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16/04/2016

Les Tarzanides du grenier n° 208

 

 

Figurez-vous qu’il existe une « Collection 13 » de bandes dessinées mise sur le marché de l’année 1946. Les « Éditions Paris-Solde » en assuraient la production sans un tambour, sans une trompette, chaque numéro étant écoulé au prix de 5 francs de l’époque.

 

Par comparaison et toujours en 1946, l’hebdomadaire TARZAN (de retour après quelque cinq années d’absence) se commercialisait au prix de 10 francs. Les BD qu’il exposait étaient d’une qualité fort supérieure à celles éditées par PARIS-SOLDE, cela va sans dire.

 

Veangeance-des-Thugs.jpg

C’est l’orthographe qui doit tirer « Veangeance » des Thugs – Tueurs religieux.

 

Aucune image n’est signée. Le scénario, plus bref qu’un Pépin, reste aussi anonyme. En fait, il ne s’agit que d’une grande feuille à l’italienne et de dimensions 65 X 25 cm pliée perpendiculairement en deux sur sa longueur. Les vignettes sont rapetissées afin d’en faire tenir un bon nombre sur trois pages.

 

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Lecture ouverte du « Mystère du Commodor »

 

Les exemplaires ne sont pas numérotés. Ce qui permet à certains marchands « en ligne » d’à présent de proposer tel ou tel exemplaire comme étant numéro 0 et, donc, faire croire qu’il est rare. Ainsi pour le titre « Le mystère du Commodor » ou encore pour le titre « Infernal complot » le prix pouvant grimper jusqu’à 10 euros chaque. Libre à vous de jouer au dindon.

 

Docteur Jivaro ne détient que 11 exemplaires de cette « Collection 13 ». Un lot d’occasion qu’il trouva, il y a longtemps « au cul du camion », sous l’éclairage remuant d’une lampe de poche, quand la nuit n’en finissait pas de reculer l’arrivée de l’aube sur le marché aux Puces de Montreuil.

 

 

Doc Jivaro (MFCL)

 

 

09/04/2016

Les Tarzanides du grenier n° 207

 

De tous les journaux illustrés publiés en France dans l’immédiat de l’après Seconde Guerre Mondiale, le plus alimenté en bandes dessinées américaines fut certainement DONALD, acheminé chez nous par l’Agence Opéra Mundi.

 

Ma petite enfance y trouva des séries fameuses devenues des classiques du genre, et que mon père avait appréciées, lui aussi ayant été enfant mais en un temps où Clemenceau avait cessé depuis peu d’importuner les jeunes femmes. J’appréciais Guy l’Éclair et le Roi de la Police montée, Brick Bradford et les autres, tous les autres depuis le « Dernier des Fédérés » jusqu’au magicien Mandrake en passant par l’illustre héros de Milton Caniff : TERRY, lequel était à peine grimé en BARRY. Il y avait aussi Raoul et Gaston d’un courage égal à celui de Gaston et Raoul, là-bas en Afrique du Sud.

 

Donald-1947.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

Ne la cherchez plus, elle est ici au bout de votre nez la première page du numéro 1 de DONALD daté du dimanche 23 mars 1947.

 

 

 

 

 

 

Or, c’était cette qualité dans la diversité qui, en France, faisait de DONALD la cible à détruire par des concurrents éditeurs jaloux. Ceux-ci fortement épaulés par des politiciens de gauche et des académiciens de droite qui, incapables de rivaliser en succès auprès d’un public populaire, ne savaient rivaliser que par des mensonges parfois exagérés jusqu’à la calomnie. Nous vîmes alors les communistes mécréants et les soutanes confessionnelles, précédemment alliés en maquisards pendant quatre années d’une guerre terminée, recommencer à combattre côte à côte mais, cette fois, pour vaincre une bande dessinée américaine jugée trop influente auprès de la jeunesse française. En résulta la LOI de Juillet 1949 qui abattit dans le dos DONALD et plusieurs de ses semblables, dont TARZAN.

