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18/06/2016

Tarzanides du grenier – N° 217

 

Annoncée sur la page finale du numéro 137 de PETIT RIQUET, la première publication de FRENCH BILL Cavalier du Far West s’effectua en octobre 1953.

 

BD-French-Bill.jpg

 

 

Le dessin signé de Toussaint n’a pas d’autre existence qu’une banalité partagée avec celle de Niezab. Niezab et Toussaint se relayèrent quelques fois dans le travail, notamment pour illustrer les débuts de PETIT RIQUET. Toussaint, personnellement, eut à servir un des Tarzanides créés au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale : MOHA.

 

les commentateurs de BD de collection ont pour habitude d’indiquer que les couvertures dessinées/coloriées par NIEZAB composent le meilleur de son œuvre, c’est à dire le moins mauvais. (Lire Le Collectionneur de BD. Numéros 57 et 58 année 1988).

 

Quant à FRENCH BILL … ne dit on pas que le BDM négligea quelque fois d’en signaler l’existence ? Modeste, cette brochure s’arrêta à son 25e numéro, année 1955. Son aîné PETIT RIQUET bénéficia d’un étirement de vie bien plus long, jusqu’en 1958 et pour 258 numéros. Louis BRUNIER était comme en hiver l’éditeur de ces deux titres.

 

Doc Jivaro ne dispose que de 11 numéros de FRENCH BILL – et c’est déjà onze de trop ! Il en a survolé l’imagerie sans s’attarder à en lire le texte. Simplement, il a noté le nom du scénariste : Albert Bonneau. Le même que celui de PETIT RIQUET. Conclusion : les nombreuses bandes à Bonneau ne rivalisent pas avec la seule bande à Bonnot de la rue Ordener.

 

A propos de l’éditeur BRUNIER, pourquoi ne pas vous reporter à notre chronique n° 92 du samedi 13-12-2014 ? Mieux vaut un thé tard que jamais de grenouille.

 

 

Bien fatigué, Doc Jivaro, aujourd’hui.

 

 

11/06/2016

Les Tarzanides du grenier n° 216

 

On sait le poème signé de Hugo le Victor (Totor pour les dames). Poème écrit selon l’aspect d’un demi losange levé sur sa plus longue diagonale. L’approche, le passage, l’éloignement. Tout un programme espace-temps : « Effet Doppler » pourrait on dire … Un poème doté d’une ambiance légendaire : LES DJINNS, et publié en 1829 dans Les Orientales.

 

(Veinards que vous êtes de survivre en Europe ! Car la lecture érotique des Mille et une nuits est interdite dans les pays soumis à la censure musulmane.)

 

En 1958, l’idée se fit de donner pour titre le mot DJINN à un nouveau journal de bandes dessinées, son premier exemplaire étant mis en vente le 6 novembre.

 

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Le format est celui « in the pocket », format qui renouvela le marché des bandes dessinées dites « à suivre » et qui accompagna leur disparition au tout début des années 2000 chez nous.

 

DJINN ne connaîtra que huit numéros de publication malgré l’excellente référence de son éditeur : Les Éditions Mondiales. Nous y trouvâmes : Capitaine Rob (et) Yann Mousse du Goéland. Mais ce ne sont que deux rééditions.

 

Yann débuta sous le prénom de NAT dans le numéro 238 du Magazine TARZAN (14 avril 1951). Par la suite son prénom fut modifié en YANN dans le numéro 1 (1953) par lequel Del Duca recommençait la publication de TARZAN, publication interrompue pendant toute une année par un sabotage organisé par les communistes et les catholiques.

 

La seconde BD présentée dans DJINN est celle d’un Capitaine ROB, également publiée en Belgique par l’Éditeur Samedi-Jeunesse.

 

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 La découverte du Radium produisit toute une littérature pseudo-scientifique ...

(Images du numéro 38, Coq Hardi de 1951)

 

 

Ce Capitaine Rob n’était pas inconnu de notre enfance sauf … sauf que nous le connaissions sous une appellation différente : Capitaine JACQUES dans les pages du COQ HARDI de Marijac.

 

NAT – YANN est un adolescent engagé malgré lui comme mousse à bord d’un voilier parcourant tous les océans du globe. L’occasion lui est mille fois donnée de porter secours à de nombreuses jeunes filles, lesquelles lui témoignent en retour bien de la tendresse. Les demoiselles ne sont pas toujours ingrates.

