n'est qu'avec le numéro 47 (1938) que JUMBO réussit à devenir captivant pour ses jeunes lecteurs. Grâce à ALAIN LA FOUDRE, un gros bras venu de l'Italie du Duce et qui va vaincre « Le Dragon de Shanghai » avant de devenir « La terreur de Harlem ». Puis, dans le numéro 51, c'est la signature du fameux Alex Raymond qui entre en action par l'intermédiaire de l'Agent Secret x 9, ici simplement appelé Dan.
Comme tous les journaux BD recevant TROP de titres américains, JUMBO dut s'assagir après la victoire allemande dans toute l'Europe de l'Ouest. Il survêcut coûte que coûte jusqu'en … 1944.
Comme un présage
Fragment du 4e plat de la couverture rigide de l'album n° 1 de JUMBO année 1938.
Docteur Jivaro
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15/12/2012
Les Tarzanides du grenier (n° 10)
Bavarder à propos des Tarzanides c'est bien, ça nous divertit. Mais n'en oublions pas pour autant que leur racine s'appelle TARZAN. Ce qui fait que chaque Tarzanide n'est que le reflet pâli d'un feu central, brasier originel allumé par le romancier E.R. Burroughs en 1912.
L'aptitude de TARZAN à survivre parmi des peuples qui lui sont hostiles, est proprement phénoménale. Deux guerres mondiales ne l'ont pas aboli. Ses ennemis furent pourtant multiples, féroces en tout. L'URSS, l'URSS et le National Socialisme germanique le bannirent sans réussir à le faire oublier. Même TINTIN n'eut pas à résister contre de tels ennemis : Ils se tranquillisèrent en faisant semblant de ne pas savoir que ce boy scout leur était contemporain. Quant aux trois religions du monothéisme, elles continuent à calomnier le héros sans réussir à le défigurer, tant son existence nous vient des splendeurs du paganisme gréco-latin, seule source politique authentique de l'Europe.
Immédiatement après la capitulation allemande (1945) TARZAN revient en force dans les pays européens de l'Ouest, après quelque quatre années d'absence. Son retour s'effectue avec l'arrivée du juke-box et du blue-jean, en compagnie des films industriels américains exportés depuis Hollywood. Autant dire que TARZAN est présent dans le paquetage du soldat yankee dont la tête explose sous la mitraille du IIIe Reich.
C'est l'éditeur italien Del Duca qui va rétablir en France la royauté populaire du prodigieux enfant orphelin de Lord et Lady Greystone. Il va publier simultanément un TARZAN hebdomadaire et un TARZAN mensuel à destination de la jeunesse mais en escomptant bien que les parents, eux aussi en seront satisfaits, puisqu'aux Etats-Unis ce sont des adultes qui assurèrent d'abord le succès de « l'homme singe ».
La collection totale du TARZAN mensuel éditée par les Éditions Mondiales en trois séries successives, fut publiée pendant une trentaine d'années. C'est la première série comptant 102 numéros qui est la plus essentielle. Néanmoins, certains collectionneurs restent bredouilles d'avoir vainement cherché à posséder les numéros 1, 2, 3 et 4 de cette toute première série mensuelle commencée au 1er trimestre 1946.
Ce n'est pourtant pas pour s'attirer leur jalousie que Dr Jivaro vient de scanner les quatre couvertures par lesquelles TARZAN fit son grand retour auprès des indigènes français.
L'illustration est d'un style « en vrac » consistant à assembler divers fragments prélevés dans plusieurs bandes dessinées. Elle a pour but de donner le résumé dynamique des personnages et de leurs actions contenus dans le journal. Ici, tous les mouvements sont copiés sur des images signées de Hogarth. Tous sauf un, celui montrant TARZAN descendant de son arbre à singes. Il a été pris d'un des dessins de Foster.
Brochure n° 1
Dans ce numéro 1 débute « TARZAN et les Peuples du Feu et de la Mer ». Mais comme dans toutes les rééditions françaises, la planche BD datée du 5 mai 1940 par laquelle commence réellement l'aventure n'a pas été éditée. Aujourd'hui encore elle reste inconnue de beaucoup d'entre nous.
