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16/03/2019

Tarzanides du grenier n° 342

 

En 1947 le dimanche du 23 mars dut être un dimanche doublement heureux pour les écoliers d’une France au sortir de la guerre. D’abord parce que le Jour du Seigneur commandait la fermeture de l’entrée des écoles et, ensuite, parce que était publié le numéro 1 d’un tout nouveau illustré : DONALD.

 

BD-Donald-couv,-1947.jpg

 

 

Il ne comptait que huit pages, DONALD. C’était pourtant une présentation tout à fait habituelle pour nombre d’hebdomadaires de l’époque. C’était, surtout, huit grandes pages (27,3 X 41,5) d’un format qui n’existe plus à l’attention de nos moutards actuels. N’empêche : nos petits bras musclés du moment se plaisaient à ouvrir les grandes ailes de ce volatile sur papier.

 

Je n’ai pas connu la première année de parution de cet hebdo qui ne publiait que des bandes dessinées américaines, exception faite pour une intitulée : Les aventures de Monsieur de la Guerche. Le siège social se situait Boulevard Saint Germain au 209 dans Paris bien sûr. Cependant je connaissais les trois neveux de DONALD : Fifi, Riri et Loulou, pour la bonne raison que trois petits copains cousins entre eux s’amusaient à s’interpeller par ces trois diminutifs affectueux.

 

Le succès de DONALD était complet. Même que certains parents en lisaient avec amusement les histoires quoique …. Quoiqu’il y eut un hic !

 

L’une des séries BD avait pour titre BARRY et Le Lotus d’Or. Une série illustrée par Milton Caniff créateur du célèbre Terry et les pirates. Mais le hic ne se trouvait pas dans le fait que chez nous Terry était remplacé par Barry. Le hic se trouvait en bas de la page 3 du n° 17 du 13 juillet 1947. Lisez en le texte.

 

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« Petite vérole ! » Oui vous avez bien lu : vérole. Cette allusion à une maladie vénérienne : la syphilis, était absolument inattendue dans un journal destiné à la jeunesse française, étant entendu que toute information sexuelle restait interdite à l’école et retardée le plus possible en famille. En fait il se peut que le traducteur se soit tenu au mot à mot dans la version française pour l'enfance, en traduisant l’original américain destiné à un lectorat adulte. (En France, je crois bien que c’était le mot « variole » qui était plutôt utilisé dans ce genre de situation).

 

L’abbé Pihan (1912-1996), pourfendeur de toutes les BD éditées en dehors de celles de Coeurs-Vaillants, disqualifiait le journal DONALD en le traitant de « journal le plus pernicieux pour l’enfance ».

 

Walt Disney, célébré comme l’ami public numéro un, en gémit encore dans son cercueil.

 

Doc Jivaro

 

08/12/2018

Tarzanides du grenier n° 327

 

Un internaute attentif aux propos tenus par Doc Jivaro, vient de rappeler l'existence parfois oubliée d’un des « gros bras » de la Bédé : LOTHAR. D’origine africaine LOTHAR apparut au même moment qu’apparut MANDRAKE parmi les comics r'américains déjà très nombreux en 1934. Leurs créateurs Lee Falk pour le scénario et Phil Davis pour le graphisme, connurent un succès immédiat, jamais démenti.

 

La nature dota LOTHAR d’une force prodigieuse dont les images suivantes apportent la preuve irrefutable.

 

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À mesurer les performances musculaires de cet Hercule noir on s’interroge si même TARZAN disposerait d’assez de ressources pour vaincre LOTHAR dans un corps à corps à la loyale. Et difficile de croire qu’un tel homme ait volontairement accepté d’être le serviteur d’un magicien nommé MANDRAKE. C’est pourtant cette situation résultat d’une hiérarchie sociale qui perdurera pendant plusieurs décennies, jusqu’à ce que les deux hommes en viennent à progresser côte à côte en bons amis égaux en droits comme en devoirs.

 

D’abord présents dans deux hebdomadaires, l’un ROBINSON, l’autre HOP-LA ! Mandrake, toujours vêtu d’élégance, se fera connaître avant la guerre de 1939-40 dans le pays des deux Léon, c'est à dire le pays de Blum et de Daudet.