 

C’était Don Camillo et Peppone signant une trêve entre eux deux afin de s’unir momentanément dans la chasse au canard DONALD. N’est-ce pas que c’aurait pu devenir le sujet d’un nouveau livre humoristique écrit par Guareschi ?

 

Doc Jivaro (MFCL)

 

26/03/2016

Les Tarzanides du grenier n° 205

 

Nos ancêtres les français.

 

Dessinée par Pierre Luc sur des textes de Paluel – Marmon regardons une des couvertures de la collection LYS DE FRANCE.

 

La hache haute, le roi Jean le Bon (que nous, écoliers d’hier, surnommions « jambon » dans la cour de récréation lorsque, divisés en deux camps, nous nous amusions à crier : Père, gardez vous à droite ! Père, gardez vous à gauche ! ) Donc, la hache haute, le roi Jean le Bon espère bien ouster hors du Royaume Franc l’usurpateur anglais. Nous sommes en 1356 de l’Histoire Chrétienne aux abords de Poitiers.

 

 

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Cette collection LYS DE FRANCE n’édita que 16 numéros, respectant la chronologie des Seigneurs Francs qui, agrandissant leur domaine familial, créaient en même temps le territoire qui allait devenir notre pays patrie. Chaque brochure de douze pages allongées en format italien expose une suite d’images ne correspondant pas à une vraie bande dessinée et que nous rangerions dans le genre « figuration narrative » si les Lichenstein et Adami de 1967 n’avaient pas fait servir cette expression à des œuvres picturales modernes. Une dictée restreinte est sagement inscrite dans chaque case – toujours en bas, jamais en haut. Les personnages ne parlent pas. D’où l’inutilité de bulles, de ballons ou de fumetti. Et ne parlons de phylactères ! Ce mot à connotation israélite aurait mal sonné à l’oreille de l’occupant hitlérien. C’est que LYS DE FRANCE était publié pendant les années où Paris cessait d’être la capitale d’une France condamnée à la guerre civile après sa débâcle politique en Juin 1940.

 

 

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Nous ne détenons pas la totalité de la collection LYS DE FRANCE, non plus que celle de « A LA FRANCAISE » qui était publiée, elle-aussi, par les Éditions artistiques et littéraire logées au 13 de la Rue des Saints Pères, Paris 6 ème.

 

 

Existe un site Web s’efforçant de lister tous les titres parus aux Éditions Artistiques et Littéraires, ces dernières étant désignées, voire dénoncées comme « emblématiques de la collaboration Vichyste » (www.bd-anciennes.com).

 

 

Doc Jivaro (MFCL)

 

 

19/03/2016

Les Tarzanides du grenier n° 204

 

Présent à l'en tête du numéro 32 de l'hebdo JEUDI MAGAZINE (9 janvier 1947) MORRO le Magicien achève son aventurlure dans le soixantième numéro du jeudi 24 juillet 1947.

 

Entre ces deux datations, le nom du journal JEUDI MAGAZINE s'estompe semaine après semaine, disparaissant pendant que le remplace de plus en plus intensément le nom de ZORRO.

 

En dépit de leur proche orthographe, MORRO et ZORRO ne prêtent pas à confusion l'un l'autre. ZORRO le renard est un mexicain masqué sous l'ombre de son chapeau. MORRO, de son côté, s'apparente surtout à quelque tarzanide dont Francis Lacassin aurait choisi d'ignorer l'existence.

 

Tout comme TARZAN, MORRO devient orphelin dans des régions où seul compte la force brute. Il survit traqué par des tribus animistes organisées autour de totems buveurs de sang humain.

 

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Une séquence agitée de bagarres et dont l'atmosphère sera interdit par la loi de 1949 en France.

 

Les années passent, moi aussi. MORRO lie connaissance avec un groupe d'explorateurs blancs parvenus en bordure d'océan. Parmi eux, une jeune jolie fille : Mary. Les présentations faites, nous apprenons que Morro est âgé de vingt six ans. Pourquoi pas 24 ou 28 ? Le récit simplet ne se complique toujours pas malgré l'arrivée d'une autre fille, une aventurière celle-ci. Elle se nomme Emiray et s’arme d'un automatique de gros calibre. Elle veut s'emparer d'un trésor tout en disputant à Mary la compagnie du bel athlète MORRO. Car évidemment, un héros de BD ne peut pas ressembler à un gringalet. Non plus qu’aller et venir dans une nudité totale. Sinon ce serait dans une obscénité égale à celle de Priape, que le viril MORRO vaincrait ses ennemis. Donc, il cache son zizi derrière un pagne. Ainsi va, soumis à la pudeur, chaque Tarzanide.

