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25/05/2019

Tarzanides du grenier n° 353

Alors elle se porte bien ta Danièle ?

 

Le Père Martin, visiblement amusé, avait lancé cette question à travers toute classe en brandissant une feuille de papier quadrillée qu'il venait de trouver dans le cahier de mes devoirs scolaires.

 

C'était donc à moi qu'il s'adressait.

 

La veille, jeudi, j'avais reproduit au crayon noir et tant bien que mal le portrait d'une jolie jeune femme blonde présente sur la couverture d'un illustré. En fait, il s'agissait d'une des aventurlures périlleuses de Lord John Greystoke. Le titre en était : TOGLAT LE TERRIBLE. Sa parution mensuelle datait du quatrième trimestre 1947, son numéro de série étant imprimé en chiffres romains : XXXXII.

 

Tarzan,-1947.jpg

 

Au moment ou je copiais le modèle j'étais âgé de onze, peut être douze ans. Le Père Martin, directeur de l'école Voltaire, avait prévenu mes parents : "Il est du mois de décembre. Il n'a pas encore l'âge requis pour passer l'épreuve du Certificat d’études Primaires. Il va falloir qu'il redouble sa classe de première".

 

C'était la tuile.

 

- Alors elle se porte bien ta Danièle ?

 

Sous la figure imitée j'avais dessiné une flèche en direction de la jolie femme pour lui attribuer un prénom de mon goût : Danièle.

 

Trois ou quatre écoliers que j'imaginais être de bons copains s'éclatèrent de rire à mes dépens. Ah ! les traîtres ! D'autant que l'un s'écria : "M'sieur ! M'sieur ! c'est pas vrai, c'est pas sa copine ! il a piqué l'image sur un journal que je lui ai donné.

 

C’était juste mais ce qui n'était pas juste c’était que le journal ne m'avait pas été donné puisque je l'avais échangé contre je ne sais plus quel autre hebdomadaire d'images.

 

Quant à Danièle, elle existait réellement, elle. Nous avions pris l'habitude de nous promener aux abords broussailleux du terrain d'aviation de Villars alors totalement libre d'accès.

 

- On recommence comme l'autre fois ?

 

- ...

 

- Oui ou non ?

 

- Dac ! mais je t'interdis d'en parler à tes copains.

 

Les lettrés en parlent : les verts paradis de l'enfance.

 

Bien entendu l'exemplaire de l'illustré que j'eus en ma possession a disparu depuis belle lurette. Doc Jivaro a dû s'en acheter un nouveau pour sa collection.

 

Sur le fragment de couverture, on remarque une signature crayonnée dont le paraphe se termine par une sorte de fleur marguerite. C'est ce qui m'amène à supposer que le propriétaire qui me précéda était une propriétaire.

 

Doc Jivaro

 

18/05/2019

Tarzanides du grenier n° 352

  

L'hommage que notre nation vient de rendre à deux de ses guerriers : Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello dans la Cour des Invalides, m'a soudainement remis en mémoire la rubrique nécrologique que publia le magazine TARZAN à partir de septembre 1946. Cette rubrique était consacrée aux militaires ainsi qu'aux civils résistants français "Morts pour que vive la France". Le récit, simplifié, s'adressait à un lectorat d'âge scolaire.

 

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Souvent présenté sur une demi-page, chaque résumé biographique était accompagné d'un portrait dessiné à partir d'une photo. Le dessinateur, Brantonne, s'assurait alors une grande réputation dans divers domaines artistiques : illustrations, affiches de cinéma, etc., etc. à tel point que par erreur, je n'ose dire par usurpation, il s'attribua une fois les scénarios et les dessins de La Chauve Souris alias Batman.

 

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Une héroïne de la résistance évoquée dans le numéro 61 de l’hebdomadaire TARZAN. En dessous, le titre "Sacrifices inconnus". Cette bande dessinée italienne signée du diminutif Miloc (Milocco) rendait compte de beaucoup des atrocités commises pendant la guerre à outrance 1939-1945. Ici, une fosse commune où s'entassent et se décomposent les cadavres d'hommes et de femmes assassinés.

 

La rubrique "Morts pour que vive la France" fut publiée de façon intermittente jusqu'au numéro 95 du célèbre magazine, édité par Del Duca. Elle se termina avec le nom de Auguste Bruschi, tué au combat en 1941, le 15 Mars.

 

Preuve que le dieu de la guerre n'est jamais rassasié.

 

Doc Jivaro

 

 

11/05/2019

Tarzanides du grenier n° 351

 

Marijac et Cazanave

 

BD-Coq-Hardi,-N°-10,-12-10-1944.jpg

Coq Hardi n° 1, 1944

 

Mercredi dernier, j'ai sommairement rappelé le grand talent que Cazanave mit au service de Marijac lorsque celui-ci créa Coq Hardi numéro 1 du 20 novembre 1944. A cette époque un conflit sévère opposait le MLN (Mouvement Libération Nationale) et le FN (Front National), à propos des attributions de papier d'imprimerie, la France subissant une pénurie générale. Le FN ? Ah ! ne vous y trompez pas : il s'agissait d'un groupe armé plus proche de Joseph Staline que du PPF de Doriot.

 

Journal-FN,-22-08-1944.jpg

 

Mais revenons immédiatement à Coq Hardi pour exposer une des planches dessinées par Cazanave ... celle-ci existe dans le numéro 19 de la 3ème année du Journal de Marijac.