 

La collection complète de DJINN ne groupant que huit numéros, n’en concluez pas pour vous quelque facilité à l’acquérir. Peu imprimé afin de s’éviter des frais en cas de vente manquée, et dénué de dessinateurs comme de personnages BD célèbres, DJINN est l'exemple d'un objet rare à trouver sans être pourtant cher à payer.

 

 

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Numéro 9 du 5 novembre 1952

 

 

Quel persifleur littéraire amant de Jean Marais écrivit que le mousse sert assez fréquemment de demoiselle aux matelots adultes ? Ci-dessus Nat- Yann se trouve une fois encore en belle compagnie. Mais ne raconte t'on pas que tout bon marin vogue à voile et à vapeur ?

 

Doc Jivaro

 

04/06/2016

Les Tarzanides du grenier n° 215

 

Des personnages aperçus à contre-jour ou encore au travers d’un rideau rendant flou chaque profil, nous en bavardons en les englobant parfois sous l’appellation « ombres chinoises ». Une appellation pourtant mieux adaptée à la poésie visuelle consistant à projeter sur une surface plane éclairée (et par le jeu de nos mains et de nos bras) des ombres évoquant des formes animales : oiseaux, chiens, girafes, etc. Un jeu que nous abandonnâmes, croyant sans doute devenir plus vite des adultes par cet abandon.

 

Les bédéistes, dans l’animation paradoxalement statique des images qu’ils créent, utilisent de temps en temps des contours d’êtres et d’objets qu’ils emplissent d’encre noire de Chine sur papier blanc. Quelques-uns en font grand usage ; quelques autres en dédaignent l’emploi. Hergé les utilisa peu ; Saint Ogan s’en fit un mode narratif assez plaisant.

 

En 1929, E.R. Burrougs commercialisa un accord pour que SON Tarzan, déjà devenu héros de romans et héros de films muets, devienne, en plus,l’un des héros d’un genre graphique nouveau : la bande dessinée. Deux artistes, Rex Maxon et Burnes Hogarth, œuvrèrent alors pendant une même période mais chacun selon son style. Hogarth se spécialisa dans la grande page du dimanche (Sunday Page), pendant que Maxon se réservait les trips des six jours restants. Mais alors que Maxon utilisait fréquemment des effets « ombres chinoises », tel n’était pas le cas de Hogarth. Autant l’un en faisait un emploi judicieux pour exprimer de façon synthétique la violence et le mystère, autant l’autre préférait détailler les musculatures pour rendre comme palpable l’action. Maxon se sentait à ses aises dans l’atmosphère nocturne, Hogarth préférait l’éclairage systématique des reliefs d’une anatomie humaine.

 

 

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Deux vignettes pour un exemple du travail de Maxon.

Brochure n° 43 du 4e trimestre 1947. Éditions Mondiales. 

 

 

Par son choix de contrastes noirs sur blancs, Maxon rappelait la première apparition de Tarzan sur la couverture de l’Éditeur américain MAC CLURG. Effectivement sur cette première couverture rapidement célèbre, Tarzan impose sa présence sous l’aspect d’une silhouette sombre. Le monde était alors en 1914 de l’ère chrétienne.

 

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Aujourd’hui, en 2016, nous tenons bien la preuve que la bravoure de Tarzan a survécu aux deux guerres mondiales. Survivra-t’elle à la troisième préparée par les conséquences des deux précédentes ?

 

Ryal

 

28/05/2016

Les Tarzanides du grenier n° 214

 Qu’en effet, voici la surprise du chef : les romans TARZAN signés de E.R. Buroughs furent en 1954 les seules écritures capables de rivaliser avec celles de la BIBLE du point de vue des ventes en librairie.

 C’est du moins ce que rapporte en page 7 de son numéro 5 l’hebdomadaire LES HISTOIRES ILLUSTRÉES publié en journée du 3 juin 1954.

 Et, tiens ! Profitons-en pour rappeler que contrairement à ce que nous racontent les églises, la BIBLE n’est pas un livre chrétien.

  

Bible-Tarzan.jpg   

 

Les Histoires Illustrées ne parurent que pendant douze numéros sur une période de trois mois. L’approche de nos anciennes grandes vacances scolaires (juillet-août et septembre) servit de prétexte pour annoncer l’arrêt de parution de ce titre. Le nombre de ses pages, chaque semaine, était de seize, son prix étant de trente francs. Le nombre de ses pages était de seize, son prix de trente francs. Le choix fut fait de colorier toutes les pages mais en restreignant à un seul rouge et un seul bleu l’imprimerie, les nuances étant appliquées par des jeux de trames. Ensuite et à partir du numéro cinq, le jaune fut ajouté mais sans réussir de mettre du soleil sur un guéret décidément morose.

