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24/07/2016

Dimanche, jour du Seigneur n° 19

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En hiver, l’Abbé S. se déchaussait pour réchauffer ses pieds à l’ouverture du four dont il avait rabattu la porte sur laquelle il appuyait ses talons.

C’était pas lui qui payait les boulets de charbon.

 

21/07/2016

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03/07/2016

Dimanche, jour du Seigneur n° 17

 

Afin de gagner le droit de « faire la Communion Solennelle » il me fallait préalablement passer par le confessionnal. Une forme de grande boite sombre posée dans un coin de l’Église, où j’avais entrevu des adultes chuchotant je ne savais pas quoi de mystérieux.

 

J’ai questionné Maman après qu’elle m’eut mouillé les cheveux pour mieux arranger ma tignasse au-dessus des oreilles :

 

- Qu’est ce que t’as dit, m’man, toi, comme tes péchés avant ta communion ?

 

- Bouge pas la tête, t’as des épis ébouriffés dans ta chevelure. J’ai tort de céder à ton caprice que tu veux laisser pousser tes cheveux. J’en reçois des réflexions des voisines : il a l’air d’un petit bohémien ! Tu penses si c’est agréable ? … Ma confession, si tu crois que je m’en souviens ! … Invente des trucs, débrouille toi. Tiens ! tu dis que t’as volé des ronds dans mon sac à mains pour acheter …

 

- Mais c’est pas vrai !

 

- Ça ne fait rien. Le principal c’est que t’aies l’air fautif. Tu n’oublies pas de dire que tu regrettes ta faute. Oh ! et puis tu m’embêtes ! … Ton père ne voulait pas que t’ailles chez les curés. Moi, ça m’était égal. Mais comme les gamins autour ils y vont au catéchisme, t’y vas comme eux.

 

Un samedi, en fin de journée, comme ça, a fallu que je m’y pointe sans précipitation « au confessionnal » où qu’il fallait avouer des péchés pour avoir le droit d’avaler l’hostie, le lendemain dimanche, jour de la grande Communion Solennelle.

 

Au retour de ma médiocre confession religieuse, trois ou quatre gamins s'étaient préparés à me moquer, rigolards. J’entendis une exclamation venir de loin : le v’là !

 

- Tu dois pas dire de gros mots, tu dois pas mentir, tu dois pas … sinon t’auras pas le droit de faire ta communion.

 

Ils m'entouraient, rivalisant entre-eux à celui qui réussirait à me rendre coupable d'un péché véniel.

 

- Dis : merde.

 

- Qu’est ce que t’as raconté au curé ? Tu lui as avoué que tu mens tous les jours ?

 

- Oh ! Fichez moi la paix ! On devrait jouer aux osselets.

 

- Tu lui as dit comment que tu déculottes les filles dans le ruisseau des Étourneaux ?

 

- Hein ? Vous déconnez. Vous m’emmerdez à la fin !

 

- Ça y est ! Il a commis un péché ! Ça y est !

 

Le plus costaud enroula son bras tôt musclé autour de mon cou (on va le punir de ne pas être bon chrétien). Et, de son autre bras armé d’une main, il me tordit le nez comme pour finir d’arracher le bouchon d’une bouteille de champagne. J’essayais de me dégager en appliquant, tout en souplesse, une deuxième de hanche de judo enseignée dans la salle des sports du Quai Louis Blanc. Mais la prise ne fonctionnait jamais au réel aussi bien qu’elle fonctionne en démonstration.

 

La bousculade virait vinaigre, je vous assure.

 

Heureusement, mon Père arriva sans que j’eus à prier pour qu’il arrivât. Il descendit de sa haute bicyclette dont il disait : « C’est le cheval des ouvriers », et nous cria dessus.

 

- Arrêtez les gars ! Pas de castagne entre copains de la rue ! … Allez plutôt mettre des grosses pierres en travers du ruisseau pour que les grands-parents puissent aller voir leurs morts au cimetière sans avoir à faire un détour par la Miscailloux !

