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09/05/2015

Les Tarzanides du grenier n° 110

Un ivoirien de 18 ans vient de franchir 5000 km pour prolonger sa scolarité en France. Ce jeune homme se prénomme Mohamed. Voilà qui doit rappeler aux oublieux que les arabes convertis au monothéisme occupèrent l'Afrique noire plusieurs siècles avant qu'un européen christianisé vienne y chercher les sources du Nil.

 

Docteur Jivaro, lui, vient de marcher sur quelque 1000 mètres pour s'emparer du numéro 1 de BIMBO, année 1956.

 

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BIMBO, publié pendant 181 numéros, commença avec 68 pages pour ensuite s'épaissir jusqu'à 132. Un format « pocket » empli de sous produits italiens humoristiques mais avec deux ou trois dessinateurs « réalistes » ayant eu leurs habitudes auprès de Jean Chapelle. Un Roubinet par exemple. BIMBO ne connaissait qu'une couleur chichement appliquée en aplats : un rouge parfois dilué en orange.

 

Oui, dommage ! ce BIMBO n'offrait rien de pareil aux filles de style BIMBO d'à présent.

 

Vous savez, il n'y eut pas que des numéros 1 de brochures BD d'ancien temps. Il y eut, aussi, chez pépé et papa des petits fascicules dans lesquels vos arrières grand-mères se montraient avec ou sans soutien-gorge. Du populaire, du pas fameux. Du médiocre souvent. C'était avant tout amplement censuré. En voici deux, de ces brochures pauvrement sexy. Aucune n'indique l'année de publication. Mais à lire le prix – cent francs – on comprend qu'elles datent d'avant 1958.

 

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Couv. N° 1                                Couv. N° 1

 

En France, il y eut deux méthodes d’hypocrisie pour cacher le sexe des dames par où naissent vos enfants. L'une d'avant 1970 et l'autre pendant les trois ou quatre années de l'après mai 1968. La première s'appliquait avec l'aide de gouache blanche et faisait disparaître en totalité le bas ventre, voire même le haut des cuisses. Le résultat était une ablation terrible et l'on comprend que dans le cerveau de beaucoup de gens la pudeur et l'infirmité sont quasiment sœurs. La seconde méthode, elle, utilisait toute une broussaille de poils jusqu'à former comme une obstruction noirâtre et crépue devant l'entrée de service.

 

 Bonne fin de soirée à tous.

 

 Docteur Jivaro

  

06/05/2015

Les chasses du Comte Wallsroff

Zemmour et Ménard : Maufais françouzes !

 

Robert-Ménard.jpg

 

 

05/05/2015

Voyage au bout de l'ennui

Des siècles que je ne m'étais pas promené en aller et retour sur le Boulevard de Courtais. J'en suis … j'en suis que je ne sais plus trop quoi en être. J'ai fait remarquer à ma femme : « t'as vu le nombre de gens qui ont leur main droite collée sur l'oreille droite ? Il y a une épidémie d'oreillons, non ? »

 

  - Ne joue pas à l'idiot, tu gagnerais le pompon ! Tu vois bien que les gens téléphonent tout en marchant.

 

Depuis notre première nuit d'amour, ma femme m'en veut que je ne soie pas né fille.

 

Je me suis tu.

 

J'ai pensé que depuis quarante huit heures, une chanson populaire de Patrick Sébastien fait scandale chez les pépères et les mémères de famille. On y parle d'une « pipe avant d'aller dormir ».

 

Et alors ? Et alors beaucoup d'adultes oublient-ils leur enfance éveillée par mille curiosités ? La pipe ne vient-elle pas du biberon ? - Ne suce pas ton pouce sinon on te le coupera !

 

 - Vous vous rendez compte ? Se plaignent les braves gens. Nos enfants étaient à côté de nous et ils ont entendu ça !

 

 Le ÇA freudien, je suppose.

 

 Moi, lorsque j'étais petit t'enfant, le curé, - modèle de chasteté publique – m'obligeait à apprendre par cœur : « Jésus, le fruit de vos entrailles » sans que personne soupçonnât que l'homme en soutane me suggérait une obscénité.

 

Comment qu'il disait l'Autre en s’asseyant dans l'eau sans jamais s'y mouiller le cul ? Laissez venir à moi les petits enfants, qu'il disait.

 

Un peu de courage et d'honnêteté, parents ! Apprenez à informer vos gamins et vos gamines pour leur éviter des rencontres fâcheuses. Interdisez vous de mélanger dans votre tête innocence et ignorance.

   

04/05/2015

Las Vegas. Mayweather, Pacquaio

De l'avis des spécialistes du genre
le "Combat du Siècle"
s'est résumé à un week-end casse-croûte

 

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Le Pen devrait avoir la sagesse consistant à se retirer de la scène politique pour laisser devant l'Histoire la figure d'un tribun de haute stature ; donc renoncer à s'attarder dans le rôle navrant d'un vieillard irascible.