 

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Pour ceux- celles d’entre vous qui, sans avoir à vider leur cassette d’avare, souhaiteraient lire et regarder les premières aventurlures de Mandrake et Lothar, Doc Jivaro conseille les trois volumes que les ÉDITIONS DES REMPARTS publièrent en 1980. Trois volumes en couleurs comprenant les 376 Sunday Pages d’origine yankee. (Les bouquinistes spécialisés ne manquant pas sur votre web favori. Ah ! j'allais oublier : Le grand magicien rejeton imaginaire de l’aphrodisiaque mandragore fut aussi actif dans le magazine DONALD, chaque dimanche matin, depuis le numéro 1 jusqu’au dernier : le 313 des années 1947 à 1953.

 

– Saperlipopette ? Abracadabra serait mieux dans le sujet.

 

Doc Jivaro  

20/10/2018

Tarzanides du grenier n° 320

  

Samedi précédent, Doc Jivaro a cité l’ancienne revue CINÉMA 71 sans en présenter l’illustration de couverture. Un manque dont il se corrige dès après la fin de ce court paragraphe.

 

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L’énergique athlète blond à califourchon sur l’encolure d’un « monstre antédiluvien » et s’apprêtant à casser le crâne de la bête, se nomme FLASH GORDON. Rapidement, dès les années qui suivirent sa naissance en 1934, il gagna ses galons de champion prestigieux d’une BD publiée des deux côtés de l’Atlantique.

 

Chez nous, il se francisa en GUY L’ÉCLAIR. La collaboration franco-allemande décidée en Octobre 1940 à Montoire stoppera momentanément la carrière de ce personnage présent dans l’hebdomadaire ROBINSON. Ce n’est qu’avec la victoire et l’implantation de troupes américaines dans quelques-unes de nos villes en 1945 que GUY L’ÉCLAIR regagna son droit de présence dans un journal français : DONALD (dimanche 23 mars 1947).

 

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1ère planche dans DONALD N° 1

 

Cette fois ce n’est pas son créateur Alex Raymond qui en dessine les planches mais un de ses assistants : AUSTIN BRIGGS. C’est d’ailleurs sous cet aspect secondaire que les écoliers de mon âge apprécièrent ce héros BD et cela jusqu’au numéro 169 du dimanche 18 juin 1950. Car après cette date, GUY L’ÉCLAIR disparaît pour la deuxième fois, victime non plus d’un fascisme anti-américain mais d’un anti-américanisme fomenté par une alliance entre les églises et les cellules communistes staliniennes.

 

Les aventures de FLASH GORDON se moquent des lois physiques de l’espace temps telles qu’elles nous font exister; et les voyages interplanétaires que l'aventurier réussit appartiennent aux extravagances des rêves éveillés. Aussi ne vois je pas de « science-fiction » là-dedans ; je n’y vois qu’une fiction romanesque dénuée de toute référence scientifique. Un érotisme de pacotille jalonne les exploits de ce jeune homme dont toutes les jolies filles « tombent » amoureuses sans qu’il ait à jouer au joli cœur en leur présence.

 

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L’abondance des bandes dessinées et la diversité de leurs opinions obligèrent nombre de commentateurs à faire valoir des arguments pour et des arguments contre. Ainsi, dans CINÉMA 71 des extraits d'Umberto Eco dénoncent une présence d’extrême droite dans les bandes dessinées. Mais dans NOTRE EUROPE N° 50 de janvier 83, Louis Jeancharles s’alarme d’une décadence de l’Occident en partie due à l'influence de bandes dessinées de gauche.

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Et vogue, vogue l’ancestral Dragon des Mers.

  

Doc Jivaro

 

 

01/08/2018

Avons-nous épuisé les réserves de la planète ?

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05/05/2018

Les Tarzanides du grenier N° 297

 

Longtemps, Doc Jivaro s'imagina que l’album numéro 6 DONALD des années 1949-1950 et groupant les numéros hebdomadaires 131 à 156, lui avait été offert pendant une des maladies de l’enfance. Histoire de l’aider à patienter « au fond du lit ».

À garder la chambre, donc ? c’est ça selon l'expression familière.