 


Les-Histoires-Illustrées-1954.jpg      Les Histoires Illustrées, N° 1, 1954

 

Les ventes firent défaut. Aucune des bandes dessinées n’était capable de concurrencer la production des éditeurs rivaux. Bill Jack l’aviateur ne faisait pas le poids en présence du Buck Danny de SPIROU ; et Jehan Le Bachelier amenait à regretter la disparition de Roland Prince des Bois, chevalier français en lutte contre les rejetons d'Ysabeau de Bavière.

Dans leur dernier numéro (le douzième) de juillet 1954 Les Histoires Illustrées imprimèrent sur cinq pages une aventure de BOB en s’efforçant d’insuffler un sang neuf parmi des séries poussives. Hélas ! le lettrage sagouiné et les dessins partiellement imités de ceux de Hogarth quand Hogarth animait l’épisode « Tarzan sur l’île de Mua-Ao », n’eurent évidemment pas de succès.

 En janvier 1956 Madame Jacquier, ancienne gérante des Histoires Illustrées faisait paraître avec pour directeur Claude Jacquier, un Johnny Texas de 32 pages mensuelles pour une durée de 53 numéros.

 De ce Johnny Texas, Docteur Jivaro espérait présenter la couverture numéro 1. Mais le désordre de ses collections est une réalité que d'éventuels biographes les moins cléments auront plaisir à dénoncer. La couverture du numéro 2 servira de remplaçante.

 

Johnny-Texas-1956.jpg

 

 

 

Les Histoires Illustrées et Johnny Texas étaient édités et imprimés par le Puits-Pelu, médiévale présence dans la cité de Lyon. Je viens d’écrire « Pelu » et non pas « Velu ». C’est dire que je ne tiens pas à aggraver la lubricité des citadins qui vont en famille ouïr le brame du cerf dans la presqu'encore légendaire forêt de Tronçais.

 

 Doc Jivaro

 

 

07/05/2016

Les Tarzanides du grenier n° 211

 

Sans doute l’avez-vous oublié – ou alors, jamais connu. En tout cas le voici : KAZAR en son premier numéro.

 

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Recherchant un titre percutant, le choix se fixa sur le nom d’un formidable objet lumineux que des astronomes à tête savante venaient de découvrir loin, loin dans les espaces intersidéraux et auquel ils avaient attribué le nom de QUASAR.

 

« A fort décalage sur les rouges et émettant des ondes radio, chaque QUASAR produit une énergie supérieure à un millier de galaxies ordinaires » ...J’ai lu quelque chose sur ce sujet mais, par prudence pour mon hygiène de vie, sans m’attarder sur un tonnage d’équations non-transportable par ma cervelle de mulet.

 

Orthographié autrement mais en gardant une résonance de lecture française, KAZAR fut une BD éditée à peu près vingt années après que l’Éditeur Artima ait cédé (1962-63) ses parts de marché à un Arédit dépendant des Presses de la Cité.

 

Dépôt légal daté de 1982, KAZAR se laissa entraîner par des aventurlures alors en vogue : L’Héroic Fantazy, Le Gore saignant et les histoires préhistoriques revisitées par l’affabulation écolo, entre RAHAN né de Lecureux et Cheret, ou encore avec CONAN le Babar … Pardon : CONAN le barbare. Les enfants disent aussi : le Barbant. Les enfants sont méchants.

 

KAZAR ne disposa que d’un fil de vie tôt coupé net : six numéros, en tout et pour tout, pas un de plus. Un trou de gnome dans une carrière immense ouverte par des brutes géantes toutes dotées de biceps dopés à la gonflette de chez Bibendum.

 

KAZAR ? une revue BD fragile, vulnérable. Ses pages ne sont pas pliées en deux pour être agrafées en cahiers : elles ne sont que coupées à leur charnière et maigrement collées à moindre coût de fabrication. Vous les tournez quatre fois, elles se détachent les unes des autres pendant qu’entre vos mains disparaît le journal.

 

Comme quoi, un KAZAR n’est pas ce que croient les astrophysiciens balayant de leur balai mathématique toute une « Poussières d’étoiles ».

  

Ryal

 

05/05/2016

"Siné" qua non

 

siné,siné massacre,trez,recto verso,hara kiri,l'enragé,jardin de la paresse