 

 

03/05/2015

Impasse de l'aller-retour n° 37

 

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C'était une agressive, une à faire toujours la gueule. Mécontente de se trouver là. Mais qu'avait-elle essayé pour se trouver ailleurs ? Rien. La rareté de ses passagers faisait les commentaires des autres filles.

 

Alors quand un quidam l'aborda et qu'elle ne lui répondit pas, sauf par un « fais pas chier ! », l’échange de paroles vira vite au vinaigre. Il l'engueula, elle l'engueula. Du coup, croyant en terminer, elle éteignit sa cigarette dans l'œil du type.

  

Celui-ci s'en sortit-il aveuglé d'un côté ? Je n'en sais toujours rien cinquante ans après. Cette dispute me fut racontée par un René, videur que les femmes du coin regrettèrent lorsqu’il cessa d’exercer. Paraît qu'une dizaine de lignes furent écrites dans les faits divers du Parisien Libéré.

 

Je ne lisais pas le journal de Monsieur Amaury. 

 

 

02/05/2015

Les Tarzanides du grenier n° 109

 

Traditionnellement, les ouvrages informant de l'évolution des bandes dessinées depuis plus d'un siècle, présentent à leur lectorat des copies de couvertures relatives au numéro 1 de chaque titre. Le numéro 1 de ANTARES (1978) ou encore, entre mille exemples, le numéro 1 de FRIMOUSSES (1985). Mais Docteur Jivaro, ici, choisit de présenter le dernier numéro d'un des aïeux de la BD.

 

Et pas n'importe lequel des derniers numéros ! Puisqu'il s'agit de HARDI ! dont les 22 numéros couvrirent la période de juin à novembre 1937, en vente hebdomadaire.

 

Hardi-couv,-numéro-22,-1937.jpg

 Scanne de la première page volontairement pliée

 

Le 14 novembre 1937, HARDI ! édité par la famille Offenstaldt cessait d'exister. Journal de grand format (38 cm X 26 cm) il était imprimé sur huit pages dont, seules les pages une et huit se nuançaient de diverses couleurs. Le personnage principal s'appelait MALABAR, jeune aventurier dessiné par René Giffey, artiste français dont la carrière exemplaire est évoquée dans le numéro 41 de janvier-février 1984 du « Collectionneur de Bandes Dessinées ». Vous y apprendrez que Giffey ne fut pas simplement apprécié par les enfants mais aussi par des adultes amateurs de petites femmes gambadant en porte-jarretelles.

 

 

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Toutes les BD et tous les récits écrits dans HARDI ! mirent le mot fin dans le numéro 22, arrêtant leur course où s'arrêtait le journal. Tous ? Pas tous. Il y eut un survivant : César-Napoléon Rascasse, qui prolongea ses grosses farces dans L’ÉPATANT, autre titre dépendant des Offenstadlt.

  

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Deux images sorties du numéro 22 de HARDI !

A gauche : Supplice infligé à tout voleur ayant tenté de s'emparer de trois rubis énormes, chacun propriété du sultan Kadjar Kahan. Et à droite un petit dessin d'humour que je ne vous conseille pas de faire republier dans un de vos Mangas actuels.

 

Dix ans après la disparition de HARDI ! un bourgeois d'origine juive né dans Buda-Pest, utilisa le titre HARDI ! en guise de référence pour le lancement d'un nouveau journal de BD. Ce journal fut DONALD ou, plus précisément « Hardi présente Donald ». Paul Winkler, de cette façon, regagnait une clientèle d'enfants en remplacement de celle de l'année 1934 qu'il avait perdue après que le Maréchal Pétain ait été légalement nommé à la présidence du Conseil.

 

Dans la célèbre collection ARTIMA, chaque curieux de BD peut trouver un titre presque jumeau de celui abandonné par la famille Offenstald. Mais il s'agit d'un HARDY orthographié avec un Y. Ce qui nous amène à signaler que l'orthographe de certaines BD publiées en France fut quelquefois égratignée par des éditeurs voulant donner une résonance américaine à quelques-unes de leurs créations. Ainsi, et toujours chez ARTIMA, nous connûmes un TEMPEST plus tourmenté qu'une tempête et un Dynamic forcément plus énergique que notre banal dynamique. Ce genre d’entorse à l'écriture de nos instituteurs me joua un tour dans la classe du père Martin. J'écrivis « Saloon » au lieu de salon, dans une dictée.

 

- Perdez moins de temps à regarder des illustrés ! me lança le maître. Vous rédigerez mieux.

 

Le vouvoiement ne venait pas d'une politesse mais d'une moquerie, on s'en doute.

  

Docteur Jivaro