 

L'histoire de MORRO le Magicien n'offre guère qu'un instant dramatique : son final. On y voit la perverse Emiray abandonnée de tous sur un îlot. La mort par faim et par soif, elle n'y échappera pas.

 

L'ensemble des images n'est pas signé et le BDM des années 2009 – 2010 n'en avait toujours pas identifié l'auteur. Quant à comprendre le don de « Magicien » dont bénéficie MORRO … mystère et boule de gomme ! Tout au plus apprenons nous que le nom de MORRO signifie « Dieu infaillible » dans le langage du peuple Utango.

 

Les collectionneurs de bandes dessinées plus vieilles que les plates-bandes de mon jardin, possèdent à coup sûr les deux reliures de l’Éditeur Arcadie dans lesquelles sont publiées non simplement MORRO mais en plus en mieux un des personnages marquants du neuvième art : LUC BRADFER.

 

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Albums n° 3 et 4

 

Souhaitez vous acquérir ces deux albums ? Dans ce cas, pendant le face à face avec le marchand, le prix à sortir de votre poche pour entrer dans la sienne, dépendra moins d'une cotation « officielle » que de votre visage et de la teneur de vos propos.

 

Quoiqu'il en soit, ce n'est pas dans Montluçon que vous réussirez à compléter telle ou telle de vos séries BD cinquantenaires.

 

A moins de réussir LA pêche miraculeuse, celle qui donne davantage de poissons à manger que d’estomacs capables de les digérer.

 

 

Doc Jivaro (MFCL)

 

 

 

12/03/2016

Les Tarzanides du grenier n° 203

 

Alerte ! Les touristes font défection en France. Leur raréfaction est principalement enregistrée dans Paris, zone de ralliement des immigrations communautaires clandestines. Et l'on comprend que l'étranger détenteur d'un passeport légal n'ait aucun goût à se retrouver victime d'agressions dans les sous-sol d'une « grande pyramide » qui n'a de pharaonique que la courtisanerie d'un ministre démissionné. En plus, en pire, les récents attentats islamiques qui ont mutilé Paris by night. Ce sont eux la cause des 40 % de nos pertes touristiques. Prépareriez-vous d'un cœur paisible des vacances dont vous craindriez de revenir sans jambes ?

 

Heureusement pour Lui, pour sa curiosité comme pour sa sécurité, TARZAN se fit touriste dans notre pays quand la ville de Paris se sentait fort bien de se sentir française. Cet intermède parisien peu connu de l'existence de l' « homme singe », nécessite une explication aussi courte soit-elle.

 

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Daté de 1912, le roman « Tarzan Of the Apes » raconte l'enfance d'un bébé européen orphelin dans les régions africaines inexplorées du Cap. Ce n'est qu'au terme du récit qu'est confirmée l'origine britannique du jeune « peau sans poil » auxquels les Mangani poilus ont décerné la couronne de Roi de la Jungle.

 

Les lecteurs populaires s’enthousiasment ; les ventes s'accroissent. C'est ce qui incite les directeurs de journaux a réaliser toujours davantage de bénéfices en commercialisant sous la forme d'une suite de dessins une variante artistique du produit littéraire. Le très talentueux Foster se charge du travail, réussissant à promouvoir la bande dessinée dans le domaine de l'art réaliste alors que par habitude elle était cantonnée dans la dérision.