 

La Miss Caillou ? Le quartier de Mademoiselle Caillou. J’en reparlerai.

 

Puis, papa s’adressa à son fils fruit des entrailles de son épouse : C’est encore toi qui as cherché la bagarre, je parie.

 

- Moi ?

 

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Deuxième de hanche.

Dessin par Hélène Tarel

Emprunté à l'ouvrage LE JUDO d'André Lehnert, 1952

 

Ryal

 

 

02/07/2016

Les Tarzanides du grenier n° 219

 

Oh ! l' oiseau, là haut qu’est ce qu’il est gros !

 

 Ma grand’mère campagnarde envoya ses yeux se percher au sommet d’un des grands arbres qui bordaient le sentier.

 

- C’est un épervier ! dit-elle.

 

 Me semblait n’avoir jamais vu un n’oiseau si bien découpé sur le jour du ciel, à part le coq du clocher du village.

 

 - Il attend quoi ?

 

 - Il faut bien qu’il mange lui-aussi. Il guette des mulots. Allez, tiens ! au lieu de regarder en l’air, pousse donc à ton tour la brouette.

 

Nous laissâmes derrière nous, le rapace dont j’appris plus tard qu’il attaque des plumages plus petits que le sien.

 

Ma grand-mère et moi allions laver toute une énormité de linge dans l’un des étangs qui environnent le bourg de Chenérailles. Mon oncle, artisan ferronnier, salissait beaucoup. Enfin, le linge c’était ma grand’mère qui le lavait, l’ayant fait bouillir dans deux lessiveuses. Moi, mon rôle répondait plutôt à celui d’un vigile : « si tu vois une tête de couleuvre dans l’eau, tu jettes une pierre pour la faire s’éloigner. » ?

 

Les couleuvres, elles nagent parmi les carpes et les brochets ?

 

Écolier en vacances, je connaissais au moins un oiseau géant qui parcourait les océans. Un épervier, lui-aussi ; mais avec un chapeau à large bord et orné d’un fier panache. Le capitaine Épervier. L’envergure de ses ailes était comme les dimensions de la voilure d’un galion royal.

 

 D’origine italienne (Captan SPARVIERO pour le scénario et les images), l’ÉPERVIER fut publié en français dans LE « grand magazine d’aventures » redouté par la Presse Catholique autant que par la Presse Communiste : TARZAN. Cet hebdomadaire commercialisé à quelque trois cent mille exemplaires laissait loin derrière lui ses concurrents principaux : VAILLANT et CŒURS VAILLANTS, l’un de gauche, l’autre de droite.

 

 L’ÉPERVIER débute dans le numéro 133 de TARZAN du 10 avril 1949, pour ne s’achever qu’au 278 de l’année 1952. Plus tard (1954?), deux brochures, chacune épaisse de cinquante quatre pages, furent confectionnées assemblant les pages auparavant dispersées semaine après semaine par la formule « à suivre ».

 

 

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Seulement, voilà : le premier et le deuxième épisodes ne restituent pas la totalité des aventures de l’Épervier telles qu’elles parurent dans TARZAN. Le deuxième épisode est arrêté à la planche 96, alors qu’en réalité l’histoire se prolonge jusqu’à la planche 189 du numéro hebdomadaire 278 de TARZAN. Aussi aurait-il fallu imprimer deux brochures en plus pour fournir une réédition complète.

 

Les dessins non signés viennent de l’italien Vittorio Cossio pendant que les illustrations en couleurs des deux couvertures ont été créées par René BRANTONNE, un français multipode tour à tour affichiste, lettreur, correcteur, portraitiste, bédéiste … Quoi d’autre encore ?

 

 Apprenons que le format de ces deux épisodes de l’Épervier est d'un format plus grand que celui des trois almanachs TARZAN que les Éditions Mondiales firent paraître successivement en juin 1949, juin 1950 et le troisième en juillet 1951.