 

BD-Donald-N°31-à-156.jpg

 

Lorsque beaucoup plus tard j’en bavardais avec ma mère elle ne se rappelait pas m’avoir acheté ce volume d’illustrations.

Quand tu as eu la rougeole ? la varicelle ? tu as eu aussi une otite.

– Et les oreillons ?

– Qu’est-ce que tu vas inventer ! ce n’est pas toi qui as subi ce mal. C’est le voisin, c’est René, souviens-toi.

 

Entre voisines, des oreillons, les dames en parlaient avec beaucoup d’animation. C’était une catastrophe mais pour les garçons seulement. « Ils ne pourront pas avoir d’enfants ! » Grand mystère pour mes oreilles quand elles entendaient sans tout comprendre.

C’est dans ce volume DONALD que je rencontrais pour la première fois PIM PAM POUM. Mon père aussi, c'était nouveau pour lui. Certains soirs, il s’en amusait, sa tête toute proche de la mienne.

 

– Vous avez l’air malin tous les deux ! s’exclamait Maman tout en utilisant les assiettes pour faire descendre de la table DONALD qui n’avait aucun droit à s’y étaler à l’heure du souper.

 

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Une image dessinée par Knerr et publiée le 4 décembre 1949 en huitième page du journal qui en comptait huit. Les adultes connaisseurs reconnaîtront là-dedans presque tout l’attirail d’une séance S.M. Les chaînes, les esclaves ou les martyrs encagés, la présence d’un instrument dont l’utilisation dépend d’un chantage aux sucettes sucées. Les plus vicieux d’entre vous remarqueront l’emplacement corporel où sont érigées les deux poignées de la cisaille. Enfin, les jambes croisées de la « dominante » de service.

Bien entendu le S.M. doit toujours se dérouler entre complices. C’est le faire semblant d’une comédie. C’est le JEU.

 

Il se pourrait bien que samedi prochain PIM PAM POUM soient toujours présents auprès de Doc Jivaro. Comment se lasser d’une BD chef-d’œuvre plus que centenaire ?

 

Doc Jivaro

21/10/2017

Les Tarzanides du grenier n° 273

 

Nombre de commentateurs vous enseignent que la première planche de BD en français relative à PIM, PAM, POUM fut éditée dans le Journal de MICKEY de l’avant guerre (entendez la Seconde Guerre Mondiale, celle de 39-45).

 

Trop rarement on vous fait la présentation d’une copie de cette dite première planche. La voici, la voilou, datée du dimanche 7 avril 1935 et du numéro 25 de l’hebdomadaire par lequel Paul Winkler en accord avec Disney fit d’emblée ses choux gras.

 

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Ici, PIM, c’est un capitaine marin, et la bonne grosse femme championne en pâtisserie c’est la femme, l’épouse de ce capitaine retraité. Les deux garnements l’appellent « tante » mais sans jamais appeler « tonton » le capitaine époux de cette tante. Une famille compliquée, toute en brouillon. Pas famille « tuyaux de poêle », famille "de bric et de broc". Un désordre sans doute causé par la succession des auteurs et des traducteurs jamais d’accord entre-eux et dont les rivalités pouvaient donner lieu à des procès bien réels.

 

Pendant les années 30, surtout par le crayon de Knerr, cette série BD est l’occasion d’une accumulation de fessées impossibles à renouveler à l’heure qu’il est aujourd’hui. (S.O.S enfants battus). Fréquemment, la planche BD débute par le résultat d’une fessée (les deux gamins pleurent, bouche grand’ ouverte sans dents ni glotte), et se termine par une autre fessée comme si l’image de l’arrivée annonçait avec retard et contresens l’image du départ.

 

Le plus original dans cette BD d’origine allemande c’est que certaines des fessées peuvent être appliquées … cul nu, la déculottée étant suivie d’une reculottée avec pyjama et mise au lit de tradition. Une triple peine en quelque sorte. Jugez en tout de suite.

 

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Hebdomadaire l’INTREPIDE, année 1951, n° 94.

Série re-titrée Capitaine Cocorico.

 

N’y a plus bon Bamamia. Mais y a encore bon Père Fouettard.

  

Doc Jivaro