 

On est alors en 1929, dix sept ans après la première parution écrite romancée. Ce n'est que vingt ans plus tard encore, donc en 1949, que l'éditeur italien Del Duca décide de ré-éditer dans l'hebdomadaire TARZAN la version bande dessinée de 1929. Cette BD va occuper le journal depuis le numéro 126 jusqu'au 140. Mais, pour la circonstance, le titre est modifié, devenant « Tarzan à Paris ». Or, les dessins anciens de Foster ne comportent qu'une seule vue montrant l'Arc de Triomphe au loin. C'est insuffisant ! On réagit en faisant appel à Brantonne, spécialiste du tripatouillage des œuvres d'autrui. Brantonne invente, aussitôt, quarante et une images qu'il va intercaler d'un coup entre deux images jadis signées Foster. C'est elles, ces 41 intruses qui servent à légitimer le nouveau titre : « Tarzan à Paris ». Nous y voyons l'homme singe coiffé d'un canotier et s'émerveillant de nos monuments historiques en compagnie de son ami le Lieutenant français Paul D' Arnaud.

 

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Même lorsque Tarzan déambule tranquillement, le destin l'oblige à accomplir des exploits retentissants. (Extrait du numéro 139 du 22 mai 1949).

 

  

Il semble bien que TARZAN ait parcouru pendant plusieurs jours les grands boulevards tracés par le génie d'Haussmann. En tout cas, notre héros africano-british resta bien plus longtemps dans Paris que n'y resta Adolph Hitler lors d'une visite-éclair le 28 juin 1940.

 

Profitons en pour nous souvenir que si Hitler appréciait le film américain « Autant en emporte de vent », il n'appréciait pas la filmographie consacrée à TARZAN. Devons-nous en juger que l'invincible créature née de E.R. Burroughs ne correspond pas à l'übermeusch dont le Troisième Reich faisait son idéal ?

 

 Doc Jivaro (MFCL)

 

Post-scriptum : Dans le livret paru en 2009 à l'occasion de l'importante exposition TARZAN ! dans les locaux du Musée du Quai Branly, l'éditeur L' Étrave attribue à Rex Maxon ce qui appartient à Brantonne (page 59). Erreur à ne pas excuser par l'anonymat sous lequel Brantonne travailla.

 

 

27/02/2016

Les Tarzanides du grenier n° 202

  

Assurément, Alain La Foudre demeure le prototype champion des « gros bras » dans les bandes dessinées européennes et cela depuis plus de soixante dix ans. Son origine est italienne, celle de l'âge de MUSSOLINI. Le Duce en soutint la création par le dessinateur latin Carlo COSSIO (1907-1964), lequel baptisa Dick Fulmine sa créature d'encre sur papier.

 

Côté français, c'est l'hebdomadaire JUMBO du 12 novembre 1938 qui, par une annonce en page 7 de son numéro 46, fit la promotion de ce Dick Fulmine renommé Alain La Foudre. Une semaine après, ce même JUMBO publiait la toute première planche en couleur du géant transalpin en lutte humaine sur toutes les terres planétaires.

 

 

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Autant dire que cet Alain La Foudre se trouva vite politiquement la cible périssable des démocrates en même temps que celle des communistes. Aussi ce héros BD se vit-il censuré dès le début de l'année 1950 dans le pays des maladroits de l'homme. Il fut loin d'être le seul jeté aux oubliettes. La quasi totalité des autres personnages formés selon son gabarit (Red Barry, Épervier bleu,Jim L’Éclair, etc,) endurèrent à leur tour un escamotage identique.

 

Toutefois, dix années plus tard, quelques uns de ces « Gros bras » affectés d'une peau blanche réussirent leur retour en scène. Le cas de Jim TAUREAU, en 1958 est typique d'une de ces résurrections dans les kiosques à journaux. Mais Alain La Foudre, LUI, reste encore interdit de séjour en France. Une réédition de ses aventures exemptes de tout caviardage paraît donc difficile à pronostiquer.

 

 

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Parmi les premières de la collection Victoire.
Madame Perel en était la gérante.
Dépôt légal n° 122

 

 

 

Mais, bon sang ! quelle idée, aussi, de se prénommer Alain quand le désir d'Harlem et de Saïd favorise la distorsion d'un monde occidental éclairé par ... l'ombre du minaret.

  Doc Jivaro (MFCL)