20/02/2021
Tarzanides n° 484
Babinet à raison : nous inviter à reparler de cette triplée d’aigrefins groupés sous l’appellation quasi proverbiale de PIEDS NICKELÉS, ne peut que nous redonner de la pêche. D'autant qu'en ce moment l'éditeur Hachette rediffuse les aventurlures des trois lascars contemporains du Charlot de Chaplin et de Lord Greystoke de Burroughs, rediffusion qui va de 1908 à 2006.
Forton en fut le créateur mais pour des générations de lecteurs, si vous questionnez : " quel en est le dessinateur ?" beaucoup nommeront PELLOS. Quant aux scénaristes, l'art longtemps ingrat de la BD, nous incite à négliger leur existence.
La bande dessinée fut longtemps composée de récits « à suivre ». C'était même ce qui la particularisait (ce n'est plus du tout son mode d'existence aujourd'hui). La publication des journaux était donc périodique, le plus souvent hebdomadaire ou mensuelle, et beaucoup de maisons d'éditions pas forcément sérieuses n'avaient qu'une existence éphémère. Les histoires racontées n'étaient pas toujours imprimées en prévision de leur fin, ce qui permettait des modifications improvisées : le dessinateur pouvait alors fournir à l'éditeur une planche BD du journal sans vraiment prendre en compte ce que serait le contenu de sa prochaine livraison. Il m’arriva de connaître un bédéiste qui voyageait dans un camping-car et adressait par les P.T.T, semaine après semaine, sa planche réalisée. Mais alors, attention aux retards causés par des grèves SNCF ! Ma génération Classe 1942 a connu une époque où, parfois, on pouvait lire au bas d'une page l'annonce suivante : Chers petits amis nous nous excusons de l'absence cette semaine de votre héros favori, absence due à un mouvement social dans les Services Publics. « Mouvement social » ? Tu parles ! C'était un des sabotages communistes pendant 1947 que les historiens surnomment « l'année terrible ». Mais survenait aussi l'accident individuel. Ainsi, dans la Nouvelle Formule du n° 47 de ZORRO troisième trimestre de l'année 1953, l'encart suivant :
Le collectionneur doit remarquer que PELLOS travailla quasiment de façon ininterrompu pour le magazine ZORRO mais sans jamais faire éditer dans ce même ZORRO du 22 rue Bergère, les Pieds Nickelés, qu'il dessinait également mais pour la S.P.E qui en détenait seule les droits de publication par la famille des Offenstadt.
Doc Jivaro
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16/02/2021
Tarzanides n° 483
DAVID COPPERFIELD
Abonné AMAZON (Prime Vidéo) vous regardez sinon appréciez une énième variante filmée du roman rédigé par Charles Dickens en 1850 : DAVID COPPERFIELD.
Pour ma part je me comptais dans ma huitième année lorsque j'approchais pour la première fois ce personnage plus ou moins autobiographique ; mais c'était dans une interprétation simplifiée sous forme de bandes dessinées. Celles-ci éditées chaque mardi dans le magazine TARZAN.
Le récit débutait dans le n° 101 d'août 1948 pour s'achever dans le 126 de février 1949. Les planches d'origine étaient dessinées dans un petit format dit "de poche" que j'attribuai d'abord à un graphiste anglais mais qui venait d'outre-Atlantique, made in USA, d'après ce que précise Michel Denni en nommant Henry Carl Kiefer.
Toutefois ce n'est que plus tard, en 1951 que je connus ce DAVID COPPERFIELD dans sa version en images. J'entrais alors dans la classe scolaire dirigée par le camarade instituteur SERVAN : camarade, oui, puisqu'il militait communiste-stalinien, à ce que nous disait mon père. SERVAN nous avait d'ailleurs tous accueillis par les paroles suivantes : "Avec moi, vous apprendrez à mettre de la couleur sur le dessin d'une flamme de bougie mais vous devrez être sérieux comme au régiment". Et il avait dit ça en retroussant ses manches de chemise comme s'il allait jouer à la pétanque après avoir débuté sa vie en jouant aux billes comme nous autres à notre tour.