  

Doc Jivaro

 

 

26/06/2016

Dimanche, jour du Seigneur n° 16

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19/06/2016

Dimanche, jour du Seigneur n° 15

Une fois encore, nous montions à pied jusqu’à Lavault-Sainte-Anne. J’en retiens que la route n’était pas encore goudronnée ; mais, peut-être, ma mémoire faillible comme la vôtre mélange t’elle avec un autre trajet. Ce dont je suis certain, par contre, c’est que nous marchions en plein milieu de la chaussée, la rareté des voitures nous y encourageant.

 

Cinq kilomètres à pied, ça use ! Ça use ! …

 

- j’ai un caillou dans ma chaussure !

L’abbé « Gros Pif » s’était arrêté, jambes pliées à la saignée de ses genoux dont cet homme de foi faisait un emploi professionnel. Il délaça son soulier, le retourna en l’air, bien en vue. Un gravier en tomba, comme si ce gravier avait le mérite d’exister seul de son genre au monde.

 

- Il vous a fait mal M’sieur l’Abbé ?

- Moins que mes péchés, répondit le disciple de J.C.

 

Quatre ou cinq gamins avaient stoppé autour de la soutane meurtrie. Michel et moi avions continué pour nous joindre au groupe le plus nombreux, celui qui fonçait en avant depuis Montluçon.

 

Cinq kilomètres à pied, ça use ! ça use ! …

 

Michel et moi, faufilant notre tête entre les têtes qui nous avaient précédés, entendîmes une voix plus intense que nos bavardages : « Ça y est ! Il refait le coup ! ».

 

L’exclamation venait d’un garçon plus grand que nous et qui faisait office de surveillant. Cette hiérarchie se mesurait à la hauteur de sa jambe. Michel heurta son coude contre le coude du futur chef scout : « Quel coup tu dis, hein ? ».

 

L’autorité plus subjective qu’officielle de ce plus grand, on se racontait qu’elle lui venait de sa sœur plus âgée que lui : elle était cheftaine chez les Éclaireuses de France.

 

- Chez les Jeannettes ?

 

Un mot qui faisait jaillir des ricanements dans le mille pattes d’un troupeau d’hommes. Une jeannette, populairement parlant, c’était un bébé de zizi. « Si tu ne boutonnes pas bien ta braguette, on te coupera ta jeannette ».

 

Michel avait insisté dans sa question : quel coup tu dis, hein ?

 

Le grand avait répondu pour se donner de l’importance devant nous autant qu’il s’en donnait sans doute devant son miroir pendant la toilette. « Oh ! Vous verrez si vous revenez avec nous. On a l’habitude. On n’y fait plus attention. C’est un truc que l’Abbé a inventé pour parler des péchés qu’un bon chrétien ne doit pas faire. Allez ! Allez ! On avance ! Pas de tire au flanc !

 

Cinq kilomètres à pied …

 

Et le grand reprit quelque explication : t’as vu comment le lacet de son soulier était serré autour de la cheville ? Comment veux-tu qu’un caillou, il y entre dedans ? … C’est lui qui se le met dans son soulier pour se donner l’occasion d’un prêche qu’il fait croire qu’il improvise. Vous comprenez ?

 

Ce que nous comprenions c’était que nous venions d’augmenter notre vitesse de croisière pour nous mettre le plus tôt possible à l’abri. Le ciel descendait s’appesantissant bas de plafond. Bas et lourd. Bas, lourd : jeux de mot Maître Cappellot. L’espace en paraissait plus gros que grand. Augmentation de température … « Ça va tonner ! Quand c’est orageux, les mouches deviennent mauvaises : elles piquent ! » disait une de nos voisines engraissée de gourmandise et se grattant le gigot de la cuisse.

 

Nous parvînmes en désordre aux abords de la vieille église de Lavault-Sainte-Anne. Les premières gouttes tombaient une à une, comme si Dieu dans son infini bonté nous accordait le temps de les compter. Elles s’éclataient en étoiles sombres sur le sol sec. D’elles, j’ai gardé la sensation sur mes bras nus : tièdes elles étaient.

 

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Ryal