Brochure n° 2
Peut être l’assemblage le plus habile à l'aide de morceaux d'images découpées ici ou là dans l'histoire. La coloration jaune de la chevelure du héros doit elle rappeler l'origine britannique de TARZAN ? en tout cas, c'est une rareté, TARZAN étant principalement identifié avec des cheveux noirs dotés de reflets bleus.
Brochure n° 3
Dans ce numéro 3 s'achève le récit des peuples de la mer et du feu. L'aventure suivante nous permet d'apprécier TARZAN affrontant un dictateur africain métissé : Dagga Ramba.
Brochure n° 4
TARZAN continue la lutte contre Dagga Ramba mais ne la termine pas. Les jeunes lecteurs en furent tous désolés. C'est que le numéro suivant (n° 5) perd le titre TARZAN pour se changer en celui de Tarzella, et le dessinateur Rex Maxon s'y substitue à Hogarth.
Les 8 premières brochures mensuelles comportent 20 pages chacune, puis simplement 16 pages à partir du numéro 9 et jusqu'à la fin de la deuxième série, année 1956 (exception pour les numéros 15 et 16 de 20 pages chacun).
Notons que cette quatrième couvrante (l'Attaque Nocturne) a pour signature Lefèvre. Toutefois ce nom n'est pas présent sur les trois précédentes brochures qui résultent cependant du même auteur.
Une bizarrerie
Parmi toutes les images des exemplaires 1, 2, 3 et 4 il en est une complètement inattendue à cause de la gaucherie de son graphisme. Elle figure en troisième position du numéro 1 en haut de la page 11 (La numérotation ne commençant qu'au verso de la couverture en couleur). On la retrouve dans les autres rééditions françaises. Par exemple dans la réédition « Prince Tanny » du 2e trimestre 1956.
On dirait que cette image après avoir été esquisée habilement par Hogarh a été retracée avec maladresse par un tâcheron resté anonyme.
Dr Jivaro
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01/12/2012
Les greniers de la BD n° 13
Coupez lui la tête et pendez le !
J'ai connu la BD d'avant 1949 lorsque j'étais gosse. J'en collectionne encore plusieurs titres. Aussi ai-je retrouvé, fouillant mes vieilles paperasses gardées sans soin, beaucoup d'images ayant en commun d'être impossibles à re-publier dans des albums destinés aux enfants d'aujourd'hui.
Par exemple, un thème comme celui de la pendaison.
On pendait « haut et court », souvent, dans les bandes dessinées de mon enfance. Je vous en présente au dessous quelques extraits. Leur petit nombre ne rend évidemment pas compte de la quantité de dessins BD consacrés à cette « justice expéditive » fréquente, dit-on, dans le Far West.
Une évidence sociale en ressort pourtant. Une solide corde de chanvre vaut mieux qu'un long discours « droits de l'homme » lorsqu'il s'agit d'assurer la sécurité publique.
Le bourreau ne va pas couronner « le géant bronzé demi-nu, roi de la jungle ». Il va l'étrangler – ou lui briser les cervicales. Mais Tarzan demeure d'un calme olympien sévère. Son « regard d'aigle » est pareil à celui que des artistes portraitistes français du XIXe siècle attribuaient à un corse « plus français que tous les français ». Un corse, Napoléon Bonaparte, dont l'Arc de Triomphe est encore utilisé (dévoyé ?) par des républicains démocrates incapables depuis 1874 de débarrasser leur mémoire des fastes impériaux de l'Empire Latin des Césars.
Deux vignettes – choc sorties du n° 49 de JEUDI MAGAZINE, année 1947.
Un western produit par NORTIER qui en était à ses premières passes. Le titre ? Pionniers de l'Ouest.