Le dessin, ça ne me faisait pas peur. Le premier jour de ma rentrée dans la classe de Madame Lesage, c'est à dire dans la classe des petits quittant l'école maternelle, je m'étais fait remarquer sans l'avoir cherché.
- Ce matin vous voyez qu'il pleut. Alors dessinez une personne sous la pluie.
Le dessin était la première prise de contact : dessiner une lettre de l'alphabet, dessiner un chiffre de l'arithmétique. Avec l'aide de bouts de branches coupés à la même taille : les buchettes. Je ne sais plus comment j'avais tracé un petit bonhomme courbé sous les gouttes d'eau. L'institutrice s'empara de ma feuille de papier pour la montrer à un groupe de bonhommes en blouse grise faisant l'aller-retour dans la cour de récréation : Regardez le chef-d’œuvre qu'on m'a fait !
Ce n'est que des années plus tard que je dus prendre conscience que malgré mes efforts je ne réussissais toujours pas à devenir un deuxième Michael Ange.
- Tu sais, je ne suis pas contente, m'avait dit ma mère : TON dessin dont TA Madame Lesage m'a parlé, elle l'a gardé.
Quelques-unes des situations vécues par DAVID COPPERFIELD amusaient beaucoup mon enfance et j'étais loin de prévoir qu'elles allaient prochainement être interdites dans mes journaux de jeunesse par une vilaine Loi datée 1949.
Doc Jivaro
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06/02/2021
Tarzanides n° 482
Histoire d'eau
Alors, comme ça, Babinet, adresse en pleine nuit, à 0 H 23 un message animé à Doc Jivaro, comme quoi la Librairie-Musée BD d'Angoulême vient d'être envahie par des flots indisciplinés ?
Une manière de rappeler que les histoires d'inondations sont récurrentes dans les journaux où s'agitent les petits et grands Mickey. Un exemple parmi tant d'autres que je retrouve dans un hebdo d'octobre 1977, hebdo par lequel l'équipe à Charlie, Cavanna en tête, essayait de recommencer à leur profit un grand format de parution ( 290 X 430 cm). Tout un attroupement de dessinateurs et scénaristes parmi lesquels Tardi, Petillon, Dimitri, Hugot, etc, sans oublier deux vieux de la vieille : Jacovitti et Chester Gould.
Et voici de Chester Gould un fragment isolé de l'un des plus célèbres personnages BD américain : DICK TRACY. Une inondation mettant aux prises une jolie fille aveugle et ses deux jeunes frères agitent toute une suite de pages sur lesquelles on ne peut regretter qu'une accumulation d'images apetissées dans cette version française.
Doc Jivaro ne détient que 43 numéros de cette collection, ce qui en constitue presque la totalité puisque ce titre ne répondit pas à la prétention de ses fondateurs, si je me souviens bien.
Ne croyez surtout pas que je fais de la rétention quant à parler si peu de Dick Tracy : je me prépare à de plus longs commentaires sur ses qualités graphiques autant que documentaires.
Doc Jivaro
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04/02/2021
Tarzanide n° 481
MARC TRAIL
Vous n'en gardez peut-être pas la mémoire mais ...
... Mais dans notre rubrique n° 479 je vous avais promis d'attirer votre attention sur une curiosité présente dans le n° 232 du COQ HARDI de Marijac daté 31 août 1950. La voici cette curiosité extraite de la série Marc Trail créée par Ed Dodds.
Dans la troisième image du début nous lisons : «Une mère écureuil et ses petits sortent …» etc. Il s'agit bien de mammifères mais pas d'écureuils ! Il s'agit de putois. Vous savez : les charmants animaux qui utilisent leurs glandes anales pour ne pas être fréquentés par d'autres museaux que le leur. Mais comme on le voit dans l'exemple ci-dessus le correcteur français a fait une concession à la censure du moment qui interdisait de mettre en action les odeurs excrémentielles dans les journaux pour enfants. Et c'est ainsi que le brigand Putois devint Monsieur Écureuil. Cependant une image suivante évoque dans le même numéro 232 du journal de Marijac, la réalité de notre monde naturel dans lequel vos anges ne savent pas faire pipi.