 

BD-Coq-Hardi,-n°-19,-3e-année.jpg

Pour agrandir cliquer sur l'image.

 

Vous remarquerez que l'image exhibant le chevalier de Virac (sic) est manifestement influencée par les sculptures et peintures représentant le Christ en souffrance sur la croix. Un thème obsessionnellement utilisé par les espagnols après la victoire de la "Reconquista" qui permit à nos ancêtres ibères de vaincre les envahisseurs musulmans.

 

Oh ! oh ! je m'aperçois qu'il me faut abréger mon texte puisque ma n'épouse et moi devons aller nous approvisionner en denrées périssables, et que c'est elle qui tient le gouvernail de notre beau navire. Or il est déjà 18 h 50 Docteur Schweitzer ! Donc je vous laisse tout le temps nécessaire pour répondre à la question suivante : l'atmosphère des dessins de Cazanave pourrait-il, aujourd'hui être réédité pour des enfants de six ou sept ans ?

 

Doc Jivaro

04/05/2019

Les Tarzanides du grenier n° 349

  

DU BEAU LINGE

 

Pour les historiens comme pour le lecteur anonyme curieux de situations corsées, l'histoire d'Héloïse et Abélard est un morceau de choix si j'ose dire. Tout y passe : la sexualité, le cocuage, la mutilation vengeresse cruelle, l'ensemble étant baigné dans l'imaginaire mystique.

 

BD-Héloïse-et-Abélard.jpg

 

 

La collection "La vie amoureuse" éditée chez  BRODARD ET TAUPIN (1957), s'adressait évidemment à un public d'adultes, même si le texte rédige par Paul Reboux ne comporte aucun terme obscène.

 

Toutefois comment expliquer que les noms Héloïse et Abélard se retrouvent dans un illustré destiné à l'enfance rurale et placé sous le contrôle toujours sourcilleux de religieux catholiques ? Doc Jivaro n'en sait rien. Aussi se suffit-il d'extraire le titre bandeau de l'hebdomadaire Fripounet et Marisette numéro 52 de l'année 1952, et de vous en faire lire le résumé des épisodes précédents.

 

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- Dis maman ...

- Oui, Maurice. Mouche ton nez et lave toi les mains : on va passer à table.

- Bien Maman. Mais dis moi : c'était qui Abélard ?

 

BD-Fripounet-28-12-1952,-Ma.jpg

 

 

Baptisé chrétien Doc Jivaro ne fut pourtant pas invité à la cérémonie bénite qui annonça la nuit de noces de deux tourtereaux.

 

MFCL

 

27/04/2019

Les Tarzanides du grenier n° 348

 

Grandes oreilles du Mickey

 

Ce qu'un amateur sait le moins, voire même pas du tout c'est que la petite souris de Walt Disney fut utilisée dans quelques-uns des journaux destinés à l'enfance de notre pays et cela bien avant qu'existât chez nous le journal de Mickey.

 

Par exemple dans un de nos organes de presse LA JEUNESSE ILLUSTRÉE datée de 1933. Précisément du 14 mai 1933.

 

BD-14-mai-1933-couv.jpg

 

 

L'histoire toute simple ayant pour titre "Une vision de cauchemar" fait servir la tête de Mickey comme image d'un texte destiné à dissuader les "masses populaires" de se complaire dans des abus d'alcool de vin.

 

BD-Mickey-Jeunesse-1933.jpg

 

 

Rappelons qu'à ce moment là Mickey n'était connu chez nos pères que par de petits courts métrages filmés muets, et que le premier journal de bandes dessinées de Mickey ne fut publié qu'à partir du 1er octobre 1934.

 

Aux États-Unis, la prohibition des boissons alcoolisées principalement exigée par les ligues féministes confessionnelles eut pour effet de développer la criminalité exercée par "La main noire", laquelle devait aboutir à l’omniprésence de Cosa Nostra à la suite des succès commerciaux, donc politiques d'un certain Al Caponne.

 

JFK et Marilyn consommaient-ils trop de spaghettis ?

 

Doc Jivaro

  

13/04/2019

Les Tarzanides du grenier n° 347

 

Vous comprenez, le 346 c’est tout bonnement L’ÉPATANT d’hier auquel j’ajoute ce petit appendice.

 

L’ÉPATANT débutant en 1908, le dernier numéro de sa première série est le 1517 de l’année 1937.

 

La Guerre de 1914-1918 obligea maints journaux à réduire le nombre de leurs pages ainsi que la présence de plusieurs de leurs collaborateurs. L’ÉPATANT n’échappa pas à cette contrainte. Habituellement formé de seize pages, il les diminua  à huit tout en économisant sur la quantité des couleurs puisque la double page intérieure, celle des Pieds Nickelés, était simplement imprimée en noir sur blanc. On vérifie ça, par exemple, dans le numéro 435 du 16 novembre 1916.

 

 BD-L'épatant,-16-11-1916.jpg

 

 

Ribouldingue, Croquignol et Fillochard sont les trois chenapans créés par FORTON. Mais attention jeunes gens, le personnage brimbalé par sa monture, malgré son pif fuselé pareil à celui de Croquignol n'est pas Croquignol. C’est le Kronprinz, celui même qui passa de belles années de guerre à peloter la Gretchen pendant que des millions de bonshommes s’étripaient sur les champs de bataille.

 

Et que notre Landru travaillait à s’immortaliser pour la postérité.

 

Doc Jivaro