A cette époque, l'apprentissage du dessinateur se faisait fréquemment sur le tas. Même s'il rendait une BD plus ou moins bancale elle pouvait être publiée semaine après semaine. Au moins servait-elle à remplir une page ! et leur auteur devait se suffire d'être payé avec des clopinettes.
NORTIER, une fois rodé, fera le relais avec POÏVET pour quelques planches des Pionniers de l'Espérance imprimées dans l’hebdomadaire communiste VAILLANT.
On doit aussi à NORTIER un des Tarzanides de 1948 : TAO l'homme fauve, dont je vous parlerai avant la fin de l'hiver si la déesse des athées me garde vivant.
L'éditeur CHOTT gagna une place de champion pour la création de situations cruelles dans les BD, visant les suffrages d'un public de gamins populaires français, tous rescapés de la seconde guerre mondiale.
Le dessin est extrait du terrible Big Bill le Casseur n° 7, année 1947.
Avant hier, lorsqu'un instituteur coiffé d'un béret d'ennui me tirait par l'oreille, c'était les ligues féminines de vertu religieuse qui s'alarmaient contre les ouvrages BD fabriqués par CHOTT. Aujourd'hui, si CHOTT se relevait d'entre les morts, ce serait la féministe libérée lesbienne qui gueulerait contre lui.
Ci dessus, vous avez été déçu, mon brave. On ne voit pas un seul pendu. Pourtant le texte est explicite : Il y bien deux pendaisons simultanées. Mais le dessinateur Le Rallic fut obligé d'en gommer les cadavres pour les remplacer par des lignes pointillées simulant quelque palissade. (On voit mieux ce détail dans l'original du n° 96 de Coq Hardi).
Se balançant d'un seul bras, Tarzan poignarde éventre le guerrier noir qu'il vient de pendre à l'aide d'un lasso confectionné d'herbes tressées. Ainsi venge-t-il Kala, sa mère adoptive assassinée par l'ennemi.
C'est après avoir tué cet indigène que Tarzan renonce à pratiquer le cannibalisme. Ce renoncement contraire à la nature première de l'homme, trouve sa compensation-consolation dans le vol du vêtement porté par l’ennemi abattu. Dans cette circonstance, en effet, le jeune Tarzan apprend à se vêtir. Mais s'il se vêt ce n'est évidemment pas par pudeur. C'est par la légitime appropriation d'un objet appartenant à l'ennemi vaincu. C'est une preuve matérielle de victoire.
Le paquet grossier du feuillage cachant les fesses du bel adolescent, n'est qu'une vulgaire concession faite à la censure par l'éditeur italien Del Duca. L'original américain, œuvre de l'excellent FOSTER, ignore cette pudibonderie.
Doktor Jivaro
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24/11/2012
Les Tarzanides du grenier (n° 9)
Coq Hardi n° 160, année 1949
TAR-ZAN / ZAN-ZAN
Feuilletant plusieurs albums de la collection COQ HARDI, j'ai arrêté mon regard sur l'une des vignettes dessinées par Jacovitti pour sa BD parodiant le personnage de TARZAN.
Un TARZAN que Jacovitti casse d'abord en deux syllabes avant d'en réduire le titre à sa seule syllabe finale doublée. Pourquoi cette modification ? Peut être que Jacovitti et son employeur du moment – Marijac – s'évitèrent ainsi un procès de la part du propriétaire et des distributeurs du célèbre TARZAN.
Revoyons l'image et parions qu'une pantomime pareille est impossible à éditer dans un journal d'aujourd'hui pour l'amusement des enfants. A moins d'en détourner le sens et la faire servir à une dénonciation carabinée de l'ancienne colonisation de l'Afrique noire par l'Europe des vilains pas beaux méchants hommes blancs.
N'a-t-on pas parfois l'impression que nombre de démocrates BCBG regrettent de n'avoir pas à raconter avec émerveillement une histoire de l'Afrique du XIXe siècle colonisant l'Europe ?