Doc Jivaro
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30/01/2021
Tarzanide n° 480
Un festival, des « festivaux »
"L'Accident de Chasse" voilà le titre BD couronné par le jury du festival d'Augoulème annoncé pour le mois de juin de l'an 2021.
450 pages d'imprimées ! pourquoi pas 350 ou 550 ?
Doc Jivaro ne voyagea qu'une seule fois jusqu'à Angoulême au départ de Paris pour un retour sur Paris. c'était en 1983 et pendant deux journées. Il dormit du sommeil du juste dans une maison religieuse des Sœurs Dominicaines de Royan. Comme quoi la famille …
Pour ce qui est d'Angoulême, un restaurant d'assiettes marocaines m'a laissé un souvenir mieux marqué que les petits et les grands stands de l'exposition BD même si, à l'époque, l'AJBD, notre Association, publiait notre revue trimestrielle "RECTO-VERSO".
A titre d'exemple voyez le graphisme de notre n° 2 pour ce qui est de sa couverture signée de Stanislas Barthélémy.
Les collectionneurs ne doivent pas ignorer que ce fut dans le cadre de notre équipe que Stanislas rencontra Jean-Christophe Menu lequel préparait alors son premier fanzine : Le Lynx à Tifs, quelque peu pipi-caca d'ambiance d'un dortoir de collège.
Ah ! Tenez : un gag dessiné en 1983 par votre serviteur.
Mais que sera à venir le 47e Festival d'Angoulème selon ce que prépare la Covid-19 et ses multiples rejetons ?
Doc Jivaro
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24/01/2021
Tarzanide n° 477
TINTIN VAILLANT
Pas eu la peine de se creuser les méninges pour trouver le sujet BD d'aujourd'hui : l'actualité mortuaire nous le donne : le décès de Jean Graton.
Jean Graton créa en 1957 et pour l'hebdomadaire TINTIN le titre MICHEL VAILLANT. Un pilote course formule 1. Seulement voilà votre serviteur Doc Jivaro, pendant son adolescence, avait négligé pour ne pas dire abandonné la BD et c'est ce qui peut expliquer que Michel Vaillant ne figure pas au Panthéon de ses souvenirs de jeunesse.
Ce n'est qu'avec Mai 68 et sa production BD pour adultes où se mêlèrent le monde politique et l'influence Underground des fanzines américains qu'il reprit vraiment contact avec les petits mickeys cette fois sexués de son enfance. Donc ce fut en 1973 et dans le trimestriel format de poche LES ROIS DE L'EXPLOIT, a ses numéros 69 à 74, qu'il approcha mieux les exploits de Michel Vaillant après les avoir presque ignorés.
Les Rois de l'Exploit était publié par l'Editeur MON JOURNAL, et j'ai plaisir à rappeler que cet éditeur fut créé à partir d'un des premiers titres Bédé hebdomadaires publiés après la date politique de LA LIBERATION 1945, par une authentique résistante : Bernadette Ratier, l'une des fondatrices du groupe "Combat".
Michel Vaillant signé de Graton compte parmi les piliers les plus fameux publiés dans le TINTIN de R.G., en compagnie de BLack et Mortimer, et autres ALIX de païenne fréquentation.
On peut encore s'amuser, non ?
Doc Jivaro
16:41 Publié dans Actualité, Arts, BD, BD anciennes, Blog, Fanzine, Grenier de la BD, Journaux, Media, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tintin, black et mortomer, jean graton, michel vaillant, bernadette ratier, éditeur mon journal, bandes dessinées de collection, tarzanide du grenier, doc jivaro, bar zing de montluçon