Doktor Jivaro
19:08 Publié dans Arts, BD, Grenier de la BD, Journaux, Media, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, bande dessinée, bd ancienne, illustration, dessin, tarzan, coq hardi, marijac
20/10/2012
Les Tarzanides du grenier (n° 7)
Un TARZANide nommé THORWALD
Ici, nous sommes aventurés dans la collection TARZAN mensuel des disparues « Éditions Mondiales » que l'italien Del Duca dirigea, publiant autant des BD pour la jeunesse que du roman photo « presse du cœur » pour la femme mariée maintenue au foyer conjugal.
Sur ce sujet, Doktor Jivaro a remarqué depuis longtemps que bien des bandes dessinées « pour enfants » offraient des scénarios et des dessins autrement plus adultes que beaucoup des romances et illustrations de bas étage destinés à divertir nos amies les femmes.
En cela, Doktor Jivaro ne peut rien modifier : ce fut ainsi.
Les numéros 23 et 24 de TARZAN mensuel (année 1947) comptent chacun 16 pages – 15 imprimées noir et blanc accompagnées d'une seule frappée de couleurs, la couverture évidemment. Cependant, si vous souhaitez les acquérir auprès d'un marchand spécialisé ne vous étonnez pas qu'il veuille vous les vendre un prix plus haut que le prix de chacun des autres numéros de la série. C'est que …
C'est que l'infernal Adolf HITLER s'y déplace dans nombre d'images. Un Adolf dessiné par Rex Maxon, l'américain qui inventa Tarzella. Mais cette fois, c'est la vie d'une anglaise, Jane Porter, que les nazis menacent : « Lache-LE sinon je LA Tue ! gueule un soldat allemand affecté d'un faciès patibulaire conforme aux caricatures du genre.
LE ? Qui donc LE ? Mais voyons, Hitler !
Hitler que l'homme singe, une fois encore victorieux, s’apprête à étrangler. « Vous valez moins que les bêtes » lui crache TARZAN en plein visage, avec mépris. Le vouvoiement marque dans cette phrase la distance répulsive et non pas la politesse d'une première rencontre.
Mais comment le führer de toutes les fureurs se retrouve t'il en situation fâcheuse dans le numéro 24 ? C'est que le chancelier du troisième Reich a mis à contribution quelques-uns de ses ingénieurs parmi les meilleurs. Il a exigé, exigé et obtenu d'eux qu'ils lui fabriquent un ersatz de TARZAN. Un puissant Tarzanide répondant à un nom du tonnerre de Dieu : THORWALD.
Hitler se montre ainsi opportunisme : le vrai TARZAN vient d'être annoncé disparu, sans doute perdu, noyé en mer. L’Allemagne nationale socialiste va donc pouvoir conquérir l'Afrique subsaharienne en abusant les populations noires par la pseudo réapparition d'un TARZAN présenté sous les traits d'un surhomme imposteur.
Heureusement pour la démocratie des milliardaires américains et, également, pour les démocrates dictateurs marxistes, TARZAN revient réellement pour poignarder l'usurpateur que les walkyries accueillent aussitôt dans leur glorieux Walhalla – Ouf !
Notons que le nom de Hitler n'est pas mentionné sur les couvertures des numéros 23 et 24. Son visage est absent, aussi. La croix gammée n'y apparaît même pas et les sous-titres n'ont aucun rapport avec le scénario. Probablement qu'au lendemain de la capitulation allemande, les croix gammées furent déconseillées dans les journaux pour enfants. Un exemple : Marijac dirigeant l'hebdomadaire COQ HARDI, s'abstiendra de toute svatiska pour raconter les premiers exploits du Colonel X illustré par Poïvet.
Vignette sortie du n° 21 de FANTAX « Les buveurs de sang ».
Le boche repère le terrain d’atterrissage mais sans se soucier que la croix gammée du Parti s'y affiche tournée dans le mauvais sens. (Atelier Chott.)
Herr Doktor Jivaro
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13/10/2012
Les Tarzanides du grenier (n° 6)
Les Éditions des Remparts, en dépit de leur enseigne évocatrice d'une résistance farouche, ne s'opposèrent que modérément aux assauts de chaque rival dans l'espace BD. Leur action porta entre 1950 et 1979 ; et l'on peut supposer qu'elles s'essayèrent à compenser par la quantité des titres le manque de qualité des produits. Wikipédia, compte jusqu'à 84 titres édités.
De cette production que Bar-Zing dit banal pour ne pas la taxer de médiocre, on peut avec clémence excepter la série intitulée JUNIOR (aventures) et JUNIOR (espionnage). Quant aux deux autres titres échappant de très haut à tout un ensemble décevant, ce sont des champions débarqués d'Outre-Atlantique, du pays d'Al Capone et de Mac Carthy. Ce sont MANDRAKE et THE PHANTOM (du Bengale). Mandrake porte une petite moustache pointue qui lui sort des narines, et son charme de gommeux coiffé d'un chapeau-clac opère en permanence auprès d'une Narda, vraie princesse amoureuse de ce roturier dont le nom s'enracine avec la mandragore. De son côté, The Phantom, justicier dans l'Inde des anciennes colonies anglaises, est réputé immortel. Aucun vivant n'a le droit de connaître son visage. Seule, la jolie délinquante repentante Suzie gagnera le privilège inouï : VOIR les yeux du formidable « esprit qui marche » ! Mais c'est pour mourir dans l'instant qui suit. (n° 70 d'une traduction tardive française. Année 1969. Editions des Remparts).
Justement, venant de ces Editions des Remparts, parlons un peu de King la Jungle notre modeste Tarzanide d'aujourd'hui. Celui-ci fut publié pendant 21 numéros mensuels – 1960-1962. La mode BD étant alors au petit format, le nanisme de ce Tarzanide semble avoir voulu battre tous les records dans la concurrence entre pockets : 10 cm X 15 cm. Qui dit mieux ? Ne parlons pas des mini-récits insérés dans le SPIROU de la même époque.
A peine commence t'on à parler de ce King la Jungle que nous nous sentons déjà perdre notre temps par ces quelques phrases à son propos. Le graphisme, le scénario, c'est du n'importe quoi. Comme beaucoup de Tarzanides de trempe infèrieure, certains mouvements sont maladroitement imités du modèle Tarzan signé Hogarth. Ainsi page 72, numéro 5. Ou encore page 46 , numéro 7. Et, pour ce coup, c'est amusant : perdant son panache, le grand sorcier noir Totama se retrouve blanchi, transformé qu'il est en King la Jungle. Cette BD prétend à quelque réalisme, refusant de plaisanter d'elle même. Pourquoi voit-on un éléphant lancé au grand galop ? Hardi, l'animal ! Depuis quand les pachydermes galopent-’ils ?
Chez les bouquinistes spécialisés chaque exemplaire King la Jungle se vend, s'achetant jusqu'à 6 euros (BDM 2009-2010). C'est du beaucoup trop coûteux. Vous me direz : quand on aime on ne compte pas. Mais qui donc aime King la Jungle ?
Moi, je me suis payé en 1994 ou 95, 11 numéros de ce King la Jungle avec en plus 2 exemplaires Marco Polo de l'Atelier Chott, année 1949, pour simplement 50 francs chez un brocanteur bric-à-brac à l'entrée de Lapalisse (03120).
Preuve que vous avez tort de négliger le Centre de la France pendant vos vacances.
Image sortie du numéro 28 de RANCHO, année 1957
Inattendu dans la ménagerie : un Tarzanide nommé cheval.
Quelque méchante fée Carabosse a métamorphosé le Roi de la Jungle en étalon domestiqué (Je n'ose écrire châtré).
Le copyright réservé E. Rice Burroughs, très pointilleux sur le respect dû à son héros financièrement juteux, n'a t'il pas protesté contre ce cow-boy irrespectueux se permettant de monter Tarzan ?
Herr Doktor Jivaro
18:02 Publié dans BD, Grenier de la BD, Journaux, Livre, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, bd ancienne, tarzan, bd de collection, éditions des remparts, illustrations, dessinateurs